L'observatoire spatial James-Webb (JWST) en orbite avec son miroir et son bouclier thermique déployés. © Northrop Grumman
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Des pannes sur Ariane 5 pourraient reporter le lancement du télescope spatial James-Webb

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[EN VIDÉO] Le télescope spatial James-Webb s'assemble en time-lapse  Destiné à succéder en 2018 à Hubble, le télescope James-Webb est actuellement en phase de construction dans les locaux de la Nasa. Découvrez durant ce time-lapse une partie importante de son assemblage : la pose d'une portion de son miroir. 

Alors que l'on pensait le calendrier de l'observatoire spatial James-Webb figé, avec un lancement prévu le 31 octobre prochain, le lanceur Ariane 5 pourrait ne pas être prêt à cette date ! En cause des anomalies rencontrées lors des deux missions précédentes qui contraignent Arianespace à suspendre les vols.

Lors des lancements de février et août 2020, les coiffes du lanceur Ariane 5 ne se sont pas séparées de façon nominale, provoquant des vibrations au-dessus des limites admises. Si ce défaut a été sans incidence sur les satellites déployés en orbite, ArianeGroup, Ruag (qui construit les coiffes) et Arianespace prennent ce problème très au sérieux. Depuis ce dernier lancement, Ariane 5 est immobilisée au sol le temps des investigations. À ce jour aucune date de retour en vol n'a été communiquée. Arianespace a refusé de donner un calendrier pour les prochains lancements d'Ariane 5, indiquant néanmoins que deux vols étaient prévus avant le lancement de l'observatoire spatial James-Webb (JWST).

En prévision du lancement du James-Webb, ce « problème » est évidemment un sujet d'inquiétude et parmi les travaux en cours chez Ruag pour comprendre et corriger ces anomalies, on évalue aussi quels effets un niveau de vibrations anormalement élevé pourrait avoir sur la belle mécanique de l'observatoire spatial et les missions futures. Il faut savoir qu'en raison de la taille du miroir primaire du JWST (6,5 mètres), ce dernier ne pouvait pas être construit d'un seul tenant car aucun lanceur en service ne peut emporter un miroir aussi grand. C'est pourquoi il a été décidé de concevoir un miroir repliable en trois sections qui serait déployé une fois le télescope arrivé dans l'espace ! Des vibrations trop importantes pourraient endommager le mécanisme de déploiement, voire le rendre inopérant.

Le télescope spatial James-Webb dans sa configuration de lancement, c'est-à-dire miroir et bouclier thermique repliés. © Northrop Grumman

Le JWST n'est plus à quelques semaines ou mois de retard près

Il semble donc acquis que la date de lancement du 31 octobre sera difficile à tenir et que l'on doit s'attendre à un délai supplémentaire, probablement de l'ordre de quelques semaines à quelques mois maximum.

Contrairement aux missions planétaires, comme celles à destination de Mars, il n'est pas nécessaire de lancer le JWST à l'intérieur d'une fenêtre de tir qui s'ouvrirait que quelques jours ou semaines par an (tous les 26 mois pour Mars par exemple). Pour lancer l'observatoire spatial en direction de sa position, au point Lagrange numéro 2 à 1,5 million de kilomètres de la Terre, Arianespace a des opportunités de lancement quasiment quotidiennes. Rater la date du 31 octobre n'est donc pas un problème pour le programme, d'autant plus qu'avec près de 15 années de retard sur le planning initial - le JWST devait être lancé en 2007 -, on n'est plus à quelques semaines et mois près.

La situation actuelle est ironique car, pendant une grande partie du développement du JWST, Ariane 5 avait été considérée comme l'aspect le moins risqué du programme, dont le coût approche les 10 milliards de dollars.

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