Concept proposé par Boeing d'un poste avancé à proximité de la Lune. © Nasa, Boeing

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Bientôt des Hommes de retour sur la Lune ?

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Au pays du capitalisme roi, la Nasa s'est convertie aux partenariats public-privé pour atteindre ses objectifs quels que soient les domaines. C'est le cas du retour sur la Lune. Dans ce contexte, Thales Alenia Space, spécialiste des modules pressurisés, vient de signer trois contrats.

Maintenant que Donald Trump veut renvoyer des Hommes sur la Lune, avec Mars en ligne de mire, la Nasa va accélérer ses programmes d'acquisition des technologies nécessaires à l'exploration spatiale en espace profond. Quarante-cinq ans après la dernière mission Apollo (Apollo 17, 1972), ce retour annoncé sur la Lune se fait dans un contexte très différent des allers-retours des missions Apollo. Aujourd'hui, il est question de déployer des infrastructures en support à des missions plus ambitieuses de colonisation de l'espace proche de la Terre, sur et atour de la Lune, puis vers l'espace lointain et, enfin, vers Mars. La première étape devrait se traduire par la réalisation d'un avant-poste lunaire qui sera notamment utilisé comme point de départ pour le projet de véhicule spatial habité vers Mars.

Cette nouvelle étape de la conquête spatiale s'appuiera sur un très fort modèle de partenariat public-privé. Des contraintes budgétaires ont conduit la Nasa à se tourner vers le secteur privé pour garantir la réalisation d'un certain nombre d'objectifs. Aujourd'hui, le budget de la Nasa est de 0,4 % du budget des États-Unis contre 4 % du temps du programme Apollo.

Le vaisseau d'exploration dérivé du Cygnus d'Orbital ATK qui se compose d'un module de service et d'un module pressurisé développé par Thales Alenia Space. © Thales Alenia Space

Des entreprises privées iront sur la Lune

Les entreprises privées ne prendront pas prendre le relais de la conquête spatiale mais, du moins aux États-Unis, elles font partie de l'écosystème du spatial depuis qu'en 2009, le président Obama a pris la décision de confier au secteur privé la desserte de l'ISS et de l'orbite basse, pour le fret ou la rotation des équipages. Cette décision s'appuyait sur les conclusions du comité Augustine, mis en place par l'administration Obama pour réfléchir sur l'avenir du programme Constellation et évaluer les plans de la Nasa pour l'exploration humaine du Système solaire (programme aujourd'hui abandonné).

La Nasa sollicite aujourd'hui des idées d'entreprises privées et, si les concepts suscitent un intérêt, l'Agence spatiale américaine finance des études complémentaires pouvant aller jusqu'à la réalisation d'un démonstrateur, voire la signature d'un contrat de développement. C'est dans ce cadre que Thales Alenia Space a signé trois contrats relatifs aux activités de NextStep-2 (Next Space Technologies for Exploration Partnerships) avec Boeing, Lockheed Martin et Orbital-ATK pour développer des capacités pouvant à la fois répondre aux objectifs de la Nasa dans le domaine de l'exploration habitée, tout en soutenant les plans de commercialisation de l'industrie.

Concrètement, Thales Alenia Space, qui fournit de nombreux modules pressurisés de l'ISS (les Nodes et le cargo Cygnus), va proposer sa nouvelle génération de modules d'exploration. À la différence de ce qui se faisait précédemment, quand les agences spatiales dessinaient elles-mêmes les plans, Thales Alenia Space peut proposer sa vision. Une vision qui couvrira la configuration générale du module jusqu'à son agencement, en passant par les structures, la protection contre les micro-météorites et les radiations, le contrôle thermique et d'autres aspects système en général (incluant les capacités de fabrication et d'intégration).

  • Le secteur privé va aider la Nasa à retourner sur la Lune.
  • L'entreprise franco-italienne Thales Alenia Space participera à la réalisation de modules d'habitation.
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