Vue d'artiste du Starship de SpaceX. Ce lanceur à deux étages est constitué d'un étage principal, nommé Super Heavy et de Starship qui désigne le véhicule de transport spatial et l'étage supérieur du lanceur. Ce système de lancement a pour vocation de remplacer l'ensemble de la gamme actuelle de lanceurs de SpaceX. © SpaceX

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SpaceX pousse la Nasa à se servir du futur Starship

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Éternel optimiste, Elon Musk annonce à la Nasa que son Starship sera prêt fin 2021 ! Et de lui proposer de l'utiliser plutôt que le Space Launch System qui accumule retards et dépassement de budget. Bien que le développement du Starship ait débuté, avec un premier « vol » à 18 mètres de haut et un autre prévu cette semaine à 200 mètres, personne n'imagine SpaceX capable de tenir ce délai. Pragmatique, la Nasa a signé plusieurs accords avec SpaceX et avec Blue Origin.

Starship est le futur système de transport spatial à tout faire de SpaceX qui, selon Elon Musk, pourrait réduire le coût des vols spatiaux de 100 à 1.000 fois en étant pleinement réutilisable. Ce lanceur, à deux étages, est censé remplacer la gamme des lanceurs Falcon ainsi que les capsules Dragon de transport d'astronautes et de ravitaillement. Il ambitionne également de faire du transport terrestre de point à point en volant dans l'espace et de pouvoir atterrir en rétro-propulsion sur Mars ou la Lune avec des dizaines de personnes à bord et plusieurs tonnes de matériel.

À l'occasion des 50 ans d’Apollo 11, Elon Musk a annoncé que SpaceX pourrait se poser sur la Lune vers la fin 2021 et deux ans plus tard, donc en 2023, transporter des humains sur la Lune ! Une annonce probablement pour inciter la Nasa à utiliser ce futur système de lancement dans son programme Artemis de retour sur la Lune, en complément ou en remplacement du Space Launch System (SLS) et de la capsule Orion. Plutôt que de cantonner le Starship à des missions d'exploration habitées occasionnelles, comme par exemple le vol touristique autour de la Lune du collectionneur d'art contemporain Yusaku Maezawa, Elon Musk fait le pari qu'en arrivant le premier sur la Lune, la Nasa soit en quelque sorte contrainte d'utiliser le Starship plutôt que le SLS. À cela s'ajoute que l'équivalent américain de notre Cour des comptes, le Government Accountability Office (GAO), estime que la Nasa ne sera pas capable d'envoyer des humains sur la Lune en 2024, du fait des retards pris dans le développement du SLS.

Vue d'artiste du Starship posé sur la Lune. Bien qu'Elon Musk ait annoncé que son système de transport pourrait atterrir sur la Lune dès la fin 2021 pour déposer du fret et deux ans plus tard des hommes (2023), la Nasa et aussi de nombreux spécialistes jugent ces délais trop courts et doutent que SpaceX parvienne à les tenir. © SpaceX

Cela dit, s'il ne fait évidemment aucun doute que la Nasa porte un intérêt au Starship, comme toutes les agences étatiques, elle ne peut évidemment pas favoriser une entreprise au détriment d'une autre. Forcément, si elle abandonne le SLS, des appels d'offres seront lancés dans le cadre d'une compétition entière et ouverte avec un nombre de compétiteurs qui devrait se limiter à trois : ULA, Blue Origin et SpaceX.

Les projets lunaires de SpaceX et de Blue Origin soutenus

Si la Nasa garde sa confiance dans le Space Launch System, dont le premier vol d'essai est prévu en 2020, elle a aussi besoin du secteur privé pour combler les vides dans son programme et tenir ses délais au vu d'un calendrier difficile à tenir. Si pour l'instant il n'est pas question de sous-traiter à SpaceX ou Blue Origin les vols habités d'Artemis, la Nasa soutient les efforts des deux industriels. Il y a quelques jours, SpaceX et Blue Origin ont remporté plusieurs contrats avec la Nasa pour aider au développement de technologies nécessaires à des lanceurs et des atterrisseurs lunaires.

SpaceX a remporté deux contrats. Le premier avec le Kennedy Space Center, pour continuer à développer des technologies pour l'atterrissage sur la Lune et le second avec le Glenn and Marshall Center pour travailler sur le transfert de propergol en orbite.

Quant à Blue Origin, elle a remporté trois contrats. Le premier, avec le Centre spatial Johnson et le Goddard Space Flight Center, concerne le développement d'un système de navigation pour pouvoir atterrir de façon plus précise. Le deuxième, avec le Johnson and the Glenn Research Center, concerne le développement d'une pile à combustible pour l'atterrisseur lunaire Blue Moon de Blue Origin. Quant au troisième et dernier contrat, il a été signé avec le Marshall Space Flight Center et le Langley Research Center. Il implique de travailler sur des matériaux à haute température pour des pièces de moteur destinées à être utilisées sur les atterrisseurs lunaires.

  • Elon Musk veut croire que son Starship sera sur la Lune d'ici la fin 2021.
  • Il a proposé à la Nasa d'utiliser ce futur système de lancement à la place du SLS que la Nasa développe avec Boeing. 
  • Pragmatique, la Nasa a refusé ce troc mais a signé des accords avec SpaceX et Blue Origin, pour soutenir certains de leurs projets lunaires.
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