La planète Mars se présente aujourd’hui à nous comme un monde désertique. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Pour expliquer comment l’eau qui coulait sur la Planète rouge il y a des milliards d’années a disparu, des chercheurs de l’Institut de technologie de Californie (Caltech, États-Unis) suggèrent aujourd’hui un piégeage par la croûte martienne. © rtype, Adobe Stock
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Mars : les chercheurs ont trouvé où se cache toute l'eau qui lui reste

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[EN VIDÉO] Mais où est passée l’eau martienne ?  De l’eau a coulé à la surface de Mars. Des traces de ruissellements et des analyses en témoignent. Mais comment cette eau a pu disparaître ? Comment cette planète est-elle devenue le monde désertique que nous connaissons actuellement ? Discovery Science nous propose une réponse en vidéo. 

Il y a eu beaucoup d'eau sur Mars. Les astronomes en sont convaincus. Mais peut-être devrait-on dire : il y a toujours beaucoup d'eau sur la Planète rouge. Car, selon de nouvelles données, l'eau qui coulait en abondance sur Mars il y a des milliards d'années a été piégée dans la croûte de la planète.

Mars nous apparait aujourd'hui comme un monde désertique. Mais les astronomes estiment qu'il y a des milliards d'années, de l'eau coulait en abondance sur la Planète rouge. Tant et si bien que toute la planète aurait pu être recouverte d'un océan d'environ 100 à 1.500 mètres de profondeur. L'équivalent de la moitié de notre océan Atlantique. Et pour expliquer la disparition de cette eau, les chercheurs blâment généralement la faible gravité qui règne sur Mars. Elle aurait permis à l'eau de tout simplement s'échapper vers l'espace.

De nouvelles données montrent cependant que ce phénomène de « fuite atmosphérique » ne rend pas compte de la majeure partie de l'eau disparue de la surface de Mars. Elles suggèrent au contraire qu'entre 30 et 99 % de l'eau qui coulait par le passé sur la Planète rouge s'y trouve toujours. Piégée dans les minéraux de la croûte martienne.

Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs de l’Institut de technologie de Californie (Caltech, États-Unis) ont croisé les données recueillies par plusieurs missions martiennes de la Nasa. Ils les ont aussi rapprochées d'observations par des télescopes et des travaux en laboratoire sur les météorites. Leur idée : étudier la quantité d'eau présente sur Mars, quelle que soit sa forme (vapeur, liquide ou gaz) au fil du temps ainsi que la composition chimique de l'atmosphère et de la croûte de la Planète rouge.

Une vue d’artiste de ce à quoi la planète Mars a pu ressembler par le passé. © Ittiz, Wikipedia Commons, CC by-sa 3.0

Un défaut de recyclage

C'est plus précisément le rapport deutérium sur hydrogène qui leur a mis la puce à l'oreille. Rappelons que le deutérium est une forme lourde de l'hydrogène. Il a donc moins tendance à s'échapper de l'atmosphère d'une planète par manque de gravité que l'hydrogène. De fait, si une planète perd de l'eau via sa haute atmosphère, le processus laisse un signe révélateur sur le rapport deutérium sur hydrogène de ladite atmosphère. Elle concentrerait plus de deutérium que « la normale », soit 0,02 %.

Or le rapport deutérium sur hydrogène mesuré par les astronomes et l'hypothèse qu'une grande quantité d'eau coulait par le passé sur Mars ne correspondent pas. Et, selon les chercheurs, l'état actuel de Mars ne peut s'expliquer que si l'on considère que de l'eau est restée piégée dans les minéraux de sa croûte.

Sur Terre aussi, l'eau est piégée par les roches. Sous la forme d'argiles ou d'autres minéraux hydratés. Mais la vieille croûte terrestre fond continuellement dans le manteau et forme une nouvelle croûte aux limites des plaques tectoniques, recyclant l'eau -- et d'autres molécules -- dans l'atmosphère par le volcanisme. Sur Mars, en revanche, pas de plaques tectoniques pour contrebalancer le « séchage » de surface. Les chercheurs attendent désormais avec encore plus d'impatience les informations que leur apportera Perseverance, le rover de la Nasa qui s'est posé sur Mars il y a un mois.

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