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Covid-19 : comment les makers se mobilisent pour lutter contre le virus ?

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Les élèves de l'école d'ingénieurs du numérique EPITA et de l'école des architectes informatiques ETNA participent aussi activement à la lutte contre le coronavirus. Nous avons rencontré quatre d'entre eux, porteurs de projets différents, mais animés par une même motivation : se sentir utile.

La mobilisation des Français pour limiter la propagation du coronavirus prend des formes diverses : les couturières confectionnent avec patience des masques artisanaux, certaines entreprises détournent leur chaîne de fabrication pour produire des flacons de gels hydroalcooliques. De leur côté, les étudiants ne sont pas en reste, et ne manquent pas d'initiatives pour apporter leur pierre à l'édifice.

Les makers, cette communauté douée de ses mains, ont participé à de nombreux projets soutenus par leurs écoles. C'est le cas à l'EPITA et à l'ETNA, du groupe IONIS, qui forment des futurs ingénieurs et des architectes en numérique et informatique. Futura a interrogé quatre ingénieurs et informaticiens en devenir au sujet de leur investissement durant cette période de crise.

L'imprimante 3D est l'outil privilégié des makers pour concevoir des équipements de protection contre le coronavirus. © EPITA

Des visières imprimées en 3D pour les personnes exposées

À l'EPITA, Alexi Vandevoorde (promo 2022) a décidé de participer à la lutte contre le Covid-19 pour s'occuper, mais surtout pour se sentir utile. « J'ai commencé à voir du contenu vidéo sur Internet de makers du monde entier qui s'organisaient face au Covid-19. J'avais une imprimante, un peu de plastique et j'ai donc sauté le pas, » explique-t-il. Le futur ingénieur a utilisé des modèles déjà existants pour fabriquer des visières de protection en plastique.

Grâce à l'aide de l'EPITA, qui a fourni de la matière première en urgence, Alexi Vandevoorde a pu lancer sa production de visières de protection. « En vitesse de croisière et avec des paramètres standards, je suis à environ 40 minutes par visière sur une imprimante. Comme j'en ai désormais 4, on est à 4 visières toutes les 40 minutes ». Il en a déjà fabriqué plus de 900 destinées aux écoles et lycées de son secteur, mais aussi aux commerçants et aux personnels soignants.

L'ETNA soutient une initiative similaire. Plus de 300 visières ont été imprimées pour fournir les hôpitaux Bichat, Georges Pompidou et Charles Foix en Île-de-France. Omar Saidene (promo 2023) est un des piliers du projet. « De mon point de vue, on ne peut pas (...) rester les bras croisés, il vaut mieux utiliser nos modestes connaissances pour apporter notre aide durant cette période critique, » explique-t-il. Après avoir récupéré des plans sur le net et acheter les matières premières, Omar a pu concevoir les visières grâce à l'imprimante 3D d'un ami. « On faisait tourner l'imprimante à longueur de journée, » raconte-t-il.

Ils ont même fait voyager les visières de l'autre côté de la Méditerranée, en fournissant des hôpitaux algériens. « Je me suis débrouillé pour envoyer quelques visières vers des médecins et des chefs de services qui ont été recensés via un groupe Facebook dédié aux aides hospitalières ». Grâce à son initiative, les Algériens qui possèdent une imprimante 3D ont pris le relais. L'étudiant a aussi profité des infrastructures de l'ETNA, comme le Co-Labs, et par l'intermédiaire de Tony Pojer, chargé des relations école-entreprises, et du directeur de l'ETNA, Samir Rinaz, une petite communauté s'est construite pour mener à bien le projet.

Alexi Vandevoorde a fabriqué 900 visières grâce à une imprimante 3D. © EPITA
Exemple des visières imprimées par les étudiants de l'EPITA. © EPITA

Concevoir des respirateurs simplifiés avec des industriels

Dans les hôpitaux, les respirateurs artificiels viennent aussi à manquer. Ils sont indispensables pour prendre en charge les patients en détresse respiratoire. À l'EPITA, Gatien Delerue (promo 2023) participe activement à la conception de respirateurs simplifiés et moins onéreux. « Ce projet me tient à cœur car je veux contribuer à mon échelle à la lutte contre le Covid-19, » souligne-t-il.

Avec le collectif MUR (Minimal Universal Respirator), il fabrique des respirateurs dont le fonctionnement est le même qu'un respirateur classique : « Un moteur fait rentrer de l'air dans un tube et le contrôle des valves se fait par servomoteur, » explique-t-il. L'entreprise SEB s'est montrée intéressée par ce projet et collabore désormais avec le collectif MUR.

Une application qui repense les files d’attente en période de crise

Si l'aspect matériel est important dans la lutte contre le Covid-19, d'autres initiatives, moins pragmatiques, sont aussi intéressantes. Dans ce sens, l'ETNA a soutenu le Hack Covid-19 qui s'est déroulé du 10 au 12 avril. À l'issue de cet événement, organisé par HEC Paris, Polytechnique et le Centre pour l'entrepreneuriat de SciencesPo, une application a convaincu tout le monde : Safelines, récipiendaire du 3e prix du Hack Covid-19, qui a pour but de supprimer les files d'attentes et de limiter la propagation du virus.

Les étudiants de l'ETNA ont proposé leur aide pour développer ce projet d'application mobile. Parmi eux, Hugo Vast (promo 2023) s'est particulièrement investi : « J'ai personnellement été chef de projet et développeur back-end. Je me suis donc principalement occupé de coordonner mon équipe sur les différentes tâches, » raconte-t-il.

Pour lui, contribuer à un projet utile aux autres était particulièrement motivant. De plus, le Code Camp créé par l'ETNA lui a permis d'améliorer ses connaissances. « Je sais que l'entreprise dans laquelle je vais faire mon alternance a besoin des technologies que l'on a utilisées lors de ce Code Camp. » Le Proof of Concept (preuve de concept) réalisé par les étudiants a, par ailleurs, permis à Safelines de présenter son application mobile à un second hackathon, EUvsVirus, et d'être récompensé d'une 3e place.

La volonté de se rendre utile face à la crise sanitaire est une motivation commune aux étudiants interrogés. Avec des initiatives innovantes, ils forment une ligne de front qui leur ressemble, entre nécessité et technologie de pointe.

Article réalisé avec les écoles du groupe IONIS, EPITA et ETNA. 

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