Dans ce qu'il reste de la supernova de Kepler, observée depuis la Terre il y a 400 ans, des astronomes de la Nasa ont mesuré des amas se déplaçant à des vitesses allant jusqu’à 37 millions de kilomètres par heure. © M. Millard et al., Université du Texas à Arlington, CXC, Nasa
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Supernova de Kepler : 400 ans après l’explosion de l’étoile, ses débris ne ralentissent pas

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Une série de clichés pris par l'observatoire de rayons X Chandra montre que certains amas de restes de la supernova de Kepler se déplacent jusqu'à 37 millions de kilomètres par heure. Des vitesses étonnamment élevées pour une explosion qui, vue de notre Terre, s'est produite il y a plus de 400 ans.

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La supernova de Kepler, c'est une supernova dont l’explosion dans la Voie lactée, à quelque 20.000 années-lumière de notre Système solaire, a été observée depuis la Terre en 1604. D'où son nom de code : SN 1604. Et aujourd'hui, des astronomes de la Nasa révèlent que certains débris de cette explosion voyagent toujours dans l'espace à des vitesses astronomiques pouvant atteindre les 37 millions de kilomètres par heure !

Rappelons que la supernova de Kepler est une supernova de type 1a. Une supernova thermonucléaire. Autrement dit, une supernova résultant de l'explosion thermonucléaire d'une naine blanche ayant atteint sa masse critique après avoir capturé de la matière d'une étoile compagne.

Des débris se déplaçant jusqu’à 37 millions de kilomètres par heure !

Les astronomes de la Nasa, s'appuyant sur plus d'une décennie et demie de données de l'observatoire de rayons X Chandra, ont étudié quinze amas de débris dans les restes de la supernova de Kepler. En 2017 déjà, des amas se déplaçant à plus de 32 millions de kilomètres par heure avaient été pointés. Cette fois, l'amas le plus rapide a été mesuré à 37 millions de kilomètres par heure. La vitesse moyenne des amas étudiés se situe, quant à elle, autour de 16 millions de kilomètres par heure.

Les chercheurs notent que les quatre amas de débris les plus rapides se déplacent tous dans la même direction et présentent une composition chimique semblable. Ce qui suggère qu'ils sont issus d'une seule et unique couche de la défunte naine blanche.

Dans cette séquence d’images de l’observatoire de rayons X Chandra des restes de la supernova de Kepler, le rouge, le vert et le bleu révèlent respectivement les rayons X de basse, de moyenne et de haute énergie. Le film zoome pour montrer plusieurs des amas de débris les plus rapides. © A. Hobart, CXC, Nasa

Une vitesse qui pose question

Un tel niveau de vitesse a déjà été observé dans des restes de supernova dans d'autres galaxies. Mais quelques jours ou quelques semaines seulement après les explosions qui leur ont donné naissance. Certainement pas 400 ans plus tard. Suggérant que les restes de la supernova de Kepler ont à peine été ralentis depuis tout ce temps.

Pour l'heure, les astronomes ne savent pas expliquer le phénomène. Certains suggèrent que l'explosion en supernova de la naine blanche en question a été particulièrement violente, éjectant de la matière à très grande vitesse. D'autres imaginent que l'environnement de la naine blanche était grumeleux. Et que des amas de débris ont ainsi trouvé des chemins de faible densité pour poursuivre leur route sans être trop ralentis.

Les travaux des astronomes de la Nasa ont par ailleurs permis de préciser l'histoire de la supernova de Kepler. L'absence d'étoiles brillantes à proximité de la région centrale des restes de la supernova suggère finalement que l'événement a été déclenché par la fusion de deux naines blanches plutôt que par une naine blanche unique capturant de la matière d'une étoile compagne.

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