Décollage du lanceur Long March 5 avec à son bord la mission Tianwen-1 à destination de Mars. © CNSA, Global Times
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Tianwen-1 : lancement réussi de l'ambitieuse mission chinoise vers Mars

ActualitéClassé sous :Mars , exploration martienne , étude de Mars

[EN VIDÉO] Pourquoi les lancements vers Mars ne peuvent se faire que tous les 26 mois ?  Lancer un engin vers Mars, ce n’est pas facile. Il ne suffit pas d’attendre que notre Terre soit au plus près de la planète rouge... explications en vidéo ! 

La Chine a lancé ce matin la mission Tianwen-1 à destination de la planète Mars qu'elle atteindra en février 2021. 

Tôt ce matin, la sonde chinoise Tianwen-1 a été lancée en direction de la planète Mars pour un voyage long de sept mois. La sonde a décollé à bord d'un lanceur Long March 5 du centre spatial de Wenchang, située sur l'île de Hainan à 06 h 41, heure de France. Tianwen-1 doit arriver autour de Mars en février 2021 et s'installer sur une orbite elliptique avec un périgée à 265 kilomètres et un apogée à quelque 12.000 kilomètres. L'atterrissage du rover est prévu en avril dans d'Utopia Planitia, une vaste plaine de l'hémisphère Nord de Mars où des observations radar ont indiqué la présence de vastes quantités de glace sous la surface.

Cette seconde mission martienne de la Chine est très ambitieuse car elle prévoit l'atterrissage d'un rover et la mise en orbite autour de la planète d'une sonde. Neuf ans plus tôt, la sonde russe Phobos-Grunt, qui embarquait le petit orbiter chinois Yinghuo-1, avait raté son départ de Terre. L'orbiteur, qui embarque sept instruments, est conçu pour fonctionner pendant au moins une année martienne, soit deux ans. Quant au rover, il devrait rouler sur la planète pendant au moins 90 jours et dispose de six instruments.

Une mission scientifique annoncée comme ambitieuse

Tianwen-1 bénéficie de l'héritage technique du programme d'exploration lunaire chinois avec trois sondes et deux rovers sur la Lune, dont un est actuellement en activité sur la face cachée. Cela dit, malgré d'indéniables avancées technologiques et une politique cohérente de rattrapage dans les technologies spatiales, les Chinois ont tout de même été contraints de solliciter une assistance étrangère pour le bon déroulement de la mission et la fourniture d'instruments scientifiques. Il faut se rappeler que sur la quarantaine de missions lancées vers la Planète rouge depuis le début de la conquête spatiale, plus de la moitié ont échoué. Un peu d'aide de spécialistes étrangers n'est donc pas une si mauvaise idée que cela.

Comme pour la sonde Hope des Émirats arabes unis, les objectifs scientifiques de la mission sont annoncés comme élevés et focalisés sur une grande variété thématique (morphologie, géologie, structure interne minéralogie, eau, atmosphère, environnement spatial).

Pour en savoir plus

La Chine part à la conquête de Mars avec le rover Tianwen-1 demain

Article de Emma Hollen publié le 22/07/2020

L'été 2020 s'annonce particulièrement propice aux lancements des missions martiennes. Ce jeudi, c'est la mission chinoise Tianwen-1 qui prévoit de quitter le plancher des vaches pour rejoindre la Planète rouge.

Le rover Hope des Émirats arabes unis et celui baptisé Perseverance par la Nasa ne seront pas les seuls à se rendre sur Mars ce mois-ci. La Planète rouge se trouvera en effet en opposition avec la Planète bleue vers la fin de l'année : elle, la Terre et le Soleil seront alors dans le même alignement, et Mars sera au plus proche de la Terre. Leurs positions respectives permettront par ailleurs aux missions de suivre une trajectoire optimale pour se rendre sur place. Les orbites asynchrones de la Terre et de Mars impliquent que les fenêtres de tir avantageuses sont rares, généralement espacées de deux ans. Mais l'année 2020 offre des conditions particulièrement propices pour les agences spatiales, qui ne connaîtront pas de nouvelle chance comme celle-ci avant 2033.

