Thomas Pesquet lors d'une sortie dans l'espace dans le cadre de sa mission Proxima (janvier 2017). © Nasa, ESA

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Thomas Pesquet retournera à bord de l'ISS en février 2021

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Le départ de Thomas Pesquet pour sa deuxième mission à bord de la Station spatiale internationale a été avancé de six mois. L'astronaute européen s'envolera en février 2021 pour un séjour de longue durée. Ce changement de date s'explique par la méfiance des Russes envers les capsules américaines qui doivent également transporter les cosmonautes Russes à bord de l'ISS.

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Thomas Pesquet, dixième spationaute de nationalité française à être allé dans l'espace, se prépare pour sa deuxième mission à bord de la Station spatiale internationale. Il devrait y rester au moins six mois. Ce vol de longue durée sera le deuxième pour l'astronaute français qui avait déjà effectué un long séjour à bord du complexe orbital, de novembre 2016 à juin 2017, lors de Proxima, sa première mission spatiale.

Initialement, cette deuxième mission était prévue pour débuter à l'été 2021. Mais, Roscosmos, l'Agence spatiale russe, a refusé que ses cosmonautes montent à bord des premiers vols des capsules américaines pour rejoindre l'ISS ! Le désistement des cosmonautes russes a donc libéré de la place sur les premiers vols USCV (US Crew Vehicle) à destination de la Station spatiale. Alors que Thomas Pesquet devait embarquer à bord d'USCV-3 à l'été 2021, l'astronaute européen a profité de la situation pour partir plus tôt sur USCV-2 dont le lancement est actuellement prévu en février 2021.

Thomas Pesquet se familiarise avec l’opération du Canadarm2 avec Lionel Ferra, entraîneur d’astronautes de l’ESA, à l’EAC, avant l'application des mesures sanitaires liées à l'épidémie de Covid-19. © ESA, D.Ham.

Une décision stratégique pour viser la Lune

Cet empressement à embarquer plus tôt n'est pas aussi anodin qu'il y paraît. En effet, il prive l'astronaute européen d'un « privilège », dont nous évoquerons le sujet ultérieurement, mais il augmente ses chances de participer à la première mission habitée à destination du Gateway, la future station internationale à proximité de la Lune !

Si, officiellement aucune décision n'a été prise à ce sujet, cette première mission serait alors composée de trois astronautes de la Nasa et d'un Européen. Elle aurait pour tâche de mettre en service le module Ihab que doit fournir l'ESA au titre de sa participation au Gateway. Cela fut le cas par exemple quand le module Columbus a été arrimé à l'ISS : un astronaute de l'ESA faisait partie de l'équipage de la Navette pour l'y installer.

Lors de sa première mission à bord du complexe orbital en 2016, Thomas Pesquet avait décollé du Kazakstan à bord d'une capsule russe Soyouz. Pour sa deuxième mission, il décollera depuis le Centre spatial Kennedy de la Nasa à bord d'un véhicule américain -- soit le Crew Dragon de SpaceX, soit le Starliner de Boeing -- qui n'a pas encore été choisi. Dans le planning des lancements de la Nasa, susceptible de modifications à tout moment, les deux premiers vols USCV seront réalisés par SpaceX tandis qu'USCV-3 le sera par Boeing.

Pour en savoir plus

Thomas Pesquet sera le premier Européen à prendre place à bord de Crew Dragon

Article de Futura avec l'AFP Relaxnews publié le 27/05/2020

Comme tous les passionnés, l'astronaute Thomas Pesquet aura les yeux rivés au ciel, ce soir, et « croise les doigts » pour que le lancement du Crew Dragon par SpaceX se déroule bien. Il sera le prochain astronaute européen à voler vers la Station spatiale internationale (ISS) à bord du nouveau véhicule américain, le premier réalisé par une entreprise privée.

L'astronaute français Thomas Pesquet « croise les doigts » pour que le premier lancement d'astronautes américains par SpaceX se passe bien ce mercredi 27 mai, car il sera le premier Européen à voler à bord d'un véhicule américain pour atteindre la Station spatiale internationale (ISS) en 2021, a-t-il confié à l'AFP depuis le centre de la Nasa où il s'entraîne.

L'astronaute Thomas Pesquet sera le prochain astronaute européen à retourner dans l'espace. Ici, lors d'une conférence de presse à Tokyo, le 19 septembre 2018. © Martin Bureau, AFP, Archives

SpaceX va lancer deux Américains à bord de sa nouvelle capsule Crew Dragon. Qu'attendez-vous de ce vol en tant qu'astronaute de l'Agence spatiale européenne (ESA), qui doit vous envoyer pour une deuxième mission l'an prochain ?

Thomas Pesquet : Je croise les doigts pour que ça se passe bien ce soir. Pour nous, Européens, l'enjeu est assez énorme car, traditionnellement, on accédait à l'espace avec les fusées russes Soyouz. On va passer aux nouveaux véhicules américains, donc si le vol de SpaceX marche, tant mieux pour moi qui suis a priori le prochain en lice, côté européen, à aller dans l'espace, quelque part au milieu de l'année 2021 ; il n'y a pas de remise en cause de l'agenda.

Je suis content de retourner dans l'espace de manière différente. Ce sera soit sur une capsule Crew Dragon de SpaceX, soit sur le Starliner, son équivalent chez Boeing ; c'est du 50/50 pour l'instant.

Après l'échec de l'essai de Starliner en décembre, avez-vous davantage confiance dans SpaceX ?

Thomas Pesquet : J'ai confiance dans les deux. SpaceX aussi a connu des échecs lors de tests et c'est plutôt bien d'ailleurs que les essais ne soient pas parfaits, sinon on risque de baisser la garde.

Ma première semaine d'entraînement sur le véhicule de SpaceX doit démarrer en juin -- pour Boeing, je n'ai pas encore de visibilité. Même si on a du mal à avoir accès à l'information, j'ai déjà pu comparer les deux en assistant à des ateliers sur la conception des vaisseaux : avec ses écrans tactiles à 100 %, Crew Dragon n'offre pas la même ergonomie.

La capsule Crew Dragon au sommet de la fusée Falcon 9 de SpaceX, le 24 mai 2020 au centre spatial Kennedy. © SpaceX, AFP

Chez Boeing, c'est une interface à laquelle on est plus habitué, avec des commandes manuelles... Ça ressemble à un cockpit d'avion et c'est sûr que tous les pilotes du monde auront plus confiance si vous leur donnez un joystick que si vous leur donnez un iPad !

Mais il est certain que SpaceX représente un saut technologique intéressant, une image très moderne, que tout le monde connaît. Ils ont cherché à casser les codes, allant jusqu'à écrire noir sur blanc qu'il fallait soigner l'esthétique de leurs scaphandres. C'est la première fois que je vois ça !

Comment se passe votre entraînement au centre de la Nasa à Houston (Texas), dans ce contexte de pandémie de Covid-19 ?

Thomas Pesquet : À mon arrivée, le 9 mai, j'ai été mis en quatorzaine mais j'avais déjà commencé l'entraînement à distance. Maintenant, on s'entraîne avec précaution : masque chirurgical, marquages au sol, distanciation... On ne veut pas prendre le risque d'infecter les équipages.

D'habitude, à la Nasa, il y a beaucoup de monde, mais là, on est la plupart du temps seul avec l'instructeur. Ça fait drôle mais globalement ça se passe bien et au final, je trouve que le système est assez résilient. Qu'on arrive à lancer des gens à l'heure, c'est impressionnant.

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