Entraînement de Thomas Pesquet à bord du Crew Dragon de SpaceX. Le spationaute de l'ESA l'utilisera pour sa seconde mission à bord de la Station spatiale internationale. © ESA, Nasa

Sciences

En vidéo : Thomas Pesquet parle de la mission Alpha et de son futur voyage à bord de Crew Dragon

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[EN VIDÉO] Thomas Pesquet se prépare pour le départ de la mission Alpha en 2021  En 2021, l'astronaute français Thomas Pesquet retournera sur la Station Spatiale Internationale à bord du vaisseau Crew Dragon de SpaceX, pour une mission de 6 mois baptisée « Alpha ». 

En 2021, l'astronaute français Thomas Pesquet retournera sur la Station Spatiale Internationale à bord du vaisseau Crew Dragon de SpaceX, pour une mission de six mois baptisée « Alpha ».

Le spationaute de l'ESA Thomas Pesquet vient d'être assigné au second vol habité du vaisseau Crew Dragon de SpaceX, qui décollera vers la Station spatiale internationale en 2021. Il sera le premier Européen à voler à bord de l'appareil. « J'ai déjà volé dans le Soyouz auparavant, un vaisseau très fiable. Mais il s'agit là d'un nouveau véhicule complètement différent, explique-t-ilC'est une approche complètement différente du vol dans l'espace ». Le design futuriste de la capsule et les grands écrans plats qui en agrémentent les parois donnent l'impression de se trouver au cœur d'un film de science-fiction.

Mission Alpha

La seconde mission spatiale de Pesquet, d'environ six mois, porte le nom d'Alpha. Une appellation aux significations multiples, faisant à la fois écho à Alpha du Centaure (le nom de sa première mission était une référence à Proxima du Centaure, l'étoile la plus proche du Système solaire), à la lettre grecque utilisée dans de nombreux domaines scientifiques, ou encore au nom de l'ISS alors que celle-ci était encore à la genèse de son développement. À bord de la Station spatiale, Pesquet poursuivra entre autres ses recherches sur les cellules souches et le vieillissement.

Pour en savoir plus

Mission Alpha : Thomas Pesquet sera le premier Européen à monter à bord de Crew Dragon

Article de Rémy Decourt, publié le 29 juillet 2020

La prochaine mission de Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale sera bien avancée de quelques mois, a confirmé l'Agence spatiale européenne. L'astronaute européen, de nationalité française, a officiellement été affecté au second vol opérationnel du véhicule spatial Crew Dragon de SpaceX (USCV-2) qui devrait décoller en mars 2021, depuis Cap Canaveral en Floride. La mission, d'une durée de six mois, a été baptisée Alpha.

On s'y attendait. L'Agence spatiale européenne a annoncé que la seconde mission de Thomas Pesquet, à bord de la Station spatiale internationale, serait avancée de plusieurs mois. Elle débutera au printemps 2021. Mais, contrairement à sa première mission où il avait voyagé à bord d'une capsule russe Soyouz, il effectuera cette fois-ci son aller-retour à destination du complexe orbital à bord d'une capsule Crew Dragon de SpaceX.

Premier astronaute européen à voyager à bord d’un véhicule Crew Dragon

La Nasa a également confirmé que l'astronaute français serait affecté au second vol opérationnel du véhicule spatial Crew Dragon de SpaceX (USCV-2), qui devrait décoller depuis Cap Canaveral en Floride. Thomas voyagera en tant que spécialiste de mission aux côtés des astronautes de la Nasa Shane Kimbrough et Megan McArthur, respectivement commandant de bord et pilote du véhicule spatial, et de l'astronaute de la Jaxa (l'agence spatiale japonaise) Akihiko Hoshide.

Seule incertitude, la date de lancement. La Nasa et l'ESA sont restés vagues en annonçant que le vol aurait lieu au printemps 2021. Nous pensons qu'il aura lieu plutôt au début du printemps qu'à la fin. Cette incertitude s'explique par plusieurs facteurs qui sont susceptibles d'influer sur cette date de lancement dont la disponibilité des véhicules, le planning de rotation des équipages, les pannes ou ennuis techniques qui pourraient survenir à bord de la Station et la date de la mise en service du Starliner de Boeing. Comme pour USCV-1, dont la date de lancement a été fixée au 20 septembre (entre le 15 et le 30 septembre), dans l'équipage affecté, aucun astronaute russe y figure en raison de leur méfiance envers les capsules américaines privées.