Trajectoire typique d'une mission vers Mars (ici, la mission Insight, lancée en 2018). © Phoenix7777, Wikipedia

La Chine se lance sur Mars

C'est pourquoi la première mission martienne entièrement conçue en Chine devrait se joindre au mouvement ce jeudi si tout se déroule comme prévu. Baptisée Tianwen-1 (un nom tiré d'un poème du VIe siècle avant notre ère, et signifiant littéralement « questions adressées au paradis »), elle se compose d'une sonde, d'un atterrisseur et d'un rover. Les appareils devraient se placer en orbite martienne en février 2021, avant que l'atterrisseur et le rover ne soient envoyés à la surface, dans la plaine Utopia Planitia, deux à trois mois plus tard.

L'ESA, le Cnes, et les agences spatiales argentine (Conae) et autrichienne (FFG) ont apporté leur soutien au lancement de la mission Tianwen-1. © CNSA

Rendez-vous dans l'Utopia Planitia

La région sélectionnée par l'Agence spatiale chinoise possède plusieurs avantages notables pour le bon fonctionnement de la mission. Premièrement, l'atterrisseur devra traverser une plus grande couche d'atmosphère avant d'atteindre le fond du cratère d'impact formant Utopia Planitia (jusqu'à cinq kilomètres de profondeur), bénéficiant ainsi d'un temps supplémentaire pour ralentir sa chute. Deuxièmement, la zone possédera une exposition au Soleil suffisante pour alimenter les batteries du rover. Enfin, le terrain plat offrira une zone d'exploration idéale au robot, qui sera en opération pendant 90 jours martiens, équivalent chacun à 24 heures et 37 minutes sur Terre. Au programme : étude de la géologie martienne, analyse des sols et de la distribution d'eau glacée, mesure de l'ionosphère et des champs gravitationnels et magnétiques.


La Chine va lancer sa première mission d'exploration de Mars en juillet

Article de l'AFP-Relaxnews, publié le 25 mai 2020

La Chine investit des milliards d'euros dans son programme spatial et vise la Planète rouge avec une première mission baptisée « Tianwen ». Elle prévoit d'envoyer, en juillet, une sonde et un petit robot pour y mener des analyses.

La Chine prévoit de lancer en juillet une sonde et un petit robot téléguidé vers Mars, sa première mission en direction de la Planète rouge, a annoncé le promoteur du projet. Le pays investit des milliards d'euros dans son programme spatial : il lance des satellites, prévoit d'envoyer des Hommes sur la Lune, et vient courant mai de lancer un nouveau vaisseau.

« Notre objectif était d'envoyer la sonde vers Mars courant 2020, a indiqué la China Aerospace Science and Technology Corporation (CASC). Ce grand projet avance comme prévu et nous visons un lancement en juillet », a-t-elle souligné dimanche dans un communiqué.

L'atterrisseur du rover martien de la Chine testé dans des conditions simulant la gravité martienne. © Andy Wong, AP, SIPA

Tianwen, la première mission chinoise à destination de Mars

Il faudrait sept mois pour parcourir la distance Terre-Mars et la sonde chinoise n'arrivera pas à destination avant 2021. La distance change constamment mais est au minimum de 55 millions de kilomètres. Baptisée Tianwen (Questions au ciel), la mission chinoise a trois objectifs : placer en orbite martienne une sonde, la faire atterrir sur la Planète rouge, puis téléguider à la surface un robot pour y mener des analyses. La Chine a déjà réalisé une opération similaire sur la Lune, où elle a déposé dès 2013 un petit « rover » téléguidé à roues (baptisé Lapin de jade), puis son successeur en janvier 2019 (sur la face cachée de l'astre lunaire, une première mondiale).

Le pays asiatique n'est pas le seul sur le créneau des missions martiennes. Les États-Unis, qui ont déjà envoyé quatre véhicules exploratoires sur Mars, doivent lancer entre juin et août leur cinquième (nommé Perseverance). Il devrait arriver vers février 2021. Les Émirats arabes unis vont lancer le 15 juillet la première sonde arabe en direction de la Planète rouge, depuis le Japon. Par contre, la mission russo-européenne ExoMars, victime de difficultés techniques aggravées par l'épidémie de Covid-19 et qui espérait lancer cet été un robot vers Mars, a été reportée à 2022.


