Le cratère Jezero, dont on peut voir les traces d'un ancien delta et lac, sera le site d'atterrissage du rover Mars 2020. © Nasa, JPL-Caltech, MSSS, JHU-AP

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Mars 2020 : la Nasa a dévoilé le site où le rover cherchera des traces de vie

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La Nasa vient d'annoncer que le rover Mars 2020 atterrira dans le cratère Jezero où l'équipe de la mission est convaincue que ce site abrite de nombreux fossiles de micro-organismes, s'ils ont existé bien évidemment. La Nasa a également ouvert la voie à une méga-mission ! En effet, à la fin de sa mission initiale, le rover sera vraisemblablement dirigé vers Midway, autre site propice à la découverte de traces de vie. L'intérêt d'explorer deux sites aux caractéristiques géologiques différentes augmentent le retour scientifique ; c'est aussi une stratégie pragmatique en vue du retour des échantillons que va collecter le rover. En effet, plusieurs points de collecte sont prévus qui sont autant d'options possibles pour le rover qui viendra les récupérer. Nos explications sur cette méga-mission avec Cathy Quantin-Nataf, directrice de l'équipe ERC e-Mars, en charge de la sélection du site d'atterrissage du rover ExoMars 2020.

La Nasa a choisi le cratère Jezero comme site d'atterrissage du rover Mars 2020. Ce rover doit quitter la Terre en 2020, à l'intérieur d'une fenêtre de lancement qui s'ouvre le 17 juillet et se ferme le 5 août 2020. Il a pour principaux objectifs la recherche directe de signes d'une vie microbienne passée, de collecter des échantillons qui seront récupérés par une autre mission, et de préparer l'arrivée d'une première mission habitée sur la planète rouge. Son atterrissage sur Mars est prévu en février 2021.

Il se posera donc à l'intérieur du cratère Jezero qui possède un environnement d'intérêt pour l'exobiologie ainsi que pour sa diversité géologique. Des quatre sites en compétition, le cratère Jezero était aussi le préféré de l'équipe scientifique du projet. Celle-ci avait également proposé à la Nasa une méga-mission alliant non pas un site, mais deux ! Une stratégie inédite rendue possible par la confiance qu'inspire Curiosity, qui roule depuis maintenant plus de 6 ans sur la planète, et dont la conception du rover Mars 2020 s'inspire avec néanmoins des améliorations supplémentaires.

Le rover Mars 2020 embarquera 21 instruments et 23 caméras. Ce rover filmera et photographiera en plusieurs dimensions comme aucune autre mission sur Mars auparavant. © Nasa, JPL-Caltech

Mars 2020 : deux sites pour maximiser le retour scientifique

Concrètement, Mars 2020 va d'abord atterrir à l'intérieur du cratère Jezero puis, à la fin de sa mission initiale, rejoindra Midway, un site qui possède également un environnement d'intérêt pour l'exobiologie et offre une grande diversité géologique. Distant d'une vingtaine de kilomètres du cratère Jezero, plusieurs mois seront nécessaires pour le rejoindre.

Le cratère Jezero était autrefois, il y a environ 3,5 milliards d'années, un lac drainant les cours d'eau provenant d'un bassin d'environ 15.000 Km². De nombreux fossiles de micro-organismes, s'ils ont existé, pourraient se retrouver piégés dans ses couches argileuses. Quant à Midway, ce site a la particularité d'avoir des couches géologiques, qui ne sont pas les éjectas du cratère, encore plus anciennes que celles de Jezero. Elles sont très diversifiées dans leur composition et certaines sont riches en olivine et carbonate. Une association de matériaux qui, sur Terre, est très favorable à la vie.

Des échantillons pour mieux dater l’histoire de Mars

Bien qu'ils soient tous les deux favorables à la recherche de bio-signatures et de preuves potentielles d'une vie passée, Midway et Jezero ont été façonnés par des processus géologiques différents. Une stratégie qui optimisera le retour scientifique et la collecte des échantillons en les prélevant depuis plusieurs endroits différents. Elle a aussi comme intérêt d'offrir plusieurs lieux de collecte et donc, d'option, pour la future mission qui viendra récupérer ces échantillons pour les retourner sur Terre.

Si la recherche d'une forme de vie éteinte est le principal objectif de l'étude de ces échantillons, la datation est l'un des grands intérêts scientifiques de ce retour d'échantillons martiens. Il faut savoir que les âges donnés sur Mars sont établis grâce à la méthode empruntée à la Lune et basée sur le nombre de cratère au kilomètre carré. Cette méthode part du principe que, plus un terrain est ancien, plus il est cratérisé. Elle a permis d'établir trois grandes périodes martiennes, le Noachien, l'Hespérien et l'Amazonien (périodes classées de la plus ancienne à la plus récente), elles-mêmes divisées en sous périodes. Mais, si elle est assez précise pour dater l'histoire de la Lune, cette méthode appliquée à Mars comporte beaucoup de biais. L'erreur de datation peut donc être très importante. Ainsi pour les périodes de l'histoire martienne entre 1 et 2 milliards d'années, l'incertitude peut être d'un milliard d'années ! Par contre, autour des quatre milliards d'années, cette incertitude est moins grande (quelque 200 à 300 millions d'années).

Note

Cet article a été écrit avec l'éclairage scientifique de Cathy Quantin-Nataf, professeure à l'université Lyon 1 et chercheuse au Laboratoire de Géologie de Lyon. Elle est aussi directrice de l'équipe ERC e-Mars, en charge de la sélection du site d'atterrissage du rover ExoMars 2020 de l'Agence spatiale européenne.

  • Le rover Mars 2020 atterrira dans le cratère Jezero en février 2021.
  • Ce cratère abritait autrefois un ancien delta et lac.
  • Une méga-mission, alliant deux sites, est en phase de faisabilité.
  • À la fin de sa mission initiale, le rover devrait partir explorer Midway, un site distant d'une vingtaine de kilomètres. 
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