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La Chine défend sa technologie spatiale

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Le 5 mars, le gouvernement américain a pénalisé les sociétés Boeing et Hughes en leur imposant une amende de 32 millions de dollars, sous prétexte qu'elles auraient transféré illégalement des technologies sensibles à la Chine, et les deux sociétés ont accepté la pénalisation. Le gouvernement américain estime qu'après l'échec du lancement du satellite Apstar n°2 par CZ-II en 1995 et du satellite 708 de communications internationales par CZ-III B en 1996, la Chine a obtenu des technologies sensibles de ces deux sociétés américaines.

Mais de hauts responsables chinois de l'astronautique ont déclaré le 13 mars dernier à Beijing que les lanceurs chinois Longue Marche (CZ) étaient les produits de hautes technologies, de niveau avancé, dont la Chine possède le droit de propriété intellectuelle, et que la Chine n'avait ni besoin, ni possibilité d'utiliser les technologies sensibles des Etats-Unis en cette matière.

M. Long Lehao, académicien et concepteur en chef de la série des lanceurs CZ-III A, B et C, a déclaré : "En tant que l'une des parties, je considère qu'il est nécessaire d'éclaircir les faits historiques."

Le 15 février 1996, a rappelé M. Long, une bonne dizaine d'heures après l'échec du lancement du satellite 708 de communications internationales, les chercheurs chinois sont parvenus à la conclusion préliminaire que le changement de l'étalon inertiel du système de contrôle de la fusée porteuse en était la cause. Durant les trois mois suivants, ils ont procédé à 125 expériences simulées dans les laboratoires, et ont reconstitué le processus de la panne. Encore pendant trois mois, ils ont réalisé 256 améliorations et ont élevé la fiabilité du lanceur. Jusqu'à présent, les lanceurs CZ ont eu le record de 27 lancements réussis successifs, et le taux de réussite est de 91%, immédiatement après la fusée porteuse américaine Delta et le lanceur Ariane-4 de l'Agence spatiale européenne qui ont un taux de réussite respectif de 94 et 93%.

L'ancien ingénieur en chef adjoint du Centre de lancement de satellites de Xichang, Mu Shan, qui était présent lors du lancement du satellite Apstar n°2 en 1995, a déclaré : « Le groupe de travail américain a surveillé rigoureusement la sécurité des techniques. Les officiels de sécurité envoyés par le Département de la Défense des Etats-Unis ont été présents lors de tous les échanges effectués entre le personnel chinois et les techniciens américains. » Après l'échec du lancement du satellite Apstar n°2 en 1995, la partie chinoise n'a pas demandé à la partie américaine de fournir des données sur le satellite, et elle a procédé à l'analyse de l'échec sur la base des données qu'elle avait obtenues par télémesure. Au contraire, la partie américaine a demandé à la partie chinoise de lui fournir l'enregistrement du lancement du satellite.

"L'étude et le développement de fusées porteuses exigent des technologies très complexes, a ajouté M. Long Lehao. Le lanceur est comme l'enfant de ceux qui l'ont mis au point, et seuls ceux-ci le connaissent sur le bout du doigt. Ce n'est pas facile aux chercheurs d'autres pays, si compréhensifs soient-ils, d'arriver à le connaître parfaitement. Le chemin de la conquête de l'espace n'est jamais uni, et est plein d'embûches."

Les deux scientifiques chinois ont été affligés par l'accident de la navette spatiale Columbia du 1er février. L'académicien Long Lehao a souligné que "l'homme devait toujours payer son effort, même au prix de sa vie, pour obtenir des succès dans un domaine de haute technologie. Mais nous pouvons tirer la leçon de l'échec et nous rendre plus avisés."

Au cours des trois dernières décennies, les fusées porteuses chinoises CZ ont beaucoup évolué sur le plan technique : la propulsion sous température ambiante est remplacée par la propulsion sous basse température ; la fusée est plus puissante grâce à l'attache de propulseurs d'appoint, est capable de placer plusieurs satellites en orbite et de lancer le vaisseau spatial Shenzou. Les fusées porteuses chinoises sont capables de lancer divers types de satellites en les plaçant en orbite proche de la terre, en orbite héliosynchrone ou en orbite géostationnaire. Les fusées porteuses CZ ont déjà réalisé 22 lancements commerciaux et 5 services de chargement annexe pour des pays étrangers. Selon son programme de développement aérospatial, la Chine continuera à développer des technologies du vol habité et de l'exploration de l'espace profond, ce qui fera naître des industries de nouvelles et hautes technologies axées sur l'astronautique.

"La technique et le savoir ne doivent pas avoir de frontière, a affirmé M. Long. Ils doivent être le bien commun de l'humanité. Les Etats-Unis, la Russie et d'autres pays déploient des efforts herculéens pour toutes sortes de recherches, et la Chine est désireuse de participer à la coopération internationale sur un pied d'égalité."

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