La seconde mission de Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale « portera le nom "Alpha", d'après Alpha Centauri, le système stellaire le plus proche de la Terre, perpétuant ainsi la tradition française qui consiste à baptiser les missions spatiales du nom d'une étoile ou d'une constellation », indique le communiqué de l’ESA. Un nom et logo plutôt surprenant !

Nous reviendrons plus en détail sur la mission Alpha, quand toutes les expériences seront connues. Pendant sa mission Proxima, Thomas Pesquet a pris part à plus de soixante expériences européennes sur plus de 200 expériences au total, et établi un record pour le grand nombre d'heures consacrées à la science en une semaine. Parions que lors de la mission Alpha, il fera mieux !

L’écusson Alpha a été conçu par les artistes graphiques de l’ESA et comprend un décollage de fusée. Le tour de l’écusson comprend 17 aplats de différentes couleurs représentant les 17 objectifs de développement durable fixés par les Nations unies. En haut de l’écusson, la Station spatiale internationale est stylisée dans les couleurs du drapeau français. Dix étoiles brillent en arrière-plan : elles évoquent à la fois la constellation du Centaure et les dix Français qui ont volé dans l’espace. © ESA

Comment se passe l'entraînement de Thomas Pesquet pour sa prochaine mission ?

Article de Rémy Decourt publié le 20/07/2020

Alors que la date de la seconde mission de Thomas Pesquet à bord de la Station spatiale internationale n'a toujours pas été officiellement annoncée, Lionel Ferra, instructeur d'astronautes à l'Agence spatiale européenne, nous explique comment l'astronaute européen s'entraîne dans ce contexte inédit de crise sanitaire et comment il se prépare à voler à bord du Crew Dragon de SpaceX et du Starliner de Boeing.

Fin janvier, l'Agence spatiale européenne annonçait que Thomas Pesquet réaliserait une seconde mission de longue durée à bord de la Station spatiale internationale. Depuis cette date, l'astronaute européen, de nationalité française, a débuté son entraînement au côté d'une équipe d'entraîneurs et d'instructeurs du Corps européen des astronautes, dont Lionel Ferra qui a bien voulu répondre à nos questions. Instructeur robotique, Lionel Ferra est spécialisé dans l'utilisation du bras robotique Canadarm2 et responsable de l'entraînement des astronautes européens à son maniement.

Comme chaque astronaute européen, Thomas a suivi une formation de base de 18 mois qui lui a permis « d'acquérir les compétences interdisciplinaires essentielles aux vols spatiaux habités, avant d'être assigné à une mission ». En prévision de sa future mission, il suit un entraînement de « maintien de ses compétences ». Sa formation est « adaptée aux besoins de sa mission, dont le programme n'est pas complètement figé aujourd'hui ». La décision de retour en vol de Thomas Pesquet a été prise tard, de sorte que le Cnes et l'ESA n'ont pas encore validé le processus d'entraînement pour chacune des expériences qui seront réalisées. Cet exercice « scientifique », c'est-à-dire lié aux « expériences qui seront réalisées dans le cadre de sa mission n'a que partiellement débuté ». Certaines expériences se feront même que quelques semaines avant le départ de l'astronaute, notamment celles nécessitant des données médicales sur sa santé.

