Jupiter photographiée par la sonde Juno le 27 août 2016, à quelque 703.000 km. Un peu plus tard, la sonde survolait le pôle de la plus grosse planète du Système solaire à seulement 4.200 km. La première des 36 orbites prévues venait d’être achevée. © Nasa, JPL-Caltech, SwRI, MSSS

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Juno nous montre Jupiter de près (MAJ)

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Arrivée autour de Jupiter le 5 juillet, la sonde Juno va très bien. Le 27 août, elle a achevé avec succès sa première orbite autour de la planète géante. L'exploration approfondie a d'ores et déjà commencé.

Ça y est, c'est fait : Juno a réalisé avec succès son premier survol rapproché du pôle nord de Jupiter. Le samedi 27 août, à 13 h 44 TU (15 h 44 heure de Paris), la sonde américaine passait à 4.200 km seulement de la haute atmosphère jovienne. C'est 10 fois plus proche que lors de la visite de Pioneer 11, en 1974.

Juno, qui se déplace actuellement à environ 208.000 km/h, a ainsi bouclé la première de ses 36 orbites elliptiques programmées jusqu'en février 2018.

« À l'heure où nous parlons, a déclaré Scott Bolton, du Southwest Research Institute et chercheur principal de la mission, les premières données que nous recevons sont fascinantes. Il faudra des jours pour que toutes les données scientifiques recueillies lors du survol soient transmises et encore plus pour commencer à comprendre ce que Juno et Jupiter sont en train de nous dire », ajoutant que « ces images nous donnerons une nouvelle perspective sur ce monde géant et gazeux ».

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Article initial paru le 15/07/2016 à 13:36

Jupiter avec, à droite, trois de ses quatre satellites galiléens, Io, Europe et Ganymède. La sonde Juno, qui vient d'arriver autour de la géante gazeuse, commence à utiliser son appareil photo (JunoCam), qui n'est pas là pour les scientifiques mais rien que pour nos yeux. © Nasa, JPL-Caltech

Cinq jours après son insertion en orbite autour de Jupiter, Juno, qui a parcouru 2,7 milliards de kilomètres en cinq ans pour rejoindre la plus grosse planète de notre Système solaire, a rouvert les yeux. La caméra JunoCam, taillée pour acquérir des images dans le visible, est surtout là pour les partager avec le grand public. Bien qu'elle ne soit pas considérée comme un instrument scientifique, ses observations pourront aider les chercheurs dans leurs investigations sur la structure interne, l'atmosphère et la magnétosphère de la géante, afin de les éclairer sur le métabolisme et les origines de ce premier corps à s'être formé autour du Soleil.

L'image ci-dessus est un avant-goût de ce que nous réserve la sonde américaine. Elle a été capturée le 10 juillet, alors que Juno était à 4,3 millions de kilomètres de la planète, près du point le plus éloigné de son orbite polaire elliptique de 53 jours et demi (qui passera cet automne à 14 jours). On reconnaît sur la partie éclairée de ce corps onze fois plus grand que la Terre la fameuse Grande Tache rouge. À ses côtés, trois des quatre satellites découverts par Galilée : Io, Europe et Ganymède, la plus grosse lune du Système solaire.

Après l’introduction montrant Jupiter dans notre ciel (comme on la voit cet été, au crépuscule, vers l’ouest) puis la lunette de Galilée (celui-ci découvrit les satellites de Jupiter en 1610), les images prises par Juno entre le 12 juin, à environ 16 millions de kilomètres, et le 29 juin, à 4,8 millions de kilomètres, ont été assemblées pour créer cette magnifique approche accélérée. On peut voir la danse de Io, Callisto et Ganymède autour de la géante qui a accueilli la sonde le 5 juillet (le 4 aux États-Unis). © Nasa, JPL-Caltech

Premières images en haute résolution vers le 27 août

« Cette scène de JunoCam indique qu'elle a survécu à son premier passage dans l'environnement de radiation extrême de Jupiter, sans aucune dégradation et qu'elle est prête à l'affronter », a salué le directeur scientifique Scott Bolton, du SwRI. Les premières images en haute résolution sont attendues pour les prochaines semaines, vers le 27 août, « quand Juno fera son prochain passage à proximité de Jupiter », assure Candy Hansen, de l'institut des Sciences planétaires à Tucson (Arizona) et membre de la mission.

Le spectacle promet d'être grandiose car l'engin survolera Jupiter durant les 12 à 18 mois prévus de sa mission, jusqu'à 4.100 km au-dessus de ses nuages à l'équateur et 10.000 km, ses pôles. C'est bien plus proche que son prédécesseur Galileo qui, lui, œuvrait toujours à plus de 350.000 km (hormis lors de son plongeon final).

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