C'est inimaginable ! Un nouveau record de rapidité a été battu pour rejoindre la station spatiale internationale située en orbite à 408 kilomètres de la Terre ! Grâce à un nouveau système de guidage de fusée russe Soyouz, il n'a fallu que trois petites heures à l'équipage pour effectuer ce vol qui est le plus court jamais accompli.

 

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] ISS : visitez la prodigieuse Station spatiale internationale La Station spatiale internationale (ISS) est en orbite depuis 1998. Bien qu’elle ait déjà faitnull

Un vaisseau SoyouzSoyouz transportant une astronauteastronaute américaine et deux cosmonautescosmonautes russes s'est arrimé mercredi à la Station spatiale internationaleStation spatiale internationale (ISS) après un voyage effectué en à peine à trois heures, un nouveau record de rapidité.

Parti à 05 h 45 GMTGMT du cosmodrome russe de BaïkonourBaïkonour, au Kazakhstan, le vaisseau Soyouz MS-17 dans lequel avaient pris place Kathleen Rubins, Sergueï Ryjikov et Sergueï Koud-Svertchkov s'est amarré à la Station orbitaleorbitale à 08H48 GMT.

« Un nouveau record a été établi (...) Le temps total entre le lancement et l'amarrage du Soyouz était de 3 heures et 3 minutes », a salué dans un communiqué l'agence spatiale russe RoskosmosRoskosmos quelques minutes après cet arrimage à la Station, en orbiteorbite à 408 kilomètres au-dessus de la TerreTerre.

Arrivés en avance sur l'horaire prévu ! 

« Trois heures et trois minutes », a de son côté écrit sur TwitterTwitter le patron de Roskosmos, Dmitry Rogozine, pour saluer ce nouveau record. Le vaisseau des trois scientifiques est arrivé quatre minutes avant l'heure prévue. Les vols les plus rapides vers l'ISS mettaient jusqu'à présent six heures environ. Cette nouvelle performance est rendue possible grâce à un nouveau système de guidage permettant de rejoindre l'ISS en seulement deux orbites, contre au moins trois auparavant. Ce système avait été testé en avril 2019 avec un vaisseau Progress, utilisé pour ravitailler en matériel la Station internationale.

Les trois scientifiques ont rejoint sur la Station orbitale les occupants actuels Chris Cassidy (NasaNasa), Anatoli Ivanichine et Ivan Vagner (Roskosmos), dont le retour sur Terre est programmé le 22 octobre. Des précautions particulières ont été prises en cette période de pandémiepandémie mondiale de coronaviruscoronavirus, y compris une quarantaine renforcée pour les trois cosmonautes pour écarter tout risque d'importer le Covid-19 sur la station.

« On a une quarantaine très stricte, presque depuis mars pour moi », a déclaré Kathleen Rubins durant la conférence de presse pré-lancement, ajoutant que les cosmonautes étaient testés très régulièrement.

La fin d'un monopole des voyages spatiaux

Ce décollage d'une fuséefusée russe vers l'ISS est le premier depuis le lancement réussi de la fusée américaine SpaceX, le 30 mai dernier depuis le centre spatial Kennedy (Floride), qui a mis fin à un monopole russe de neuf ans sur les vols habités à destination de la Station. Le prochain vol de SpaceXSpaceX vers l'ISS aura lieu le mois prochain : il emportera trois Américains et un Japonais sur la station.

Marqué par plusieurs lancements ratés ces dernières années et des scandales de corruption à répétition, le secteur spatial russe va devoir se réinventer pour surmonter la fin de ce monopole qui lui porteporte un coup sévère. D'une part parce que Roskosmos facturait chaque place vers l'ISS environ 80 millions de dollars, mais d'autre part, aussi parce que l'espace russe souffre d'un manque criant d'innovations que ces lancements parvenaient à cacher.

L'ISS est néanmoins l'un des rares domaines où la coopération entre Russes et Occidentaux fonctionne toujours et les cosmonautes partis mercredi ont préféré mettre l'accent sur la capacité des voyages spatiaux à rassembler des nations rivales pour une cause commune. « On ne choisit pas sa date de lancement ou ce qui se passe sur la Station mais je me sens certainement incroyablement chanceuse », a seulement affirmé Kathleen Rubins, évitant d'évoquer SpaceX et la nouvelle ère qui s'annonce.

La fusée Soyouz MS-17 avant son décollage à Baïkonour, au Kazakhstan, le 11 octobre 2020. © Handout, <em>Russian Space Agency</em>, Roscosmos, AFP, Archives
La fusée Soyouz MS-17 avant son décollage à Baïkonour, au Kazakhstan, le 11 octobre 2020. © Handout, Russian Space Agency, Roscosmos, AFP, Archives

Deuxième mission pour l'Américaine qui se dit « incroyablement chanceuse »

Ce lancement a une résonancerésonance particulière pour Kathleen Rubins, dont c'est la deuxième mission dans l'espace et qui fête mercredi ses 42 ans. Microbiologiste de formation, elle a notamment travaillé sur le virusvirus Ebola avant d'être sélectionnée pour devenir une astronaute. Sergueï Ryjikov est lui un pilote militaire de formation et le plus expérimenté des trois : il a déjà passé 173 jours dans l'espace, contre 115 pour Kathleen Rubins. Quant à Sergueï Koud-Svertchkov, 37 ans, c'est son premier vol.

À l'ombre de cette coopération, le patron de Roskosmos, Dmitri Rogozine, a annoncé cette semaine que la Russie ne participera sans doute pas à la future station en orbite autour de la LuneLune que les États-Unis prévoient d'assembler à partir de 2023. La Lunar GatewayGateway « dans sa forme actuelle est trop américano-centrée », a-t-il annoncé lundi.

Photo diffusée le 14 octobre 2020 par le cosmonaute russe Ivan Vagner à bord de l'ISS montrant le décollage depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, de la fusée Soyouz MS-17 transportant l'astronaute américaine Kathleen Rubins et les cosmonautes russes Sergueï Ryjikov et Sergueï Koud-Svertchkov. © Handout - Russian Space Agency Roscosmos/AFP
Photo diffusée le 14 octobre 2020 par le cosmonaute russe Ivan Vagner à bord de l'ISS montrant le décollage depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, de la fusée Soyouz MS-17 transportant l'astronaute américaine Kathleen Rubins et les cosmonautes russes Sergueï Ryjikov et Sergueï Koud-Svertchkov. © Handout - Russian Space Agency Roscosmos/AFP