Essai des moteurs RS 25 du SLS dans le cadre du Green Run du lanceur. © Nasa
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La Nasa nous donne rendez-vous le 21 février pour un nouvel essai des moteurs du SLS, le plus puissant lanceur du monde

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[EN VIDÉO] SLS, le plus puissant lanceur du monde  Présentation en vidéo du futur lanceur le plus puissant du monde, développé par la Nasa pour le programme lunaire Artemis. 

La Nasa et Boeing prévoient une nouvelle tentative, à partir du 21 février, de tester les quatre moteurs RS-25 du futur lanceur SLS des missions Artemis. La Nasa, qui doit composer avec des phases de certification aux délais de plus en plus courts, parie toujours sur un vol inaugural en novembre 2021.  

La Nasa a décidé d'effectuer un deuxième test des quatre moteurs RS-25 de l'étage principal du SLS à partir du 21 février, plus d'un mois après l'échec d'une première tentative. Le 16 janvier, le dernier test de la campagne Green Run s'était soldé par un arrêt prématuré des moteurs seulement 67 secondes après leur allumage, bien en deçà des 485 secondes prévues. Pour rappel, il devait clore la série d'essais Green Run, et consistait en un test complet de l'étage et de tous ses systèmes intégrés avec l'allumage des quatre moteurs principaux durant presque neuf minutes, de façon à simuler un décollage après un compte à rebours et un remplissage des réservoirs.

Pour expliquer cet échec, la Nasa avait déclaré trois jours plus tard que le système hydraulique du moteur 2 avait atteint des limites « intentionnellement trop conservatrices », déclenchant un arrêt par l'ordinateur de bord.

Incertitude sur la date du vol inaugural du lanceur 

Le test à venir devrait durer « environ au moins 4 minutes », précise le communiqué de la Nasa, bien que l'objectif reste de réaliser un test de durée complète, c'est-à-dire environ 8 à 9 minutes. Toutefois, la Nasa et Boeing se satisferont de quelque 250 secondes de fonctionnement. En effet, John Shannon, responsable du projet SLS chez Boeing, avait déclaré quelques jours avant le premier test « qu'au moins 250 secondes de fonctionnement des moteurs étaient nécessaires pour acquérir suffisamment de données pour qualifier l'étage ».

Quant à la date du vol inaugural, la Nasa préfère s'exprimer au conditionnel mais parie sur un vol inaugural en novembre malgré des délais très serrés (Artemis 1). Les responsables du lanceur n'ont pas précisé quel serait l'impact de cette campagne de test sur le calendrier de lancement d'Artemis 1. Ce deuxième test, s'il se passe bien, retardera de plus d'un mois la livraison de l'étage au Centre spatial Kennedy d'où sol sera lancé.

Pour en savoir plus

Nasa : retard à l'allumage pour le plus puissant lanceur du monde, le SLS

Article de Rémy Decourt publié le 18/01/2021

La Nasa et Boeing ont raté l'essai de fonctionnement des quatre moteurs RS-25 du futur lanceur SLS des missions Artemis lors du test Green Run. Le calendrier de retour de l'Homme sur la Lune pourrait être remis en cause et pas seulement à cause de cet échec. Explications.

Ce week-end, la Nasa et Boeing devaient tester le fonctionnement complet de l'étage principal du lanceur SLS (Space Launch System) et tous ses systèmes intégrés avec l'allumage des quatre moteurs principaux durant presque neuf minutes, de façon à simuler un décollage après un compte à rebours et un remplissage des réservoirs. Réalisé au Centre spatial Stennis de la Nasa, cet essai ne s'est pas déroulé comme prévu et peut être considéré comme raté.

Sur les quelque neuf minutes de fonctionnement prévues, les moteurs ont été éteints seulement un peu plus d'une minute après leur allumage, en raison d'un défaut ayant été détecté sur l'un d'entre eux. Plus tôt, avant le test, John Shannon, responsable du projet SLS chez Boeing, avait déclaré « qu'au moins 250 secondes de fonctionnement des moteurs étaient nécessaires pour acquérir suffisamment de données pour qualifier l'étage ». L'équipe avait prévu au cours de ce laps de temps de faire plusieurs manœuvres pour tester la réactivité des moteurs en fonctionnement, notamment l'orientation des tuyères. Cet échec est d'autant plus surprenant que les moteurs en question sont les RS-25 qui ont déjà volé en tant que moteurs principaux de la navette spatiale.