Thomas se familiarise avec l’opération du Canadarm2 avec Lionel Ferra, entraîneur d’astronautes de l’ESA, à l’EAC, avant l'application des mesures sanitaires liées à l'épidémie de Covid-19. © SA-D.Ham

L'entraînement doit tenir compte de la Covid-19

Cet entraînement doit tenir compte de la crise sanitaire dans laquelle le monde est plongé. Une situation qui contraint tout un chacun à « respecter les gestes barrières, la distanciation physique et le port du masque ». La préparation a donc été adaptée en conséquence avec un « nombre accru de sessions à distance », de façon à limiter les « entraînements physiques sur site aux seuls strictement nécessaires ». Il faut savoir qu'une « bonne partie des formations dispensées aux astronautes se déroulent en individuel en temps normal », ce qui en soit limite le risque d'exposition au virus. Concernant les exercices qui doivent se faire en groupe, des mesures « ont été prises pour qu'ils puissent se dérouler dans les conditions les plus sûres possible ».

Lors de cette prochaine mission, Thomas Pesquet deviendra le « premier astronaute européen à voyager à bord d'un véhicule américain » : soit la capsule Crew Dragon de SpaceX, soit la Starliner de Boeing. Il s'envolera depuis Cap Canaveral en Floride et non pas du cosmodrome de Baïkonour au Kazakstan, comme en 2016. La date exacte de sa mission « n'a pas encore été déterminée » mais les négociations avec la Nasa portent sur « le deuxième ou le troisième vol commercial USCV ». Son entraînement est donc « organisé de façon à ce que Thomas soit prêt au plus tôt ». Si l'on se fie au calendrier de la Nasa, USCV-2 est prévu au premier trimestre 2021, en février, et USCV-3 au troisième trimestre 2021, vers la fin de l'été. Il y a quelques jours, nous avons annoncé que Thomas Pesquet commencerait sa mission en février 2021. Une information que l'intéressé et l'Agence spatiale européenne n'ont pas confirmée, ce qui laisse à penser qu'elle est fausse ou prématurée ! Cela dit, la décision de faire voler le Français à bord d'USCV 2 ou 3, si elle a déjà été prise, ne sera pas annoncée avant le retour sur Terre du Crew Dragon actuellement amarré à l'ISS (Demo-2), qui qualifiera définitivement le système de transport de SpaceX, voire après USCV-1.

Quant à USCV-1, il pourrait avoir lieu cet automne, avec quatre astronautes et pour une durée de six mois. Cet équipage - constitué des Américains Michael Hopkins, Victor Glover et Shannon Walker, ainsi que du Japonais Soichi Noguchi - volera à bord d'une capsule Crew Dragon.

Le Crew Dragon de SpaceX amarré à la Station spatiale internationale à côté du cargo HTV japonais (1er juillet 2020). © Nasa

Le planning de rotation des équipages, comme le choix des véhicules, dépend de nombreux facteurs dont celui de la disponibilité des véhicules. Aujourd'hui, seule la capsule Crew Dragon est (quasi) qualifiée pour transporter des astronautes. Après le succès partiel du premier vol d’essai du Starliner, Boeing doit réaliser d'ici la fin de l'année un nouvel essai à vide de son véhicule. Si la Nasa certifie le véhicule à l'issue de ce vol, le Starliner pourrait transporter son premier équipage commercial dès USCV-3, voire USCV-2 ! Une situation qui peut surprendre mais s'explique par une stratégie de certification très différente de celle de SpaceX. En effet, le Starliner testé en fin d'année sera un véhicule opérationnel avec toute son avionique et son système de support vie, ce qui n'était pas le cas lors du premier vol à vide de la capsule Crew Dragon. Le Starliner pourrait revoler seulement un mois après son vol d'essai !

À nouveaux véhicules, nouveaux entraînements

D'ici quelques semaines, Thomas Pesquet devrait débuter son entraînement en Californie, pour Space X, et/ou à Houston, pour Boeing. Contrairement à la préparation nécessaire pour voler à bord des capsules Soyouz, la «  qualification pour voler à bord des véhicules américains sera moins longue et moins difficile à obtenir ». Une semaine tout au plus pour l'entraînement basique et quelques jours de plus pour obtenir le grade de pilote, voire celui de commandant de bord.

