Concept de base lunaire chinoise. © China Academy of Space Technology
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Mars, astéroïde, Jupiter… : la Chine précise ses objectifs

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En attendant la publication du nouveau livre blanc sur sa stratégie spatiale pour la période 2021-2025, la Chine, qui vole de succès en succès, a levé le voile sur de nouveaux objectifs lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 12 juin et lors des rencontres de Startup Village 2021 qui ont eu lieu fin mai.

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[EN VIDÉO] L'atterrissage de Chang'e 5 sur la Lune  L'Agence spatiale chinoise nous invite à revivre l'atterrissage de Chang'e 5 sur face visible de la Lune du 1er décembre 2020. L'atterrisseur s'est posé dans l'océan des Tempêtes pour une mission express de prélèvements d'échantillons. C'est la première fois depuis plus de 40 ans que des roches lunaires seront rapportées sur Terre. 

Les dernières avancées chinoises dans les vols habités et l'exploration robotique de la Lune et de Mars ont fini de convaincre les plus indécis de la formidable puissance spatiale de la Chine qui fait aujourd'hui jeu égal avec la Nasa et l'Agence spatiale européenne dans de nombreux domaines. Étonnamment, alors que les relations avec les États-Unis n'ont jamais été aussi exécrables et qu'elles commencent à se tendre avec l'Europe, la Chine veut légitimer son influence internationale et souhaite renforcer ses partenariats existants avec l'ESA et Roscosmos, et les élargir à d'autres nations.

Lors de l'événement Startup Village 2021, qui s'est tenu fin mai au Centre de recherche de Skolkovo, près de Moscou, et lors d'une conférence de presse, la Chine a donné de nouvelles informations sur son ambitieux programme d'exploration robotique et humaine de la Lune, récemment renforcé par la signature d'un partenariat avec la Russie pour s'installer durablement sur la Lune. Après les missions Chang'e 6 et Chang'e 7, déjà évoquées dans nos articles, s'ajoute Chang'e 8 qui testera l'impression 3D, pour la construction d'infrastructures en dur et la mise au point d'unités ISRU (In-Situ Resource Utilization) pour exploiter et utiliser des ressources lunaires, dans la perspective d'une base habitée prévue pour la décennie 2030.

Course aux échantillons martiens

Dans le domaine de l'exploration robotique, de nouvelles destinations ont été ajoutées aux objectifs de l'Agence spatiale chinoise et d'autres confirmées. Ainsi, d'ici la fin de cette décennie, une mission devrait être lancée à destination de Jupiter qui pourrait emporter un lander ou un rover à poser sur la surface de Callisto, une des quatre lunes galiléennes de Jupiter. La Chine a également une mission de retour d'échantillons d'un astéroïde d'une dizaine de mètres de diamètre classé comme un quasi-satellite de la Terre. Il récupérera des échantillons de sa surface et devrait ensuite rejoindre la comète (ou astéroïde actif) 311P/Panstarrs dans la Ceinture principale. Son lancement est prévu dans la période 2024-2026. Enhardie par la formidable réussite technologique de sa première mission martienne, un sans-faute qui étonne, la Chine prévoit une mission de retour d'échantillons martiens avec l'objectif « secret » de les rapporter avant ceux de la mission MSR de la Nasa et de l’ESA, prévus au mieux pour le début des années 2030. Toutes ces missions seront ouvertes à la coopération internationale.

Pour accéder à l'espace, la gamme de lanceurs existants sera renforcée avec l'arrivée d'un lanceur partiellement réutilisable et d'une gamme de nouveaux lanceurs lourds. À ce sujet, la Chine est plutôt discrète, tout comme sur son projet de drone spatial. Quant à la Station spatiale, dont la construction a débuté et est actuellement occupée par trois taïkonautes, la Chine a réaffirmé que sa construction sera terminée en 2022. Un pari logistique qui ne sera pas une mince affaire, même pour la troisième puissance spatiale mondiale.

Le rover chinois Zhurong posant fièrement devant l'atterrisseur qui l'a amené sur Mars. © CNSA

Des développements utilisés pour des systèmes spatiaux civils et militaires

Dans le domaine de l’observation de la Terre, des télécommunications spatiales et du positionnement par satellite, la Chine va renforcer toutes ses capacités afin de garantir son autonomie et de moins dépendre de données étrangères pour ce type d'application. Elle souhaite également se doter d'une constellation de plus ou moins 13.000 satellites destinés à fournir un accès à Internet. La Chine a également annoncé renforcer sa politique d'investissements en infrastructures, recherche et développement dans le domaine spatial de façon à stimuler l'innovation, soutenir le développement économique et social du pays.

Les efforts chinois de militarisation de l’espace sont devenus le principal aspect de la rivalité avec les États-Unis

Enfin, les efforts chinois de militarisation de l'espace sont devenus le principal aspect de la rivalité avec les États-Unis dont le leadership dans ce domaine est mis à mal. Le renseignement américain considère cet aspect du programme spatial chinois comme l'une des principales préoccupations en matière de sécurité pour les États-Unis.

La Chine qui ne sépare pas les activités militaires des activités civiles ou commerciales, comme le font les États-Unis, ne s'exprime pas sur ce sujet. Pour comprendre les craintes de Washington, il faut prendre conscience que si un pays peut développer un satellite capable de mener des opérations de rendez-vous et de proximité pour le ravitaillement en carburant ou l'enlèvement des débris, cette même capacité technologique peut être utilisée pour attaquer un satellite, dégrader son orbite ou tout simplement s'approcher suffisamment pour y jeter un coup d'œil ! Autre exemple, la réutilisation du deuxième étage d'un lanceur à des fins commerciales ou scientifiques a des applications potentiellement militaires telles que l'hébergement de charges utiles ou de capteurs.

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