David Bocarra, étudiant à l'école d'ingénieur ESME Sudria, se passionne pour les drones et l'impression 3D. © David Boccara

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Les makers, ces nouveaux prodiges des écoles d'ingénieurs

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Des drones de course en passant par l'univers de la santé, David Boccara est un touche-à-tout qui se passionne pour la conception de prototype grâce à l'impression 3D. Voici le portrait de cet élève astucieux en quatrième année d'école d'ingénieur à l'ESME Sudria qui ne manque pas de bonnes idées.

David Boccara, 21 ans, est étudiant en quatrième année à l’ESME Sudria. Grâce aux infrastructures et à l'accompagnement de son école, ce touche-à-tout ingénieux a pu mener à bien ses nombreux projets. Des drones en passant par le domaine de la santé, il en a toujours un nouveau en cours. Il partage ses créations sur son site web, Boccara3D, son compte Instagram et avec la communauté des « maker ». Une belle réussite pour ce dyslexique qui a toujours fait son maximum pour assouvir sa curiosité insatiable.

David Boccara est un curieux qui essaye de trouver des solutions à chaque problème qu'il rencontre. © David Boccara

Futura : Depuis quand vous êtes passionné d'ingénierie ?

David Boccara : Depuis tout petit ! Ma famille travaille dans le milieu médical mais mon grand-père était ingénieur ; j'adorais construire et fabriquer des choses avec lui. Je suis dyslexique sévère mais ma mère m'a toujours poussé pour que je fasse des études longues plutôt que de m'orienter vers une filière professionnelle.

Vous vous qualifiez de « maker », de quoi s'agit-il ?

Le mot « maker » est récent. Il est lié au milieu industriel et du DIY (Do It Yourself, ndlr). Maintenant, on a accès à des connaissances et des machines très facilement, ce qui n'était pas possible avant. Le partage est aussi très important pour « un maker ». J'utilise beaucoup le FabLab de mon école, dirigé par Romain Astouric. D'ailleurs, c'est lui qui m'a permis d'intégrer l'ESME Sudria. C'est un endroit où l'on se retrouve pour partager nos idées et nos projets. On y apprend énormément.

Construisez-vous seul vos prototypes, ou faites-vous appel à des entreprises ?

À la base seul ou en groupe, au sein du FabLab. Évidemment, mon fonctionnement a ses limites. En ce moment, je construis un châssis pour un drone de course pliable. Je pourrais couper la tôle moi-même mais ce ne serait pas aussi résistant que si c'était fait par un professionnel. Je fais notamment appel à une entreprise chinoise pour les circuits imprimés. Je leur envoie le fichier informatique, puis je reçois le circuit tout fait et je suis sûr que ça marche. Mais quand je peux le faire moi-même, je le fais.

Un des nombreux drones construits par David. © David Boccara

Sur quel projet travaillez-vous en ce moment ?

J'ai beaucoup de projets en même temps, un peu trop même ! Je suis passionné de drone, j'ai notamment réalisé un drone géostabilisé qui transporte des boissons, du café pour être précis, sans les renverser. Plus récemment, j'ai travaillé sur un drone de surveillance autonome qui se pilote avec un système GPS et un ordinateur. Il possède un autopilote et est capable d'aller d'un point A et un point B seul. Je découvre également les drones de courses depuis peu et j'essaye d'en construire un qui peut aller à 150 km/h.

À côté de cela, je poursuis un projet plus sérieux, débuté lors d'un stage au CNRS, au cours duquel j'ai travaillé sur le retour sensoriel d'une prothèse pour les gens qui ont perdu leur bras. J'ai terminé ce prototype en collaboration avec l'équipe du CNRS après la fin de mon stage. Et puis, j'ai rencontré un chirurgien orthopédiste qui m'a parlé de la perte de sensibilité des membres inférieurs chez les patients atteints de diabète sévère ou de la maladie de Charcot. Cette perte de sensibilité est très handicapante car les malades n'arrivent plus à positionner leur pied correctement. L'idée est de faire un mapping informatique des pressions que subit le pied et de les intégrer à une semelle qui indiquera à la personne par des vibrations si son pied est bien posé ou non. C'est compliqué car il faut envoyer des vibrations au niveau de la partie sensible, certains patients le sont à partir du genou et d'autres pas.

J'aimerais aller plus loin en transformant les vibrations par des stimulations électriques pour que les gens posent le pied correctement de façon inconsciente. Mais je manque de connaissances médicales, je ne sais pas si ces stimulations électriques peuvent être interprétées par le cerveau. C'est pour cela que j'ai besoin de faire connaître ce projet.

 La vidéo de présentation du drone livreur de boisson réalisé par David. © David Boccara

Comment envisagez-vous votre futur ?

Le domaine militaire m'intéresse beaucoup mais j'ai peur qu'il me ferme des portes. Je vais bientôt débuter un stage chez Sopra Aerospace. L'année prochaine, je me spécialiserai dans les systèmes embarqués à l'école.

Article réalisé en partenariat avec les écoles du groupe IONIS dont fait partie l'ESME Sudria.

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