Le SS2 Unity de Virgin Galactic a amené le milliardaire britannique Richard Branson au-dessus de la frontière de l'espace reconnue par les États-Unis. Il est aujourd'hui cloué au sol le temps d'une enquête sur le respect des règles de sécurité durant ce vol. © Virgin Galactic
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Le SpaceShipTwo de Virgin Galactic est interdit de vol le temps d'une enquête

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[EN VIDÉO] Unity, le nouveau SpaceShipTwo de Virgin Galactic  L’activité de Virgin Galactic est principalement axée sur le tourisme spatial. Suite au crash de son avion suborbital en 2014, l’entreprise a construit un nouvel exemplaire du SpaceShipTwo. Baptisé Unity, le véhicule a été dévoilé en grande pompe, comme on peut le voir au cours de cette vidéo. 

Pour avoir volé une centaine de secondes « hors des clous », l'agence américaine de l'aviation maintient au sol le SpaceShipTwo de Virgin Galactic ! En juillet, l'avion suborbital qui avait amené Richard Branson et cinq autres personnes a légèrement dévié de la trajectoire autorisée. Malgré une alerte de sécurité, les deux pilotes d'essais avaient décidé de poursuivre le vol. La FAA veut donc éclaircir le scénario de la mission et s'assurer que leur décision n'a pas mis en danger l'équipage et l'avion suborbital.

Étonnamment, le vol du SpaceShipTwo du 11 juillet à bord duquel se trouvaient Richard Branson, trois autres passagers et deux pilotes d'essais ne s'est pas déroulé aussi bien que l'a laissé entendre le milliardaire britannique. Le 11 juillet, Virgin Galactic avait réalisé un vol à 85 kilomètres d'altitude, au-dessus de la frontière de l'espace reconnue par les États-Unis (80 km) avant de retourner se poser au sol. On apprend en effet que la FAA, l'agence américaine de l'aviation, qui gère aussi les vols suborbitaux aux États-Unis, a ouvert une enquête sur une déviation de trajectoire lors de ce vol qui aurait pu déboucher sur un accident grave.

Deux mois après ce vol fortement médiatisé, le SpaceShipTwo de Virgin Galactic est donc cloué au sol le temps de l'enquête. Le vol prévu fin septembre-début octobre pour le compte de la force aérienne italienne est reporté à une date inconnue. 

Nicholas Schmidle, un journaliste du New Yorker qui a révélé l'affaire, explique dans son article que l'avion suborbital a connu une déviation de trajectoire, volant quelques instants en dehors de l'espace aérien dédié au vol. C'est évidemment un problème sérieux bien que ce vol était présenté comme un vol de démonstration et non pas opérationnel.

Concrètement, l'incident s'est produit lors de la phase d'ascension de l'appareil dont l'angle de montée n'était pas le bon, c'est-à-dire que la trajectoire n'était pas suffisamment verticale. Cela pouvait empêcher l'avion d'accumuler suffisamment de vitesse pour le retour sur la terre ferme ! Des alertes de sécurité se sont déclenchées. Une orange, puis une rouge signalant que la trajectoire de l'avion n'était pas optimale et qu'il y avait un risque que l'appareil manque de puissance pour arriver à destination, c'est-à-dire se poser sur la piste du Spaceport America.

Une centaine de secondes « hors des clous »

Il faut savoir que comme pour la navette spatiale américaine, le SpaceShipTwo plane lors de son retour sur Terre et de son atterrissage. Sans moteur, il lui faut donc acquérir suffisamment de puissance pour se poser en sécurité. Le voyant rouge allumé aurait dû contraindre les pilotes à annuler la mission et à retourner se poser au sol avant d'atteindre « l'espace ». Inimaginable pour le boss Branson dont le vol marquait l'entrée de la compagnie dans l'ère du tourisme suborbital.

Ni le public ni les membres de l'équipage n'ont été mis en danger, a déclaré Virgin Galactic, bien que la trajectoire finale ait dévié du plan de vol initial. Il s'agissait d'une trajectoire de vol intentionnelle et contrôlée.

Les explications de Virgin Galactic sont plutôt convaincantes. L'entreprise ne nie pas le problème. Elle reconnaît que l'avion est tombé en dessous de son altitude autorisée pendant une minute et quarante-trois secondes en raison de vents d'altitude différents de ceux attendus. En aucun cas, le SpaceShipTwo s'est trouvé hors des marges de sécurité de la mission. Les pilotes, qui rappelons-le sont des pilotes d'essais, ont jugé qu'il n'y avait pas de risque pour l'équipage et l'avion, et donc décidé de poursuivre le vol malgré les alertes de sécurité. L'enquête devra déterminer si les pilotes ont manqué aux règles élémentaires de la sécurité en vol ou s'ils ont agi en parfaite connaissance des causes sans faire prendre des risques supplémentaires à l'équipage et à l'avion. Aujourd'hui, le SpaceSHipTwo est cloué au sol le temps de l'enquête.

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