Lancé en avril 1990, Hubble fonctionne toujours. SpaceX a proposé à la Nasa d'envoyer un Crew Dragon pour rehausser l'orbite du télescope spatial, ce qui permettrait de prolonger sa durée de vie jusqu'à l'horizon 2050 ! Cette mission pourrait être réalisée dans le cadre du programme Polaris. Une idée qui plaît à la Nasa. Dans six mois, SpaceX remettra à la Nasa une étude de faisabilité qui décidera de financer ou pas d'une telle mission à destination d'Hubble.

La Nasa et SpaceXSpaceX ont annoncé l'étude d'un concept de mission visant à envoyer un Crew DragonCrew Dragon pour rehausser l'orbiteorbite du télescope spatial Hubbletélescope spatial Hubble, voire réaliser quelques tâches d'entretien qui restent à définir. Le but de cette mission est de prolonger la durée de vie de ce télescopetélescope qui a révolutionné l'astronomie moderne.

Cette étude prendra environ six mois, a déclaré Jessica Jensen, vice-présidente des opérations et de l'intégration des clients chez SpaceX. Une partie de l'étude « consistera à déterminer le coût, le calendrier et ce qu'il faudra faire pour que la mission soit réalisée en toute sécurité », a-t-elle dit. L'étude portera principalement sur les aspects techniques d'une mission de reboost ou de maintenance, a-t-elle précisé, « mais, tout est sur la table ». Y compris la « question de savoir si la mission nécessiterait des astronautes », conclut-elle.

Le saviez-vous ?

Dès sa conception, le télescope a été pensé pour permettre aux astronautes de lui rendre de petites visites d'entretien comme cela a été le cas en 1993, 1997, fin 1999 et 2002. Ces missions ont été très utiles. Elles ont grandement contribué à la longévité de son activité opérationnelle par des interventions de maintenance et de remplacement d'instruments et de panneaux solaires par exemple, mais surtout par la réparation de plusieurs éléments tombés en panne comme les gyroscopes. 

Le télescope spatial Hubble à bord de la navette Discovery lors de la première partie de la troisième mission de service (décembre 1999). © Nasa
Le télescope spatial Hubble à bord de la navette Discovery lors de la première partie de la troisième mission de service (décembre 1999). © Nasa

Rehausser l'orbite du télescope spatial Hubble

L'idée serait d'envoyer un Crew Dragon s'amarrer à Hubble, vraisemblablement à l'aide du mécanisme de capture installé lors de la dernière mission d'entretien de la navette en 2009, et rehausser son orbite de plusieurs dizaines de kilomètres. Aujourd'hui, « Hubble se situe à environ 535 kilomètres d'altitude », a déclaré Patrick Crouse, responsable du programme Hubble au Centre spatial Goddard de la Nasa. Au rythme actuel de la baisse de l'orbite d'Hubble, il y a « une probabilité de 50 % que Hubble rentre dans l'atmosphèreatmosphère d'ici 2037 ».

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Le but de la mission de SpaceX serait de ramener Hubble à quelque 600 kilomètres d'altitude, là où a débuté sa mission en avril 1990, il y a déjà plus de trente ans. Si c'est le cas, « cela ajouterait à Hubble 15, voire 20 ans de durée de vie » ! Cette mission « n'atteindra évidemment pas le niveau de complexité de certaines des missions d'entretien qui ont été réalisées dans le passé avec la navette », tient à préciser Patrick Crouse, toutefois très impatient « d'étudier les propositions faites par SpaceX ».

Si la Nasa et SpaceX décident d'une telle mission, elle pourrait faire partie du programme Polaris, une initiative de SpaceX et Jared Isaacman qui prévoit la réalisation de plusieurs vols habitésvols habités commerciaux à bord du Crew Dragon et du Starship lorsqu'il sera en activité. Jared Isaacman qui a dirigé la mission privée Inspiration4 il y a un an, commandera la première mission PolarisPolaris, Polaris Dawn, maintenant prévue pour le premier trimestre de 2023. Ce vol comprendra la première sortie dans l'espace depuis un vaisseau spatial Crew Dragon. Isaacman a suggéré que cette mission de reboost ou d'entretien de Hubble pourrait être la deuxième mission Polaris.

Cette initiative de SpaceX et de Jared Isaacman pourrait donner des idées à des entreprises qui développent et proposent des missions de service à destination de satellites. C'est notamment le cas du véhicule MEV de Northrop Grumman, dont deux exemplaires sont arrimés à des satellites de communication Intelsat en orbite géostationnaire afin de prolonger leur durée de vie.