Tian Gong, la station spatiale chinoise, pourra accueillir jusqu'à six personnes. Elle sera occupée en permanence par un équipage de trois « taïkonautes ». © CMSA

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Le lancement de la station spatiale chinoise reporté

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La Chine, qui souhaitait mettre en service sa station spatiale au début des années 2020, voit ses ambitions contrariées par le lanceur Long March 5, cloué au sol depuis l'échec de son deuxième vol d'essai, et seul à pouvoir envoyer en orbite cette station. Son retour en vol est maintenant prévu d'ici la fin de l'année. Ce retard dans la mise en service du Long March a aussi des conséquences négatives sur d'autres programmes spatiaux de la Chine.

La future station spatiale chinoise prend forme. L'agence chinoise en charge des vols habités (China Manned Space Agency) s'apprête à débuter la construction du modèle de vol du module Tianhe (« Harmonie céleste »), élément central et principal de cette station spatiale. D'une masse de 20 tonnes, il servira à contrôler la navigation de la station (correction de trajectoire, d'attitude...), et ses différentes servitudes. Il servira de lieu de vie pour les taïkonautes chinois.

Initialement, ce module aurait dû être lancé en 2018 et donner le coup d'envoi de l'assemblage en orbite de cette station de 60 à 90 tonnes qui devrait compter un minimum de trois modules et un quatrième avec un télescope spatial qui volera derrière cette station. Ce report s'explique par un autre retard, celui du Long March 5B, seul lanceur chinois capable de propulser une charge aussi lourde.

Si son vol inaugural a été un succès en novembre 2016, le deuxième vol de qualification, en juillet 2017, est un échec attribué à la défaillance structurelle d'une turbopompe du moteur YF-77 du premier étage. Depuis cette date, le lanceur est cloué au sol et un retour en vol est prévu au mieux en fin d'année. Cette indisponibilité du lanceur n'est pas sans conséquence pour des pans entiers du programme spatial chinois.

Modèle structurel du module Tianhe de la future spatiale chinoise. © CMSA

Le Long March 5 plombe le programme spatial chinois

D'après les plans chinois, si le retour en vol du lanceur est un succès, le vol suivant servira à mettre en orbite le module Tianhe, vraisemblablement six mois plus tard. Ce qui laisserait penser que l'assemblage de la station spatiale serait terminé à l'horizon 2024.

Lors de son vol de reprise, le Long March 5 embarquera une version inhabitée du successeur du Shenzhou, la capsule habitée chinoise. D'une capacité de 7,8 tonnes, cette nouvelle génération de véhicule spatial sera partiellement réutilisable et sera d'une masse maximale au lancement d'environ 23 tonnes. À la différence du Shenzhou, ce futur véhicule sera modulaire, c'est-à-dire doté d'une certaine polyvalence par l'ajout d'un module de service supplémentaire, voire d'une cabine pressurisée plus grande de façon à effectuer des missions au-delà de l'orbite basse, notamment à destination de la Lune.

La mise en service de ce futur véhicule est également retardée en raison de l'indisponibilité du Long March 5 qui a aussi des conséquences sur le programme d'exploration lunaire de la Chine. Il faut savoir que la mission de retour d'échantillons lunaires Chang'e 5, prévue initialement en 2017, devait être envoyée par ce lanceur. Si un lancement cette année est exclu, l'année 2020 s'annonce chargée pour le planning du lanceur avec le lancement de Tianhe mais surtout de la première mission martienne chinoise, dont la fenêtre de tir est à l'été. Rater cette fenêtre de tir -- elle sera également utilisée par l'ESA, la Nasa et les Émirats Arabes Unis pour lancer leur mission martienne -- contraindrait alors la Chine à reporter sa mission de 26 mois !

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