Le robot russe anthropomorphique Fedor (Skybot F-850). Ce robot a été lancé le 22 août à bord d'une capsule Soyouz à destination de la Station spatiale internationale (ISS). © Roscosmos

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Le Soyouz du robot humanoïde Fedor s’est finalement amarré à l’ISS

ActualitéClassé sous :Exploration robotique , station spatiale internationale , robot humanoïde

Un petit contretemps vite dépassé pour Fedor, le robot humanoïde russe dont c'est le premier vol spatial et séjour à bord de la Station spatiale internationale (ISS). La capsule Soyouz, inhabitée, qui devait s'amarrer au complexe orbital le 24 août, avait raté sa manoeuvre. Une nouvelle tentative ce mardi 27 août, à un autre endroit de la Station, a été couronnée de succès. Elle a nécessité le dédocking de la capsule M-13 et sa relocalisation.

Fedor avait-il fait des siennes ? Lancée avec succès le 22 août à destination de la Station spatiale internationale (ISS), la capsule Soyouz avec à son bord le robot humanoïde Fedor, avait raté son amarrage. Fedor n'était évidemment pas en cause dans ce loupé sans conséquence pour la Station spatiale et ses occupants.

Lors de la manœuvre d'amarrage qui était automatique, un dysfonctionnement vraisemblablement lié au système d'accueil automatisé du port d'amarrage Kurs du segment russe, avait contraint les deux cosmonautes russes surveillant la manœuvre à ordonner l'annulation de l'amarrage. Après cet incident, la capsule Soyouz M-14 avait dû se tenir à distance de sécurité du complexe orbital, à environ une centaine de mètres.

Une situation compliquée mais sous contrôle

Initialement, Roscosmos prévoyait une nouvelle tentative ce lundi après le remplacement du système défectueux par les cosmonautes russes Alexey Ovchinin et Alexander Skvortsov. Mais, dimanche, Roscosmos a une nouvelle fois changé ses plans et la tentative prévue hier a été reportée à ce mardi matin. La capsule Soyouz M-14 transportant Fedor s'est amarrée avec succès à 3 h 08 GMT (soit 5 h 08, heure française).

La capture du Soyouz M-14 transportant le robot Fedor a été confirmée ce 27 août à 3 h 08 GMT (11 h 08, heure de l'Est). © @Space_Station, Twitter

L'Agence spatiale russe a préféré changer de port d'amarrage de façon à éviter tout risque de nouvel incident. Plutôt que d'arrimer le Soyouz M-14 au port Kurs, la capsule a dû s'amarrer au module Poisk, situé sur le module Zvezda. Or, le port d'amarrage du module Poisk était occupé par la capsule Soyouz M-13. De façon à libérer la place pour le Soyouz M-14, Alexander Skvortsov a embarqué à bord de la capsule Soyouz M-13 pour l'amarrer manuellement à Kurs.

Cet amarrage différé ne pose évidemment aucun problème car la capsule Soyouz M-14 est inhabitée. 

Le Soyouz M-13 a été déplacé avec succès pour faire place au Soyouz M-14 transportant le robot Fedor. © @roscosmos, Twitter

  • Fedor est un robot russe anthropomorphique envoyé à bord de la Station spatiale internationale (ISS).
  • La capsule Soyouz a été lancée le 22 août par une nouvelle version du lanceur Soyouz.
  • Pour cette première, il a été décidé d'un vol sans cosmonaute.
  • Après un premier échec, la capsule s'est amarrée à l'ISS le 27 août.
Pour en savoir plus

Fedor, le robot humanoïde russe a décollé pour l'ISS

Article de Futura avec l'AFP-Relaxnews, publié le 22/08/2019

Fedor, le premier robot humanoïde russe, a été lancé jeudi, à bord de la fusée à destination de la Station spatiale internationale (ISS). La Russie envisage ce séjour comme un test en vue d'utiliser de semblables machines pour explorer et conquérir les espaces lointains.

La Russie a lancé, jeudi, la fusée transportant le premier robot humanoïde, vers la Station spatiale internationale (ISS). Fiodor, ou Fedor, porte le numéro d'identification Skybot F850, et a décollé à bord d'une fusée Soyouz à 06 h 38, heure de Moscou (03 h 38 GMT) depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan. Il doit arriver à l'ISS samedi et y rester dix jours, jusqu'au 7 septembre. « C'est parti, c'est parti », a dit le robot au moment du lancement, selon la séquence retransmise à la télévision, dans une référence apparente aux mots prononcés par Youri Gagarine lors de son départ pour le premier vol d'un homme dans l'espace en 1961.

Fiodor est un prénom russe mais sa transcription anglaise, Fedor, correspond également à l'acronyme de « Final Experimental Demonstration Object Research » (que l'on peut traduire par Recherche expérimentale finale sur des objets de démonstration expérimentaux). Le robot au corps anthropomorphe argenté mesure 1,80 mètre de haut et pèse 160 kilos. Fiodor dispose de comptes sur les réseaux sociaux Instagram et Twitter, qui détaillent sa vie quotidienne, par exemple lorsqu'il apprend à ouvrir une bouteille d'eau.

Skybot F-850. Pour obtenir une traduction, cliquer sur l'écrou denté en bas de la vidéo, puis sur sous-titres, ensuite sur traduction automatique, et sélectionner français. © Roscosmos Media

Une fois arrivé à bord de l'ISS, le robot effectuera différentes tâches sous la supervision du cosmonaute russe Alexandre Skvortsov, qui a rejoint l'équipe de la Station spatiale internationale le mois dernier, selon l'agence de presse RIA Novosti. Il va tester ses capacités dans les conditions d'une gravité très basse. Parmi ses principaux savoir-faire, figure notamment celui d'imiter les mouvements humains, ce qui veut dire qu'il pourrait aider les astronautes ou à réaliser leurs tâches.

