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La science américaine en perte de vitesse

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La Fondation nationale de la science américaine (NSF) a analysé dans un rapport récemment publié un certain nombre de facteurs pointant tous la même tendance: La science américaine serait en perte de vitesse.

"Les Etats-Unis (EU) restent en première position pour la production et l'exportation de produits issus de hautes technologies et en terme de dépenses pour la R&D. Néanmoins, des changements économiques et en ressources humaines en cours rendent l'avenir incertain", indique l'étude biennale 2004 du bureau national de la science (National Science Board) au président américain.

Ressources humaines amoindries

Dans le rapport, la NSF souligne la vague importante de départs à la retraite à laquelle les EU doivent faire face. Actuellement, plus de 30% du personnel académique est au minimum âgé de 55 ans.

Or, le recrutement de chercheurs qualifiés est en même temps à la baisse. Par exemple, les EU figurent au 17e rang des nations étudiées pour la proportion des 18-24 ans possédant un diplôme en sciences de la nature et en ingénierie ; soit une perte de quatorze places en presque trente ans. Depuis les années 1990, les diplômés en sciences de l'ingénieur ont baissé de 8% et les diplômés de mathématiques d'environ 20%.

En outre, la compétition internationale pour les meilleurs talents s'accroît. "Pendant longtemps, nous avons bénéficié d'une faible compétition sur le marché de la science et de l'ingénierie, note Warren M. Washington, directeur du NSB. Aujourd'hui, des alternatives attractives et compétitives prennent de l'ampleur partout dans le monde."

Les chercheurs étrangers ont aussi de plus en plus de difficultés à venir travailler aux EU. Or, en 2000, environ la moitié de tous les docteurs en ingénierie, en physique, en science de la vie, en mathématiques et en informatique étaient d'origine étrangère.

Les universités américaines, alarmées par une chute de la fréquentation de leurs campus par les étudiants étrangers, ont d'ailleurs entamé une campagne de sensibilisation à ce sujet, révèle le quotidien Financial Times. Le nombre d'étudiants étrangers à suivre un cursus au sein d'établissements d'enseignement supérieur aux Etats-Unis a baissé de 32% cette année, alors que dans le même temps, il a augmenté en Grande-Bretagne, au Canada et en Australie.

Quant à l'emploi scientifique, il diminue aussi depuis 2002 (5,4 millions d'offres recensées). Les informaticiens sont particulièrement touchés par le chômage, le taux étant maintenant supérieur à la moyenne nationale.

Baisse de la part mondiale des productions scientifiques et techniques

Par ailleurs, bien que les ressortissants américains continuent de produire la plus large part des articles scientifiques et d'être très fréquemment cités, la production scientifique a perdu 10 points depuis 1992. Les EU sont les premiers pays développés à enregistrer une telle tendance, signale le rapport.

De même, la part nationale des brevets déposés aux EU, bien qu'encore majoritaire avec 52%, a considérablement baissé au cours des dernières décennies, notamment au profit de pays asiatiques comme le Japon, la Corée du Sud et Taiwan.

Depuis le début du nouveau millénaire, les EU ne produisent "plus que" la moitié des Prix Nobel.

"Par contraste, chaque pays en Europe a connu une augmentation de son taux de découvertes", a déclaré Tom Daschle, sénateur américain et leader démocrate, lors d'un récent forum scientifique aux Etats-Unis (Cordis , 5-5-04). "Au cours des deux dernières décennies, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont doublé leur production de doctorats en science et en ingénierie. Une seule de ces décennies a suffi au Japon pour doubler sa production de doctorats en science et en ingénierie. Si cette stagnation n'est pas stoppée, elle aura des implications profondes dans chaque aspect de la société américaine", s'inquiète-t-il.

Egalement incriminée, la trop grande part du budget américain accordée à la recherche militaire. Sur un total colossal de plus de 126 milliards cette année, 66 milliards sont destinés au secteur militaire.

La NSF entreprend actuellement une étude internationale sur la production d'articles scientifiques et les causes de son évolution.

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