Du fait de sa conception qui remonte à l'ère du début des vols habités, la capsule Soyouz nécessitait « la maîtrise parfaite du russe et des dizaines d'heures d'entraînement pour se familiariser avec son cockpit », d'une très grande fiabilité, mais dont l'ergonomie n'était pas le maître mot. À l'opposé, le niveau d'automatisation du Crew Dragon est si poussé « qu'il décharge l'équipage de très nombreuses tâches manuelles que les astronautes avaient l'habitude de réaliser à bord des capsules Soyouz ! » Quant au Starliner, Boeing a fait le choix d'une « interface avec des commandes plus classiques qui devrait plaire aux astronautes ».

Contrairement au voyage à bord des capsules russes Soyouz, où seuls les cosmonautes russes pilotent le Soyouz, la règle sera peut-être moins stricte avec les véhicules spatiaux américains. Des astronautes étrangers pourraient ainsi être pilote ou commandant de bord. D'ailleurs, la « France et l'ESA font pression pour que Thomas ne soit pas un simple passager mais qu'il soit le pilote, voire le commandant de bord du véhicule qui le transportera ! »


Thomas Pesquet retournera à bord de l'ISS en février 2021

Article de Rémy Decourt publié le 09/07/2020

Le départ de Thomas Pesquet pour sa deuxième mission à bord de la Station spatiale internationale a été avancé de six mois. L'astronaute européen s'envolera en février 2021 pour un séjour de longue durée. Ce changement de date s'explique par la méfiance des Russes envers les capsules américaines qui doivent également transporter les cosmonautes Russes à bord de l'ISS.

Thomas Pesquet, dixième spationaute de nationalité française à être allé dans l'espace, se prépare pour sa deuxième mission à bord de la Station spatiale internationale. Il devrait y rester au moins six mois. Ce vol de longue durée sera le deuxième pour l'astronaute français qui avait déjà effectué un long séjour à bord du complexe orbital, de novembre 2016 à juin 2017, lors de Proxima, sa première mission spatiale.

Initialement, cette deuxième mission était prévue pour débuter à l'été 2021. Mais, Roscosmos, l'Agence spatiale russe, a refusé que ses cosmonautes montent à bord des premiers vols des capsules américaines pour rejoindre l'ISS ! Le désistement des cosmonautes russes a donc libéré de la place sur les premiers vols USCV (US Crew Vehicle) à destination de la Station spatiale. Alors que Thomas Pesquet devait embarquer à bord d'USCV-3 à l'été 2021, l'astronaute européen a profité de la situation pour partir plus tôt sur USCV-2 dont le lancement est actuellement prévu en février 2021.

Thomas Pesquet lors d'une sortie dans l'espace dans le cadre de sa mission Proxima (janvier 2017). © Nasa, ESA

Une décision stratégique pour viser la Lune

Cet empressement à embarquer plus tôt n'est pas aussi anodin qu'il y paraît. En effet, il prive l'astronaute européen d'un « privilège », dont nous évoquerons le sujet ultérieurement, mais il augmente ses chances de participer à la première mission habitée à destination du Gateway, la future station internationale à proximité de la Lune !

Si, officiellement aucune décision n'a été prise à ce sujet, cette première mission serait alors composée de trois astronautes de la Nasa et d'un Européen. Elle aurait pour tâche de mettre en service le module Ihab que doit fournir l'ESA au titre de sa participation au Gateway. Cela fut le cas par exemple quand le module Columbus a été arrimé à l'ISS : un astronaute de l'ESA faisait partie de l'équipage de la Navette pour l'y installer.

Lors de sa première mission à bord du complexe orbital en 2016, Thomas Pesquet avait décollé du Kazakstan à bord d'une capsule russe Soyouz. Pour sa deuxième mission, il décollera depuis le Centre spatial Kennedy de la Nasa à bord d'un véhicule américain -- soit le Crew Dragon de SpaceX, soit le Starliner de Boeing -- qui n'a pas encore été choisi. Dans le planning des lancements de la Nasa, susceptible de modifications à tout moment, les deux premiers vols USCV seront réalisés par SpaceX tandis qu'USCV-3 le sera par Boeing.