La Chine dévoile des informations inédites sur sa mission martienne de 2020

Article de Rémy Decourt, publié le 26 août 2016

Après le lancement d'un satellite qui embarque un système de communication quantique, la Chine a profité de cette exposition médiatique internationale pour lever le voile sur sa première mission martienne. Quelques images de synthèse et une brève présentation d'un des responsables de la mission ont suffi pour susciter un vif intérêt en raison d'objectifs scientifiques passionnants et à la clé une course avec la Nasa qui s'ouvre...

La Chine qui depuis son premier vol habité réalisé en octobre 2003 est devenue une puissance spatiale de premier plan s'éloigne encore plus de la Terre. Après la Lune en 2013, elle met le cap à destination de Mars et vise un atterrissage en 2021. On rappellera que la République populaire de Chine a d'abord tenté de rejoindre la Planète rouge à bord de la sonde russe Phobos-Grunt sur laquelle se trouvait l'orbiteur chinois Yinghuo-1. Malgré un lancement parfait le 8 mars 2011, cette sonde n'a jamais réussi à quitter l'orbite terrestre pour rejoindre Mars. En janvier 2012, elle est retombée dans l'océan Pacifique.

A présent, la Chine vient de publier quelques images de synthèse de cette future mission martienne qu'elle compte lancer en 2020. Ces clichés, au-delà de l'aspect ludique, nous renseignent sur le profil et l'architecture de la mission. À cela s'ajoute qu'en marge de cette publication, Zhang Rongqiao, un des responsables de la mission, a profité de l'occasion pour donner quelques détails intéressants que nous synthétisons ci-dessous.

Pour une première mission à destination de Mars, avec un orbiteur, un atterrisseur et un rover, la première puissance économique mondiale n'a pas vraiment choisi la simplicité. Si la mission ExoMars 2016 de l'Agence spatiale européenne a la même architecture, la Nasa, qui lance une mission à chaque fenêtre de tir a pris le parti de lancer soit un orbiteur, soit un engin de surface (lander ou rover). Bien que la Chine ait réussi à poser avec succès un petit rover sur la Lune (décembre 2013), atterrir sur Mars est autrement plus difficile. Sans surprise, le site d'atterrissage se situera près de l'équateur, là où les conditions atmosphériques pour se poser sont les plus favorables.

Courte vidéo qui résume le voyage du rover chinois, de son départ de la Terre à ses premiers tours de roue sur la planète Mars. © CCTV America

2020, grande année de lancements à destination de Mars

Cette mission martienne sera lancée lors lors de la fenêtre de tir de 2020, à l'été en vue d'un atterrissage au printemps 2021. Cette fenêtre de tir verra également le décollage des rovers Mars 2020 de la Nasa et d'ExoMars 2020 de l’Esa ainsi que de la mission Hope des Émirats arabes unis. Il s'agit d'un orbiteur dédié à la météorologie martienne qui viendra compléter les données de la sonde Maven, de la Nasa.

Compte tenu d'un grand nombre d'instruments, les objectifs scientifiques sont nombreux et variés. Les plus excitants sont ceux qui font le pari de rechercher des signes de vie possibles ou des processus biologiques qui accréditeraient cette hypothèse. Le rover (200 kg environ) emportera 13 instruments qui lui permettront, entres autres, de photographier, d'étudier la composition du sol et de fournir des informations sur l'environnement proche et l'atmosphère. Il recherchera également des traces d'eau à l'état solide, voire gazeux ou liquide et un radar sondera le sous-sol afin d'obtenir des indices sur le passé de la planète. Quant à l'orbiteur, il se focalisera notamment sur l'atmosphère martienne et le méthane qui peut s'y trouver.

Battre la Nasa sur le fil

Alors qu'on doit aux Russes et aux Américains la plupart des grandes premières spatiales, la mission de retour d’échantillons martiens se fait toujours attendre. Et si la Nasa, qui a cet objectif en point de mire depuis plusieurs années, se faisait souffler la vedette ?

Vu la vitesse à laquelle la Chine rattrape son retard technologique, il y a fort à parier que vient de s'engager une course entre ces deux agences spatiales. La Nasa comme la CNSA visent toutes les deux le début de la décennie 2030. Avec sa mission Mars 2020, la Nasa devrait prendre un peu d'avance. En effet, elle prévoit de déposer dans des conteneurs quelques précieux grammes du proche sous-sol martien. Quant aux Chinois, cette première mission martienne leur servira à démontrer un certain nombre de technologies nécessaires à ce retour d'échantillons sur Terre.

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