Dans un document publié le 17 mai sur son site, la Nasa dévoile ses projets pour le futur de l'exploration spatiale en dressant une liste des objectifs scientifiques et technologiques à atteindre dans les prochaines années. Le but : paver la voie pour le potentiel débarquement d'astronautes sur Mars.


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    Bien qu'elle n'ait toujours pas lancé sa première mission lunaire Artemis, la Nasa commence déjà à orchestrer l'arrivée d'astronautes sur Mars. L'exploration humaine de la Planète rouge est considérée comme un jalon essentiel du futur de la conquête spatiale, l'excentrique milliardaire Elon MuskElon Musk certifiant l'arrivée des premiers colons martiens avant 2030. Dans cet objectif, l'agence spatiale américaine a publié le 17 mai 2022 un document détaillant en 50 points les objectifs à accomplir pour amorcer la ruée vers Mars. La liste est partagée en différentes parties : la conception de méthodes de transport et d'habitation, la création d'infrastructures spatiales ou encore les objectifs scientifiques et techniques à accomplir lors de missions vers la Lune ou Mars. 

    « <em>Artemis se prépare pour Mars</em> », tel que l'explique la Nasa dans cette infographie résumant les ambitions de l'agence spatiale. © Nasa
    « Artemis se prépare pour Mars », tel que l'explique la Nasa dans cette infographie résumant les ambitions de l'agence spatiale. © Nasa

    Préparer la colonisation de Mars 

    Avec ce document, la Nasa évoque son ambition de pérenniser la présence de l'Homme dans l'espace, et plus particulièrement sur la Lune et Mars. La liste dispose de plusieurs points portant sur la création et la mise en place de réseaux de transport, entre la Terre et les bases spatiales. Un relais pourrait ainsi être mis en place pour permettre le transfert de grandes quantités de matériel vers la Lune, nécessaire à la structuration d'un avant-poste permanent. La Nasa souhaite anticiper certains problèmes qui pourraient être rencontrés par les astronautes, à 300.000 kilomètres de la Terre. Le point n° 8 (TH-8) insiste sur la nécessité de concevoir un système capable de surveiller la santé des astronautes dans l'objectif de pouvoir apporter une assistance médicale rapide, si une évacuation d'urgence vers la Terre n'est pas réalisable. 

    Concept de la Gateway, station orbitale qui gravitera autour de la Lune. La Gateway servira à transférer les astronautes vers le sol lunaire lors des missions habitées Artemis. © Nasa, ESA
    Concept de la Gateway, station orbitale qui gravitera autour de la Lune. La Gateway servira à transférer les astronautes vers le sol lunaire lors des missions habitées Artemis. © Nasa, ESA

    Concernant la mise en place de telles infrastructures, les ambitions de l'agence spatiale américaine sont dignes de la série de science-fiction The Expanse. La Nasa souhaite construire un réseau électriqueréseau électrique sur la Lune, capable de fournir de l'énergie à une « échelle industrielle ». L'administration se veut plus mesurée en abordant la partie martienne du document : établir un réseau de communication permanent avec la Terre et un réseau électrique permettant l'autonomieautonomie d'une mission habitée vers la Planète rouge. 

    Le rapport explique que l'une des priorités de telles missions est de mener des expériences scientifiques à la surface de Mars et de la Lune. Les astronautes devront ainsi effectuer des relevés géologiques, permettant d'étudier l'évolution de notre satellite naturel et de la Planète rouge. Les futurs explorateurs rechercheront aussi des traces d'activité volcanique ou sismique, tout en prélevant des échantillons qui seront rapatriés sur Terre afin d'être soumis à des analyses plus exhaustives. 

    Artemis, l'étape avant Mars

    Les chances de voir un équipage humain débarquer sur Mars avant 2030 s'amenuisent. Le principal but de la Nasa, d'ici à 2027, est de mener à bien le programme Artemis. Ce dernier, lancé en 2018 sous l'administration de Donald Trump, doit permettre aux États-Unis de poser des astronautes sur la Lune, cinquante ans après la fin du programme ApolloApollo. Initialement, la mission habitée Artemis III devait être lancée en 2024. Mais les nombreux retards accusés par la Nasa ont déjà provoqué un report de cette date à 2025. La première mission du programme Artemis, qui testera les capacités de la nouvelle fusée Space Launch System (SLS) et la capsule OrionOrion, devrait être lancée durant l'été 2022, avec environ huit mois de retard. S'il est difficile de prédire si la Nasa réussira à tenir ces nouveaux délais, la date d'arrivée d'humains sur Mars pourrait néanmoins glisser au-delà de 2030.

    La nouvelle fusée lunaire, le SLS, devrait voler pour la première durant l'été 2022. Elle succède à la mythique Saturn V, lanceur utilisé durant le programme Apollo, de 1969 à 1972. © Nasa
    La nouvelle fusée lunaire, le SLS, devrait voler pour la première durant l'été 2022. Elle succède à la mythique Saturn V, lanceur utilisé durant le programme Apollo, de 1969 à 1972. © Nasa

    En attendant, les deux rovers CuriosityCuriosity et PerseverancePerseverance continuent de sillonner les plaines désertiques de la Planète rouge. Ces derniers fournissent régulièrement de nouvelles images et données de Mars. L'opportunité pour les chercheurs d'en apprendre plus sur l'histoire de la planète, son habitabilité passée et de potentielles traces de vie, lorsque l'eau était présente à sa surface, il y a 3 milliards d'années.