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Transit de Mercure : profitez-en cet après-midi

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De 13 h 12 à 20 h 40 (en heure de France métropolitaine), Mercure se montrera devant le Soleil, lors d'un passage qui durera 7 heures. Il faudra bien cela pour observer ce transit en Métropole, où la météo n'offrira que des éclaircies. Pour bien en profiter, la petite planète ne se manifestant que comme un minuscule point noir sur le disque solaire, il faut savoir prendre des précautions. L'idéal est de se confier aux astronomes amateurs, mobilisés pour l'occasion. Aujourd'hui, il y aura des télescopes au bord des routes, sur la place du marché ou sur les parkings de centres commerciaux...

Image composite du précédent transit de Mercure devant le Soleil en 2006. © Nasa, Esa, Soho

Ce lundi 9 mai 2016, nombre de Terriens (notamment la moitié est de l'Amérique du Nord, Cuba, la Jamaïque, une grande partie de l'Amérique du Sud, une frange de l'Afrique de l'ouest et toute la partie ouest de l'Europe, France métropolitaine incluse, voir la carte ci-dessous) pourront observer - à condition de posséder un équipement adéquat - le transit de Mercure devant le Soleil. Le terme transit désigne le passage de l'astre devant notre étoile du point de vue de la Terre, troisième planète du Système solaire. Seules Vénus et Mercure peuvent être vues ainsi, mais cela n'arrive pas aussi souvent qu'on pourrait le penser : pour cette dernière, 14 fois au cours de ce siècle.

Avec une révolution d'un peu moins de trois mois (87,97 jours pour être précis), la planète la plus proche du Soleil pourrait être surprise en train de passer devant le disque solaire tous les 116 jours en moyenne, nonobstant son orbite elliptique et inclinée de 7° par rapport à celui de la Terre, l'écliptique. En réalité, lorsqu'elle est alignée avec le Soleil et la Terre (conjonction inférieure), elle est toujours un peu au-dessus ou un peu en dessous de l'astre solaire. Cela n'est arrivé que deux fois depuis le début du XXIe siècle qu'elle passe juste devant : le 7 mai 2003 et le 8 novembre 2006 (ce dernier transit fut invisible en France métropolitaine).

Carte de visibilité du passage de Mercure du 9 mai 2016. © Observatoire de Paris, IMCCE

Où, quand, comment l’observer ?

Le transit sera visible du début à la fin quasiment partout en France à l'exception d'une petite portion de la Côte d'Azur où le Soleil sera en train de se coucher à la fin de l'événement. La plus petite planète du Système solaire va prendre son temps pour traverser d'un bord à l'autre tout le disque solaire.

Cela se produira sur près de sept heures et demie, du premier au dernier contact. Certes, cela laisse un laps de temps confortable pour le suivre mais les meilleurs moments sont sans nul doute lorsque le petit point sombre commence à percer le bord de notre étoile (le premier contact sera à 13 h 12, heure de Paris) et, quelques instants plus tard, lorsqu'il est tout contre le bord interne (deuxième contact), puis vice-versa, troisième et quatrième contacts lors de sa sortie prévue à 20 h 40 (calculez les horaires pour votre localité avec le site dédié de l’IMCCE).

La trajectoire réelle de Mercure devant le Soleil, lors de son transit du 9 mai. Vue depuis la Terre, sans mécanisme qui compense la rotation de notre planète, la trajectoire apparaît différente (voir la simulation en vidéo créée par l’Observatoire de Paris et l’IMCCE). © Nasa

Les astronomes amateurs feront partager cet évènement

Bien entendu, pour observer notre étoile, il faut un instrument, lunette ou télescope, équipé de filtres solaires. On peut aussi l'observer indirectement, par projection. Mercure, 158 fois plus petite que le Soleil, apparaîtra comme un minuscule point noir. Il convient de l'agrandir au minimum 50 fois pour la distinguer devant l'astre du jour. Avec des grossissements de 100 à 200 fois, ce sera beaucoup mieux.

Durant le transit, il est possible que la silhouette de la planète devant la photosphère du Soleil croise un ou plusieurs archipels de taches solaires, néanmoins elles ne sont pas très nombreuses en ce moment (le 17 avril dernier, il y a quand même eu une grande région active avec une éruption remarquable), l'activité solaire est plutôt décroissante ces derniers temps, mais cela n'interdit pas de belles surprises. Du côté du ciel en Métropole, Météo France annonce un temps très nuageux, avec, un peu partout, « de rares averses ». Il y aura donc, entre elles, des éclaircies... Sur une durée de plus de sept heures, il devrait y avoir de bons moments. En cas de ratage complet, il suffira d'attendre. Le prochain rendez-vous aura lieu le 11 novembre 2019 (voir les dates sur le site de la Nasa).

Si la curiosité pour cet événement vous dévore mais que vous n'avez pas d'instruments, rapprochez-vous d'un club d'astronomie amateur. Beaucoup d'entre eux se mobilisent pour organiser des observations publiques. Il sera aussi possible de regarder sa retransmission sur Internet via l'Observatoire de Paris ou la Nasa.

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