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Vicking, première campagne scientifique du Pourquoi pas ?

ActualitéClassé sous :recherche , Ifremer , écosystème marin

Le 20 mai prochain débutera au large de la Norvège une nouvelle campagne de l'Ifremer : Vicking. Une première pour le navire Pourquoi pas ?, dernier né de la flotte océanographique française. Une équipe pluridisciplinaire et internationale de 40 chercheurs embarquera pendant près d'un mois pour étudier les émissions de méthane en fond de mer et les écosystèmes associés à cet environnement. Effectuée dans le cadre d'un projet de l'Union européenne, HERMES, lacampagne Vicking est financée au titre de la priorité « Changement global et écosystèmes ».

Vicking, première campagne scientifique du Pourquoi pas ?

Réunissant un consortium constitué de 36 instituts de recherche et de neuf entreprises de 15 pays, HERMES a pour sujet d'étude les 'Hot spot'. Ces zones géographiques situées le long des marges profondes européennes, en Atlantique et Méditerranée, abritent des écosystèmes particulièrement riches mais fragiles. Certains comme les coraux profonds sont sensibles au réchauffement climatique.

La campagne Vicking étudiera les émissions naturelles de méthane en fond de mer, le fonctionnement des conduits géologiques particuliers appelés « cheminées à gaz », et l'activité biologique associée. Elle se déroulera principalement sur la zone de Storegga, une précédente campagne de l'Ifremer y ayant révélé l'existence de plusieurs dizaines de cheminées à gaz, à une profondeur de 600 à 1 000 m.

Ces cheminées sont les conduits privilégiés pour l'échappement du méthane qui peut être produit par dégradation de la matière organique déposée dans les couches sédimentaires superficielles ou provenir de réservoirs pétroliers profonds. Les cheminées peuvent contenir de larges accumulations d'hydrates de méthane, une forme de glace constituée d'un réseau de molécules d'eau disposées en cage autour des molécules de méthane.

Lors de variation de température et de pression, on observe une déstabilisation des hydrates de méthane : un volume unitaire d'hydrate peut alors libérer 160 volumes de méthane.

Un des objectifs de Vicking sera de valider l'hypothèse selon laquelle cette concentration de cheminées à gaz sur la zone de Storegga contribue significativement à la quantité de méthane diffusée dans l'océan. La campagne aura également pour objectif d'analyser la dynamique de ces émissions à travers notamment l'étude de leur intensité, des mécanismes d'échappement en fond de mer et du rôle des hydrates de méthane. Ces études permettront de mieux appréhender les éventuels impacts de ces émissions de méthane sur le climat et la stabilité du sol sous marin.

La campagne Vicking a aussi pour but de caractériser la nature et le fonctionnement de l'écosystème qui se développe sur les sorties des cheminées à gaz. Comprendre comment le méthane est utilisé en tant que source d'énergie est fondamental pour appréhender le fonctionnement et la diversité des écosystèmes des marges. A terme, l'objectif est de proposer un modèlededéveloppement des assemblages de faunes dans ces écosystèmes particuliers.

Au cours de la campagne Vicking, des observations seront également effectuées autour du volcan de boue Hakon Mosby. Ce volcan a déjà fait l'objet de prélèvements lors d'une précédente mission menée en juin 2003 à bord du Polarstern, navire de l'institut allemand Alfred Wegener, important partenaire de l'Ifremer, et à laquelle ont participé plusieurs scientifiques de l'Ifremer.

Cette nouvelle visite permettra de détecter les changements éventuels d'activité survenus depuis la dernière campagne, de déterminer si de nouvelles coulées de boue se sont produites et d'observer les évolutions de l'écosystème.

La campagne Vicking sera la première mission effectuée au profit de la communauté scientifique par le Pourquoi pas ?, construit en partenariat avec la Marine nationale et baptisé à Brest le 27 septembre 2005. Elle fait suite à la première campagne réalisée au profit du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine dans le golfe de Gascogne. A cette occasion, le ROV de l'Ifremer Victor 6000 (Remotely OperatedVehicule) sera mis en oeuvre. Cet engin lourd est inhabité et téléopéré depuis le navire. Il est muni d'un système de caméras couleur haute résolution avec zoom et orienteur qui permet de réaliser des observations vidéo du fond. Lors de cette campagne, le système de carottage du Pourquoi pas ?, dérivé de celui du Marion Dufresne II, sera également utilisé pour prélever des sédiments (longueur des carottes : 13 et 26 m).

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