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Nanotechnologies : Les États-Unis redoutent de ne plus être en tête

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Bien que les États-Unis restent le leader mondial de la recherche et du développement (R&D) dans le secteur des nanotechnologies, les auteurs d'un nouveau rapport publié par la Maison-Blanche avertissent que la domination des États-Unis dans ce secteur est menacée, d'autres pays améliorant leurs propres programmes.

Champ de nanotubes de carbone

On peut ainsi lire dans ce rapport, publié le 18 mai par le PCAST, le comité de conseillers du Président sur les questions d'ordre scientifique et technologique, que les États-Unis, à travers leur initiative nationale en faveur des nanotechnologies (NNI), doivent déployer des efforts supplémentaires pour répondre aux questions sociétales et aux risques potentiels - environnementaux et sanitaires - de cette technologie en développement.

"Le gouvernement fédéral dépensera cette année fiscale environ un milliard de dollars américains 790 millions d'euros au titre de la R&D en matière de nanotechnologies, soit environ un quart des investissements globaux consentis par toutes les nations. Le total des dépenses annuelles en R&D (fédérales, provenant des états, et privées) s'élève désormais à environ trois milliards de dollars 2,4 milliards d'euros, soit un tiers des neuf milliards de dollars estimés 7,1 milliards d'euros pour le total des dépenses mondiales réalisées par les secteurs public et privé combinés", peut-on lire dans le rapport du PCAST.

"En outre, les États-Unis occupent une place dominante au niveau du nombre de jeunes entreprises spécialistes des nanotechnologies, et des résultats de la recherche, mesurés par les brevets et les publications. Toutefois, la prééminence des États-Unis fait l'objet d'une concurrence toujours plus accrue de la part d'autres nations qui cherchent à rendre leurs propres programmes plus attractifs", ajoute-t-il.

Bien que les États-Unis dépensent un tiers du total des fonds alloués à travers le monde à la recherche en nanotechnologies, il s'agit essentiellement de dépenses émanant des différents états. Les dépenses fédérales en R&D sur les nanotechnologies sont à peu près identiques à celles de l'UE et du Japon. Par conséquent, ce n'est que lorsqu'on ajoute la R&D sur les nanotechnologies subventionnée par les états que les États-Unis arrivent en tête du classement des plus importants sponsors de la recherche en matière de nanotechnologies.

"Le reste du monde est très, très intéressé par les nanotechnologies, par conséquent l'avantage américain diminue au fil du temps en raison de cet intérêt relatif", explique Floyd Kvamme, co-président du PCAST. "Il est assez évident que plusieurs autres pays du monde cherchent à émuler certains de nos programmes en raison de la nature intersectorielle des nanotechnologies".

Les auteurs du rapport recommandent par conséquent une série de mesures destinées à consolider la NNI. Il s'agit notamment d'encourager le transfert technologique du laboratoire au marché, d'augmenter la coordination entre le niveau fédéral et les états afin d'accroître l'application pratique des résultats de la recherche issus de la NNI, d'améliorer le développement de la main-d'oeuvre et de dégager d'autres avantages nationaux. Ils demandent également aux responsables de la NNI de continuer d'étudier les implications environnementales et sanitaires des nanotechnologies et ajoutent que "lorsque des effets nocifs pour les humains et l'environnement sont démontrés, des mécanismes réglementaires appropriés devraient être utilisés par les agences fédérales concernées".

On peut également lire dans le rapport qu'une coordination internationale solide visant à éviter les duplications superflues des efforts et à garantir une large diffusion de l'information devrait être encouragée, et que la mise en place d'une infrastructure à même de former un nombre adéquat de chercheurs et d'enseignants dans ce domaine est recommandée.

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