Quand une histoire d’amour prend fin, ça peut faire mal. Et si la douleur ressentie se limite généralement à une souffrance psychologique, il peut arriver qu’elle devienne littéralement physique. C’est ce que nous appelons communément : avoir le cœur brisé.
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Lorsqu'il s'agit de parler d'amour, deux clans se forment. S'affrontent ? Celui des romantiques et celui... des pragmatiques. D'un côté, de grandes déclarations enflammées, des initiales gravées dans l'écorce d'un arbrearbre, des « pour toujours », des châteaux et des perles de pluie. De l'autre plutôt des « bonne nuit » chaque soir et des « à tout à l'heure » murmurés à l'oreille. En ce qui me concerne, j'avoue pencher assez nettement du côté des pragmatiques. Et vous ?

Avant de répondre, voyez peut-être la suite. Car ce n'est pas parce qu'un jour, la belle histoire prend fin que les deux clans se retrouvent. Les uns continuent de chercher des formules pour qualifier joliment leur séparationséparation. Les autres gardent les pieds sur TerreTerre. Comme Bénabar, ils l'affirment : « Moi j'ai pas le cœur brisé, j'ai vérifié chez mon médecin ». La science saura-t-elle arbitrer la partie ?

Peut-être bien. Dans les années 1990, des cardiologuescardiologues japonais ont diagnostiqué pour la première fois une pathologiepathologie qu'ils ont surnommée le Tako-Tsubo. Le nom vient de celui d'un pot en céramiquecéramique qui sert aux pêcheurs à piéger les poulpespoulpes. Et qui rappellerait la forme que prend le cœur, lorsqu'il se brise !

Dans des cas qui restent rares, le syndrome du cœur brisé peut apparaître après un évènement extrêmement heureux, comme une naissance ou une victoire sportive. © Make_story Studio, Fotolia

Dans des cas qui restent rares, le syndrome du cœur brisé peut apparaître après un évènement extrêmement heureux, comme une naissance ou une victoire sportive. © Make_story Studio, Fotolia

Des cœurs brisés par la cardiomyopathie de Tako-Tsubo

On parle plus facilement de syndromesyndrome du cœur brisé, que les médecins qualifient de cardiomyopathiecardiomyopathie. Le ventriculeventricule gauche se bloque. Il gonfle alors comme un ballonballon de baudruche provoquant une douleurdouleur thoracique, une sensation d'oppression et des difficultés respiratoires notamment. Des symptômessymptômes qui ressemblent à s'y méprendre à ceux d'un infarctus. Seules une IRMIRM complète et des analyses sanguines révélant un taux élevé de troponine peuvent permettre de poser le bon diagnosticdiagnostic.

Le cœur des femmes, plus enclin à se briser

Une étude menée sur 1.750 patients a permis de cerner un peu plus les mécanismes de la maladie. Et de confirmer que dans près de 30 % des cas, le syndrome du cœur brisé résulte bien directement d'un choc émotionnel provoqué par exemple, par une rupture amoureuse. La perte d'un être cher ou un conflit familial peuvent aussi constituer des éléments déclencheurs. Dans 9 cas sur 10, les patients sont des femmes et dans 80 % des cas des femmes de plus de 50 ans.

Mais comment le cœur peut-il en venir à se briser ? Les spécialistes expliquent que tout est question d'hormoneshormones. D'adrénalineadrénaline plus particulièrement. Cette hormone se libère en situation d'émotion intense avec pour effet (entre autres) de contracter les petits vaisseaux sanguins et d'accélérer le cœur. Jusqu'à le paralyser parfois. Et contrairement à ce qui était imaginé jusqu'alors, le taux de mortalité s'élèverait à 3,7 %, donc proche que celui d'une crise cardiaquecrise cardiaque (5,3 %). Quant aux patients qui s'en relèvent, certains spécialistes estiment aujourd'hui qu'ils devraient être suivis aussi régulièrement que des malades qui souffriraient d'une insuffisance cardiaqueinsuffisance cardiaque.