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Nanotubes de carbone : un espoir en immunothérapie

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Certains nanotubes pourraient être dangereux pour la santé mais d'autres pourraient servir à lutter contre le cancer comme semble le montrer une étude récente. Ils permettent en effet d'accélérer la production de lymphocytes T pendant un traitement d'immunothérapie adoptive.

La structure d'un nanotube de carbone est constituée d'un ou plusieurs feuillets de graphène enroulés. Crédit : cnano-rhone-alpes.org

On sait que les nanotechnologies sont porteuses de grands espoirs tout autant que de grandes craintes. Nanoparticules et nanotubes de carbone présentent en effet des risques pour la santé. On sait cependant aussi que ces nano-objets peuvent servir à transporter plus efficacement des substances actives dans les tissus et même au cœur des cellules pour lutter contre différentes maladies ou accélérer la récupération de certains dommages.

Depuis un certain temps, des chercheurs explorent les possibilités ouvertes par les nanotubes de carbone, ou, plus généralement, les nanoparticules, pour lutter contre certains cancers. Dans ce contexte, la découverte d'un groupe d'ingénieurs de l'Université de Yale est intéressante, bien qu'inattendue. Elle concerne l'immunothérapie adoptive.

Le principe de cette approche thérapeutique est simple. Notre corps possède naturellement des défenses contres les cellules cancéreuses, les lymphocytes T. Malheureusement, lorsqu'un cancer est dans un stade suffisamment avancé, la maladie elle-même fait chuter le nombre de ces globules blanc tueurs de cellules cancéreuses. Une des stratégies explorée, notamment pour lutter contre le mélanome, est de prélever du sang du patient pour mettre en culture des lymphocytes T, dont la multiplication n'est plus inhibée en dehors du corps du malade. Lorsqu'ils sont suffisamment nombreux, le sang est réinjecté au malade pour doper son système immunitaire.

Fixateurs d'antigènes

A la surprise des chercheurs, l'ajout de nanotubes de carbone dans l'échantillon de sang en culture accélère la multiplication des lymphocytes T d'un facteur trois ! Ce gain est loin d'être anecdotique car il faut des semaines pour obtenir suffisamment de ces globules blancs.

La raison semble être résider dans la structure géométrique de la surface des nanotubes, notamment ses défauts. Elle favorise une forte concentration des antigènes associés à ces lymphocytes, ce qui, à son tour, provoque une augmentation du rythme de production de ces cellules. Le phénomène était déjà connu avec des substrats en polystyrène recouverts de ces antigènes, mais il est ici beaucoup plus efficace.

Reste que les nanotubes présents dans le sang en culture peuvent créer des problèmes, comme des embolies, si le sang était réinjecté tel quel au patient. Les chercheurs travaillent donc sur le moyen d'éliminer ces nanotubes. S'ils réussissent, alors seulement cette technique pourrait être considérée comme une avancée dans le domaine de l'immunothérapie adoptive anti-tumorale.

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