Thomas Pesquet sera le premier Européen à prendre place à bord de Crew Dragon

Article de Futura avec l'AFP Relaxnews publié le 27/05/2020

Comme tous les passionnés, l'astronaute Thomas Pesquet aura les yeux rivés au ciel, ce soir, et « croise les doigts » pour que le lancement du Crew Dragon par SpaceX se déroule bien. Il sera le prochain astronaute européen à voler vers la Station spatiale internationale (ISS) à bord du nouveau véhicule américain, le premier réalisé par une entreprise privée.

L'astronaute français Thomas Pesquet « croise les doigts » pour que le premier lancement d'astronautes américains par SpaceX se passe bien ce mercredi 27 mai, car il sera le premier Européen à voler à bord d'un véhicule américain pour atteindre la Station spatiale internationale (ISS) en 2021, a-t-il confié à l'AFP depuis le centre de la Nasa où il s'entraîne.

L'astronaute Thomas Pesquet sera le prochain astronaute européen à retourner dans l'espace. Ici, lors d'une conférence de presse à Tokyo, le 19 septembre 2018. © Martin Bureau, AFP, Archives

SpaceX va lancer deux Américains à bord de sa nouvelle capsule Crew Dragon. Qu'attendez-vous de ce vol en tant qu'astronaute de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui doit vous envoyer pour une deuxième mission l'an prochain ?

Thomas Pesquet : Je croise les doigts pour que ça se passe bien ce soir. Pour nous, Européens, l'enjeu est assez énorme car, traditionnellement, on accédait à l'espace avec les fusées russes Soyouz. On va passer aux nouveaux véhicules américains, donc si le vol de SpaceX marche, tant mieux pour moi qui suis a priori le prochain en lice, côté européen, à aller dans l'espace, quelque part au milieu de l'année 2021 ; il n'y a pas de remise en cause de l'agenda.

Je suis content de retourner dans l'espace de manière différente. Ce sera soit sur une capsule Crew Dragon de SpaceX, soit sur le Starliner, son équivalent chez Boeing ; c'est du 50/50 pour l'instant.

Après l'échec de l'essai de Starliner en décembre, avez-vous davantage confiance dans SpaceX ?

Thomas Pesquet : J'ai confiance dans les deux. SpaceX aussi a connu des échecs lors de tests et c'est plutôt bien d'ailleurs que les essais ne soient pas parfaits, sinon on risque de baisser la garde.

Ma première semaine d'entraînement sur le véhicule de SpaceX doit démarrer en juin -- pour Boeing, je n'ai pas encore de visibilité. Même si on a du mal à avoir accès à l'information, j'ai déjà pu comparer les deux en assistant à des ateliers sur la conception des vaisseaux : avec ses écrans tactiles à 100 %, Crew Dragon n'offre pas la même ergonomie.

La capsule Crew Dragon au sommet de la fusée Falcon 9 de SpaceX, le 24 mai 2020 au centre spatial Kennedy. © SpaceX, AFP

Chez Boeing, c'est une interface à laquelle on est plus habitué, avec des commandes manuelles... Ça ressemble à un cockpit d'avion et c'est sûr que tous les pilotes du monde auront plus confiance si vous leur donnez un joystick que si vous leur donnez un iPad !

Mais il est certain que SpaceX représente un saut technologique intéressant, une image très moderne, que tout le monde connaît. Ils ont cherché à casser les codes, allant jusqu'à écrire noir sur blanc qu'il fallait soigner l'esthétique de leurs scaphandres. C'est la première fois que je vois ça !

Comment se passe votre entraînement au centre de la Nasa à Houston (Texas), dans ce contexte de pandémie de Covid-19 ?

Thomas Pesquet : À mon arrivée, le 9 mai, j'ai été mis en quatorzaine mais j'avais déjà commencé l'entraînement à distance. Maintenant, on s'entraîne avec précaution : masque chirurgical, marquages au sol, distanciation... On ne veut pas prendre le risque d'infecter les équipages.

D'habitude, à la Nasa, il y a beaucoup de monde, mais là, on est la plupart du temps seul avec l'instructeur. Ça fait drôle mais globalement ça se passe bien et au final, je trouve que le système est assez résilient. Qu'on arrive à lancer des gens à l'heure, c'est impressionnant.

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