Les moteurs se sont arrêtés durant le « green run test » du premier étage du SLS. © Nasa

Un test raté qui interroge

Une situation qui plonge la Nasa et Boeing dans l'expectative quant à la suite du programme de développement du lanceur. Les équipes de la Nasa et Boeing vont évaluer les données pour déterminer ce qui a causé le dysfonctionnement du moteur et décideront plus tard de la suite à donner au programme, qui pourrait aller jusqu'au report de plusieurs semaines du vol inaugural du lanceur, aujourd'hui prévu en novembre 2021. Seule note optimiste, l'équipe du projet a réussi le compte à rebours et l'allumage des moteurs.

Sans surprise le communiqué de la Nasa se veut optimiste, expliquant que « le test de samedi a été un pas en avant important pour s'assurer que l'étage principal du lanceur était prêt pour la mission Artemis I et pour transporter les équipages des missions Artemis suivantes, dont celle d'Artemis 3 qui doit se poser sur la Lune », a déclaré l'administrateur de la Nasa Jim Bridenstine, qui a assisté au test.

La date du retour sur la Lune sera-t-elle repoussée ?

Enfin, à ceux qui souhaiteraient que la Nasa utilise le Starship de SpaceX pour les missions lunaires du programme Artemis, plutôt que le Space Launch System qui accumule retards et dépassements de budget, il est peu probable que la nouvelle administration l'accepte. D'abord parce que le Starship ne sera pas prêt, malgré le calendrier très ambitieux d'Elon Musk qui prévoit un premier vol lunaire dès 2022. D'autre part, contrairement à Donald Trump, le nouveau président souhaite à l'avenir moins s'appuyer sur le secteur privé pour les programmes d'exploration Nasa. À cela s'ajoute que si les Démocrates devraient continuer à soutenir le programme Artemis, ils pourraient remettre en avant le spatial au service de l'environnement et de la lutte contre le changement climatique avec l'observation de la Terre.

Pendant sa campagne, le candidat démocrate Biden s'est engagé à poursuivre les grands programmes d'exploration engagés par la Nasa. Cependant, l'objectif calendaire de 2024 voulu par Donald Trump pourrait être repoussé de quelques années. Initialement, 2028 était la date prévue. Le futur administrateur de la Nasa qui remplacera Jim Bridenstine pourrait utiliser cet échec pour mettre à jour le calendrier du programme Artemis. À suivre donc...


La Nasa va allumer les moteurs du plus puissant lanceur du monde aujourd’hui !

Article de Rémy Decourt publié le 16/01/2021

Pour retourner sur la Lune, la Nasa et Boeing développent le lanceur le plus puissant jamais construit par les États-Unis. Un important essai prévu le 16 janvier se prépare. Il consistera à simuler un décollage et les premières minutes du vol. Son succès est impératif, sans quoi le retour sur la Lune en 2024 sera compromis. Explications.

La Nasa, qui a pour objectif d'envoyer deux Américains, un homme et une femme, sur la Lune d'ici 2024, se prépare à un essai majeur de l'étage principal du lanceur SLS (Space Launch System) qui amènera les astronautes sur la Lune. Ce lanceur, dont le vol inaugural est prévu dans le courant de l'année 2021 (Artemis-1), est construit par Boeing pour la Nasa.

À regarder en direct sur Nasa TV, samedi 16 décembre à partir de 22 h 20, heure de Paris. © Nasa

L'étage se trouve au Centre spatial Stennis dans le Mississippi depuis le mois de janvier où la Nasa et Boeing le préparent au fameux « Green Run ». Ce Green Run est un essai très important qui consiste au test complet de l'étage et tous ses systèmes intégrés avec l'allumage des quatre moteurs principaux durant presque neuf minutes, de façon à simuler un décollage après un compte à rebours et un remplissage des réservoirs. Les moteurs en question sont des RS 25 qui ont déjà volé en tant que moteurs principaux de la navette spatiale.

L'étage principal du SLS, avec ses quatre moteurs RS 25. © Nasa, Eric Bordelon

Échec interdit sous peine de reporter le retour de l’Homme sur la Lune

Haut de 60 mètres, cet étage contient les réservoirs d'hydrogène et d'oxygène liquides ainsi que l'avionique et les ordinateurs de vol du lanceur. L'importance de cet essai s'explique par le fait que tester les propulseurs seuls ne suffit pas. Il faut être certain que tous les éléments (moteur, réservoir, système fluidique, structure...) fonctionnent correctement ensemble et que le tout résiste à la poussée et aux vibrations. Il faut également vérifier les performances (poussée, Isp) avec l'ensemble du système. Donc, après avoir testé tous les éléments un à un, Boeing et la Nasa réaliseront ce test grandeur nature, avec tous les systèmes et sous-systèmes, de façon à valider la conception de l'étage.