« Il devra réaliser cinq ou six tâches qui "relèvent du secret" », a précisé mercredi Evguéni Doudorov, le responsable de la société qui a conçu Fiodor, cité par la même source. Ses opérations l'amèneront à manier un tournevis ou encore des clés, a néanmoins précisé Alexandre Blochenko, directeur des programmes prometteurs chez l'Agence spatiale russe, Roscosmos, dans un entretien au journal Rossiïskaïa Gazeta.

Le robot cosmonaute russe Skybot F-850, alias Fiodor, le 26 juillet 2019. © Roscosmos space agency, AFP, Archive

Des missions risquées pour conquérir l'espace lointain

Fiodor n'est pas le premier robot à s'envoler vers le cosmos. En 2011, la NASA a envoyé dans l'espace un robot humanoïde baptisé Robonaut 2, développé en coopération avec General Motors, avec le même objectif de le faire travailler dans un environnement à haut risque. Il est revenu sur Terre en 2018 en raison de problèmes techniques. En 2013, le Japon a expédié dans l'espace un petit robot appelé Kirobo, en même temps que le premier commandant japonais de l'ISS, Koichi Wakata. Développé avec Toyota, Kirobo était capable de parler, mais uniquement en japonais.

Pour les Russes, la conquête spatiale, source d'immense fierté, est une question stratégique

Bien au delà de cette seule mission, les autorités russes, qui considèrent la conquête spatiale comme une question stratégique, ne cachent pas leurs ambitions pour Fiodor et ses futurs petits frères. De telles machines pourraient ainsi effectuer des opérations dangereuses comme des sorties dans l'espace, a expliqué Alexandre Blochenko, directeur des programmes prometteurs chez l'Agence spatiale russe (Roscosmos), à l'agence de presse publique RIA Novosti.

La Russie, seule en piste, pour envoyer des Hommes sur l'ISS

Le très patriotique directeur de Roscosmos, Dmitri Rogozine, a montré en août des photos de Fiodor au président russe Vladimir Poutine, en présentant le robot comme « assistant à l'équipage » de l'ISS. « Dans l'avenir, nous comptons sur cette machine pour conquérir l'espace lointain », a-t-il déclaré lors de cette rencontre. La conquête de l'espace constitue une source d'immense fierté depuis la période soviétique, mais a subi d'importantes difficultés après la chute de l'Union soviétique. Malgré les promesses très ambitieuses du Kremlin dans le domaine spatial récemment, le secteur a enchaîné ces dernières années d'humiliants accidents et scandales de corruption. La Russie reste malgré tout la seule capable d'envoyer des humains vers l'ISS.


Le surprenant robot humanoïde Fedor va rejoindre la Station spatiale internationale

Article publié le 16 août 2019 par Rémy Decourt

Habituellement, les vols Soyouz à destination de la Station spatiale européenne sont utilisés pour la rotation des équipages à bord du complexe orbital. La prochaine mission, prévue le 22 août, sera inédite. En effet, le véhicule Soyouz sera lancé par une version du Soyouz jamais utilisée pour des vols habités. Donc, pas de cosmonaute à bord mais Fedor. Fedor, c'est ce robot russe anthropomorphique qui fait le buzz sur Internet avec des performances remarquables diffusées sur son compte Twitter.

Pour sa prochaine mission à destination de la Station spatiale internationale, un véhicule Soyouz s'envolera sans astronaute ni cosmonaute à bord. Évidemment, vu le coût d'un tel vol, quelque cent millions de dollars, le Soyouz ne volera pas à vide. Il sera chargé de fret et aussi de Fedor (Final Experimental Demonstration Object Research), un robot russe anthropomorphique aussi connu sous le nom de Skybot F-850. Ce robot a été installé dans la capsule le 11 août en vue d'un lancement le 22 août.

L'absence de cosmonaute et d'astronaute à bord du Soyouz s'explique pour des raisons de sécurité. Cette capsule Soyouz (MS-14) sera lancée pour la première fois par la version 2.1a du lanceur Soyouz, de sorte que Roscosmos et RKK Energia souhaitent vérifier son comportement en vol avec le véhicule Soyouz. Habituellement, ce lanceur est utilisé pour le lancement de satellites et de cargos Progress à destination de l'ISS. 

La complicité d'un Homme et d'un robot

Il va de soi que Fedor ne pilotera pas le Soyouz. Cela dit, bien que le vol soit automatique, des expériences de compatibilité et d'interaction du robot avec les commandes de vol du véhicule sont prévues. Ce robot n'est pas autonome. Il répliquera simplement les mouvements à distance réalisés par un Homme, ce qui est le propre des robots anthropomorphiques que d'être pilotés par un humain. Dans le cas de Fedor, l'Homme qui le pilotera depuis le sol utilisera les données et les images fournies par le robot lui-même.

A priori, Fedor devrait redescendre assez rapidement sur Terre. Ces quelques semaines d'activité passées à bord du complexe orbital, pendant lesquelles les astronautes évalueront son comportement en apesanteur, serviront aux ingénieurs russes pour préparer les étapes futures de son développement. En effet, à court terme, l'agence spatiale russe Roscosmos prévoit d'utiliser des robots anthropomorphiques à l'extérieur de la Station pour des opérations de maintenance, de façon à limiter les sorties d'astronautes et, à plus long et moyen terme, il est prévu de les utiliser sur la Lune, voire des astéroïdes ou dans des environnements encore plus hostiles.

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