En juin 2013, l'équipe du Penn Museum a mis au jour ce sarcophage en quartzite, qui a dû être réalisé pour un roi de Sobekhotep, probablement Sobekhotep Ier, vers 1780 avant J.-C., durant la 13e dynastie. Les recherches alentour ont conduit à la découverte d'un autre pharaon, jusque-là inconnu, Woseribre Senebkay, qui aurait vécu vers 1650-1600 avant J.-C. © Josef Wegner, Penn Museum

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Avec Senebkay, les archéologues découvrent une dynastie oubliée

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En découvrant un pharaon inconnu dans une tombe égyptienne, des archéologues ont retrouvé une dynastie oubliée, celle d'Abydos, installée dans le sud de l'Égypte voilà quelque 3.600 ans. On y a utilisé du matériel funéraire de récupération, peut-être à cause de l'isolement ou d'une crise économique.

« Roi de Haute et Basse Égypte, Woseribre, le fils de Râ, Senebkay » : c'est l'inscription qu'a découverte l'équipe d'archéologues de l'université de Pennsylvanie et du ministère des Antiquités égyptiennes dans un tombeau enterré en Égypte, sur le site d'Abydos. Ce nom figurait sur le mur en calcaire de l'une des quatre chambres qui ont été mises au jour lors des fouilles commencées à l'été 2013. Connu depuis longtemps, ce site a été pillé plusieurs fois, même durant l'époque de l'Égypte antique, et la lecture n'en était pas évidente. Il a fallu du temps et de l'acharnement pour démêler les fils de cette histoire.

Les fouilles de 2013 ont d'abord permis d'exhumer un superbe sarcophage taillé dans du quartzite rouge et pesant 60 tonnes. Selon les archéologues, il provient des carrières de Gebel Ahmar, non loin du Caire, mais ce monument a visiblement été extrait de son tombeau originel et réutilisé. Le précédent propriétaire serait Sobekhotep Ier, premier souverain de la 13e dynastie.

Ce squelette reconstitué est celui du pharaon Woseribre Senebkay, probablement le premier représentant de la dynastie d'Abydos, qui régna il y a plus de 3.600 ans. Le corps avait été momifié mais les pilleurs de la tombe en ont dispersé les ossements. De gauche à droite, Matt Olson, Alexander Wegner et Paul Verhelst. © Jennifer Wegner, Penn Museum

La nécropole d'une dynastie

En poursuivant leurs fouilles, les archéologues ont découvert les restes de tombeaux d'une succession de pharaons qui auraient sans vergogne récupéré du matériel funéraire de leurs prédécesseurs. C'est ainsi qu'ont été mises au jour ces quatre chambres, sans toit, dont l'une abritait les restes d'un sarcophage ainsi que des urnes funéraires contenant des viscères, portant les effigies des déesses Nout, Nephtys, Selket et Isis. L'une de ces urnes, en cèdre, proviendrait du tombeau de Sobekhotep Ier.

L'ensemble daterait à peu près de 1650 avant J.-C. Dans cette tombe pillée sans ménagement, les archéologues ont trouvé des ossements éparpillés et ont pu, patiemment, reconstituer un squelette. Avec les instructions encore visibles sur le sarcophage et sur les murs calcaires, Josef Wegner, responsable de l'équipe du Penn Museum, et Kevin Cahail ont retrouvé le nom de ce pharaon : Woseribre Senebkay.

La tombe du pharaon Woseribre Senebkay à ciel ouvert. Les murs de calcaire blanc portent des cartouches et des représentations de quatre déesses. © Josef Wegner, Penn Museum

Woseribre Senebkay, pharaon d’une dynastie inconnue

Il serait le premier pharaon de cette lignée de la dynastie d'Abydos, inconnue des égyptologues mais déjà pressentie par le Danois Kim Ryholt en 1997. Et le nom de ce pharaon figure peut-être, incomplet, sur la liste des souverains inscrite sur le papyrus de Turin, datant probablement de l'époque de Ramsès II.

Sur ce document très dégradé, on remarque en effet le nom d'un pharaon interprété comme « Woser ... re ». Dans cette liste, il y est le premier d'une série, sans doute, d'une douzaine de pharaons dont les noms ont disparu du papyrus.

Les déesses Neith et Nout protègent l'une des urnes funéraires du pharaon Senebkay. © Jennifer Wegner, Penn Museum

Selon Josef Wegner, voilà donc la nécropole d'une dynastie entière restée ignorée des archéologues. La modestie des éléments funéraires et leur réutilisation montrent, d'après Wegner, que ce royaume d'Abydos (aujourd'hui Abidjou), non loin de Thèbes, était alors plutôt isolé, avec des ressources limitées.

Bien sûr, l'équipe, qui se trouve face à ces tombes tout juste découvertes, va continuer l'exploration du site à la quête de détails sur ces pharaons oubliés par l'histoire.

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