La Chine étudie la possibilité d’utiliser des bombes nucléaires en orbite basse afin de former un nuage radioactif suffisamment vaste pour endommager, voire paralyser ou détruire plusieurs satellites. Tirant les leçons de la guerre russo-ukrainienne, la Chine envisagerait d’utiliser ces armes contre la constellation Starlink qui pourrait aider Taïwan lors d’une invasion chinoise.

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Il y a quelques jours, nous avons appris que des chercheurs du Northwest Institute of Nuclear Technology, dirigé par l'Armée populaire de libération (Chine), avaient mis au point un modèle permettant d'estimer la portée et l'ampleur des dommages, avec une précision et des détails sans précédent, qu’une arme nucléaire antisatellites pourrait causer à différentes altitudes. Selon ces chercheurs, une ogive de 10 mégatonnes pourrait constituer une grave menace pour les satellites si elle explosait à une altitude de seulement 80 kilomètres. Une simulation numérique a validé et confirmer leurs travaux et modèle.

D'après ces chercheurs, une explosion nucléaire à cette altitude transformerait les molécules d'air en particules radioactives. Le nuage généré pourrait atteindre une altitude de près de 500 kilomètres et s'étendre sur une zone de plus de 140 000 kilomètres carrés. Le rayonnement résiduel induit pourrait provoquer des dysfonctionnements mineurs et majeurs, voire conduire à la perte des satellites qui le traverseraient.

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Des chercheurs chinois ont estimé les dommages que causerait une arme nucléaire antisatellites en orbite basse. © James Thew, Adobe Stock
Des chercheurs chinois ont estimé les dommages que causerait une arme nucléaire antisatellites en orbite basse. © James Thew, Adobe Stock

La constellation Starlink dans le viseur des militaires chinois

Une telle arme nucléaire antisatellites permettrait à la Chine de paralyser ou de détruire plusieurs satellites d’une constellation par exemple, la rendant difficilement utilisable. L'impact sur son fonctionnement serait bien plus significatif que l'utilisation de missiles antisatellites qui ne peuvent neutraliser qu'un nombre limité de cibles. À cela s'ajoute que la perte de quelques satellites n'aurait pas un grand impact sur les opérations de la constellation. A contrario, les débris générés pourraient également toucher des satellites chinois ou amis.

Cette technique et ces bombes nucléaires pourraient être utilisées contre les satellites Starlink de SpaceX. Depuis la mise en service de cette constellation, la Chine l'a toujours jugé hostile à ces intérêts. Et la situation ne s'est pas arrangée avec le conflit armé qui oppose la Russie à l’Ukraine. Elle est devenue un sujet de préoccupation majeur pour les responsables politiques et militaires chinois depuis qu'ils ont pris conscience de ses redoutables capacités militaires : les forces armées ukrainiennes l’utilisent pour calculer la trajectoire de leurs missiles et géolocaliser leurs cibles, piloter des drones et sécuriser leur communication notamment.

Or, le président chinois Xi Jinping, qui vient d’obtenir un troisième mandat, a fait de l’annexion de Taïwan une priorité absolue pour le Parti communiste chinois. La Chine voit donc d’un très mauvais œil cette constellation qui pourrait soutenir l’île de Taïwan en cas d’invasion chinoise.