L'étage principal du SLS installé sur un banc de test du Centre Spatial Stennis de la Nasa en vue d'un essai « Green Run ». © Nasa

SLS en vol. Illustration. L'étage testé n'est pas une maquette mais celui qui doit voler en 2021 lors d'Artemis-1 ! Il est donc impératif que ce test se déroule au mieux et qu'il n'engendre aucun problème technique. Une situation autre qu'un succès plongerait le programme Artemis dans l'embarras contraignant la Nasa à reporter Artemis-1 de plusieurs mois, rendant impossible un retour sur la Lune en 2024 (Artemis-3).

Une situation qui ne ferait pas que des malheureux. Elon Musk pourrait relancer son offre de service et proposer à la Nasa d'utiliser son Starship plutôt que le SLS, véritable gouffre financier soit dit en passant, pour lancer le véhicule Orion des missions lunaires.

Données comparatives du lanceur SLS de la Nasa avec la navette spatiale et Saturn V. © Nasa, MSFC

Nasa : l’étage principal du SLS, le plus grand lanceur du monde est terminé

Article de Rémy Decourt publié le 11/12/19

La Nasa vient de présenter le premier étage principal de son futur système de lancement habité, formé du Space Launch System (SLS) et de la capsule Orion. Ce lanceur, au cœur de la stratégie américaine du retour sur la Lune, doit réaliser deux missions de démonstration avant d'envoyer un homme et une femme sur la Lune en 2024. La première mission n'est pas envisagée avant juin 2021.

La Nasa, reine de la communication, ne manque jamais l'occasion de mettre en avant ses programmes auprès de la presse et du grand public. Et ce, quelle que soit l'occasion de la vie d'un programme. Lundi, Jim Bridenstine, le patron de la Nasa, a profité de l'assemblage terminé du premier étage du Space Launch System (SLS) - qui doit envoyer des astronautes américains sur la Lune dès 2024 à bord de la capsule Orion - pour saluer le travail accompli, malgré d'importants retards de développement sur le calendrier.

Pour la Nasa, c'était aussi l'occasion de rappeler que le SLS est au cœur de la stratégie américaine pour permettre le retour sur la Lune, dans le cadre du programme Artemis, et d'afficher son soutien à ce système de lancement, alors qu'Elon Musk fait des pieds et des mains pour que l'agence américaine utilise Starship, son futur système de transport spatial à tout faire, en complément ou en remplacement du SLS.

Construit par Boeing, l'étage principal du SLS est équipé de quatre moteurs RS 25 qui ont déjà volé en tant que moteurs principaux de la navette spatiale. Il mesure 60 mètres de hauteur et contiendra 2,7 millions de litres d'hydrogène et d'oxygène liquides. Au total, ce lanceur sera plus grand que la statue de la Liberté et plus puissant que la célèbre Saturn V du programme Apollo qui emmena les astronautes américains vers la Lune de 1969 à 1972.

L'étage principal du lanceur SLS sur le site d’assemblage Michoud de la Nasa à La Nouvelle-Orléans. Sur cette image, prise en octobre 2019, seul un des quatre moteurs R25 a été installé. © Nasa, Éric Bordelon 

L'étage principal du lanceur SLS sur le site d’assemblage Michoud de la Nasa à La Nouvelle-Orléans. Sur cette image, prise en octobre 2019, seul un des quatre moteurs R25 a été installé. © Nasa, Éric Bordelon 

Incertitudes quant aux dates de lancement

Étonnamment, Jim Bridenstine et Douglas Loverro, directeur de l'exploration humaine de la Nasa, n'ont pas souhaité communiquer les dates envisagées des trois premières missions Artemis.

Initialement prévue en 2020, la mission Artemis 1 devrait vraisemblablement décoller en juin 2021. Ce premier vol d'essai se fera sans astronaute. L'objectif de cette mission consiste à valider à la fois les performances de la capsule avant son utilisation pour le vol habité et celles du SLS. Elle servira également à tester la tenue en vol de la capsule et vérifier que les choix technologiques faits par Lockheed Martin sont les bons. Ce vol servira aussi à vérifier le bon fonctionnement du module de service européen qui assurera la propulsion, l'alimentation électrique, le contrôle thermique et les composants vitaux à la capsule américaine. Dit autrement, les astronautes américains respireront et boiront made in Europe ! Au cours de cette mission, le vaisseau Orion sera mis en orbite autour de la Lune.

Suivront un second vol de démonstration avec équipage et une mission autour de la Lune. Prévue en 2022, cette mission pourrait glisser en 2023. L'année, suivante, la Nasa lancera un homme et une femme qui iront se poser sur la Lune, 52 ans après la dernière mission habitée sur la Lune (Apollo 17, 1972).

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