Au début de son histoire, l’humanité s’est attaquée aux grands animaux pour se nourrir. Avec la diminution des stocks, les humains se sont vus contraints d'apprendre à chasser de plus petites proies. Développant ainsi de nouvelles capacités cognitives.

Les premiers individus du genre Homo sont apparus sur Terre il y a environ 2,5 millions d'années. À une époque où le poids moyen des animaux tournait autour de 450 kilogrammeskilogrammes. Mais durant le PléistocènePléistocène, l'époque géologique qui précède directement la nôtre, et jusqu'à l'apparition de l'agricultureagriculture, la taille moyenne des animaux a chuté de 90 %. Et des chercheurs de l’université de Tel-Aviv (Israël) relient aujourd'hui ce phénomène au développement du cerveaucerveau humain.

Ils suggèrent en effet que les grandes proies étaient les plus faciles à chasser. Qu'elles ne nécessitaient pas le recours à des outils élaborés. Qu'elles étaient, par ailleurs, les plus riches en graisse et représentaient ainsi une source d'énergieénergie importante. Mais lorsqu'elles ont commencé à se faire plus rares, les humains et leurs cerveaux ont dû s'adapter à la chasse de proies plus petites et plus rapides.

Le saviez-vous ?

Les plus gros mammifères auraient disparu de la surface de la Terre parce qu’ils étaient chassés de manière excessive par une population humaine en rapide expansion. Mais récemment, une nouvelle étude du Max Planck Institute for Chemical Ecology (Allemagne) a remis cette hypothèse en question. Par une approche de modélisation statistique, les chercheurs suggèrent en effet qu’un changement climatique – une baisse drastique de température – est à l’origine de l’extinction des grands mammifères d’Amérique du Nord.

Rappelons que les chercheurs avaient noté certains changements physiologiques, culturels et comportementaux datant de cette époque. Un développement important du cerveau humain et une adaptation des bras et des épaules aux lancés, l'utilisation du feufeu ou encore la multiplication d'outils en pierre ou sophistiqués comme l'arc et la flèche. Et jusqu'à aujourd'hui, aucune théorie unifiée n'avait permis de les expliquer.

Les chercheurs de l’université de Tel-Aviv (Israël) montrent une baisse significative de la prévalence des animaux pesant plus de 200 kilogrammes, couplée à une augmentation du volume du cerveau humain. © natali_mis, Adobe Stock
Les chercheurs de l’université de Tel-Aviv (Israël) montrent une baisse significative de la prévalence des animaux pesant plus de 200 kilogrammes, couplée à une augmentation du volume du cerveau humain. © natali_mis, Adobe Stock

Des capacités cognitives adaptées à des proies plus vives

Selon les chercheurs de l'université de Tel-Aviv, avec la disparition des grandes proies, les humains ont dû se montrer plus rusés et plus audacieux. Plus intelligents. Et utiliser des outils plus sophistiqués. Prendre des décisions plus rapides aussi. Développer une connaissance poussée du comportement animal et un langage permettant d'échanger sur la question. Le tout pour chasser des animaux plus petits et plus vifs. Leur cerveau a alors plus que doublé de volumevolume.

Puis les humains ont même domestiqué le chien pour les aider à chasser encore plus efficacement. Jusqu'à ce que même les proies plus petites viennent à manquer. Et que les humains se tournent finalement vers l'agriculture, la domesticationdomestication des animaux et des plantes. À ce moment-là, la taille du cerveau humain a légèrement diminué en conséquence.

« Partout où des humains sont apparus, ils se sont attaqués aux grands animaux. Et tôt ou tard, ces derniers se sont éteints. Certains de nos cousins ont disparu avec eux, comme Néandertal, mais Homo sapiens a su s'adapter et se tourner finalement vers l'agriculture », conclut Ran Barkai, chercheur à l'université de Tel-Aviv dans un communiqué.