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Echec de la mise sur orbite du satellite européen Astra 1 K : deuxième échec en deux mois pour une fusée russe

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Astra 1K, le plus gros satellite de télécommunications du monde, n'a pu être placé correctement en orbite suite à une défaillance du quatrième étage de son lanceur.

Astra 1K, le plus gros satellite de télécommunications du monde

Tout avait pourtant parfaitement débuté cette nuit, à 23h04 (00h04 de Paris), avec le décollage du lanceur lourd russe Proton depuis la base de Baïkonour (Kazakhstan). Avec 280 exemplaires utilisés, Proton connaît un taux de fiabilité de 96 %, et est capable de placer jusqu'à 22 tonnes en orbite basse ou de lancer 5 tonnes vers la planète Mars.

Il transportait le satellite Astra 1K, construit par Alcatel Space pour le compte de l'opérateur européen SES Astra, le dernier et plus gros satellite de télécommunications de la série (qui en comporte déjà treize en orbite) et même du monde, avec 5250 kg et 37 mètres d'envergure. Il est équipé de dix antennes paraboliques orientables.

Si l'orbite de transfert a bien été atteinte, le quatrième étage du lanceur, qui devait lui permettre d'atteindre l'orbite géostationnaire, s'est arrêté prématurément lors de son deuxième allumage.

Cependant, si le satellite se trouve actuellement sur une orbite fortement elliptique qui en empêche toute exploitation, ses panneaux solaires se sont déployés normalement et son acquisition s'est parfaitement déroulée par les stations au sol. Les techniciens ne désespèrent pas de pouvoir l'amener sur son orbite correcte au terme de manoeuvres longues et laborieuses en utilisant ses propres moteurs, mais cela réduirait considérablement sa durée de vie. Astra disposant à l'origine de carburant devant lui assurer 13 années de maintien en position géostationnaire.

Moscou s'inquiète...

Le ratage de la mise en orbite mardi du satellite européen de télécommunications Astra 1K - le deuxième pour Moscou en deux mois - soulève des inquiétudes sur l'avenir de la coopération spatiale de la Russie avec ses partenaires étrangers.

Le 15 octobre dernier, un autre lanceur russe, Soyouz-U, était retombé au sol peu après son décollage du cosmodrome militaire de Plessetsk, faisant un mort et huit blessés et détruisant un satellite scientifique russe Photon-M chargé de 650 kg de matériels destinés à des expériences internationales, dont 44 européennes.

L'échec de la mise en orbite d'Astra a été provoqué par une défaillance du quatrième étage du lanceur, le bloc DM-3, produit par le constructeur spatial russe RKK Energuia.
La société ILS (International Launch Services) qui commercialise le lanceur Proton, formée entre l'américain Lockheed-Martin et les russes Khrounitchev et RKK Energuia, a annoncé la mise en place d'une commission d'enquête.

Les agences spatiales européenne (ESA) et américaine (NASA) ont cependant essayé de rassurer leurs collègues russes.

L'ESA prévoit de lancer en juin 2003 de Baïkonour une sonde Mars-Express vers la planète rouge, à l'aide d'une fusée russe Soyouz, et d'envoyer l'année prochaine deux astronautes européens sur la Station spatiale internationale (ISS) à bord de vaisseaux russes Soyouz.

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