Ce jeudi 3 juin, la Nasa enverra des bébés calamars et des tardigrades à bord de l’ISS pour des expériences scientifiques qui amélioreront les conditions de vie dans l'espace. La mission de réapprovisionnement de SpaceX décollera du Centre spatial Kennedy en Floride.

SpaceX prévoit sa 22e mission de réapprovisionnement ce jeudi le 3 Juin à 13 h 29 EST (19 h 29 heure de Paris). Elle partira du Centre spatial Kennedy et apportera des fournitures : quelque 5.000 tardigradestardigrades et 128 calamarscalamars Bobtail dans le cadre d'expériences de recherche. 

Leur but sera d'observer leur tolérance à l'environnement spatial et comment le manque de gravité affecte les relations symbiotiques entre les microbesmicrobes et leur hôte.

Étudier la résistance des tardigrades dans l’espace

Les tardigrades, ou oursons d'eau, sont des êtres microscopiques hyper-résistants que l'on rencontre un peu partout. Rien ne les effraie : ils survivent à des rayonnements des milliers de fois plus importants que nous, à des pressionspressions équivalentes à six fois celles des profondeurs de l’océan. La température ne leur pose pas de problème non plus, que ce soit à -200 ºC ou à +150 ºC, ils s'en sortent.

Ils ont même survécu à des périodes prolongées dans l'espace sans protection alors que, si par malheur, il nous arrivait la même chose, tout l'air de nos poumonspoumons sortirait, les tympanstympans et les capillaires se briseraient, le sang bouillirait et l'ADNADN serait détruit. Ses capacités incroyables font de l'animal un sujet d'étude populaire.

Le saviez-vous ?

Pour survivre, les tardigrades entrent dans un état déshydraté ressemblant à la mort qu'on appelle cryptobiose. Leur activité métabolique est considérablement réduite, jusqu'à 0.01 % de la normale. Puis, en présence d’eau, ils revivent !

Le but des expériences de la Nasa sera d'examiner les processus d'adaptation des tardigrades à la vie en orbite, et ainsi mieux comprendre les contraintes auxquelles les humains font face pour mieux les contrer. Étudier leur biologie moléculairebiologie moléculaire sur du court et long-terme (sur plusieurs générations) permettra de comprendre les mécanismes génétiquesgénétiques qui sont derrière cette adaptation au stressstress. Par exemple, si les chercheurs trouvent que les tardigrades produisent beaucoup d'antioxydantsantioxydants, cela voudra dire qu'il faut en intégrer davantage dans le régime alimentaire des astronautes pour leur santé.

Un tardigrade, l'animal le plus résistant sur Terre. © Adobe Stock
Un tardigrade, l'animal le plus résistant sur Terre. © Adobe Stock

Étudier les effets de la microgravité sur la relation symbiotique entre les microbes bénéfiques et les calamars

Certaines bactériesbactéries sont nécessaires pour un système digestif et immunitaire en bonne santé, notamment le microbiote intestinal. L'étude UmamiUmami (Understanding Microgravity on Animal Microbe Interactions) vise à mieux comprendre les effets d'un voyage dans l'espace sur les interactions chimiques et moléculaires entre les microbes et leurs hôtes, et utilisera à ce but des calamars Bobtail, ou Euprymna scolopes.

Calamars Bobtail immatures utilisés pour l'étude des relations symbiotiques avec la bactérie Vibrio fischeri. © Jamie S. Foster, <em>University of Florida</em>, Nasa
Calamars Bobtail immatures utilisés pour l'étude des relations symbiotiques avec la bactérie Vibrio fischeri. © Jamie S. Foster, University of Florida, Nasa

Ces derniers sont les modèles parfaits car ils possèdent un organe lumineux spécial à l'intérieur du corps qui peut être colonisé par une espèceespèce de bactéries luminescentes, Vibrio fischeri, grâce à laquelle ils brillent dans le noir. Le fait que ce soit une seule espèce de microbe dans un seul type de tissu simplifie le suivi de l'évolution de la symbiose. En plus, leur système immunitairesystème immunitaire est similaire à celui des humains.

Comprendre comment le microbiomemicrobiome change dans l'espace permettra d'assurer la protection de la santé des astronautesastronautes, mais aussi de faire des découvertes dont on pourrait profiter sur Terre pour notre bien-être.