WASP-127b – ici en vue d'artiste – est une planète étonnante à plus d’un titre. Maintenant, des astronomes viennent de détecter de nuages dans son atmosphère. © Nasa
Sciences

La structure de l’atmosphère d’une exoplanète dévoilée par les astronomes

ActualitéClassé sous :exoplanète , météorologie , nuage

En combinant les données renvoyées par deux télescopes différents, des astronomes sont parvenus à mettre à nu la structure supérieure de l'atmosphère d'une exoplanète. Ils révèlent la présence de nuages dont ils sont même parvenus à évaluer l'altitude.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Interview : les exoplanètes sont-elles habitées ?  Il pourrait y avoir au moins 100 milliards de planètes simplement dans notre galaxie. Difficile d’imaginer qu’aucune ne puisse abriter la vie. Le Cnes a interviewé Michel Viso, responsable des programmes d’exobiologie, afin qu’il nous parle des conditions d'apparition de la vie dans l'univers. 

Les astronomes la connaissent sous le nom de WASP-127b. Elle a été découverte en 2016. C'est une géante gazeuse située à plus de 525 années-lumière de notre Terre. Une exoplanète dans l'atmosphère de laquelle ils viennent de détecter des nuages. Avec un tel niveau de détail qu'ils ont même pu évaluer leur altitude et projeter la structure de la haute atmosphère de la planète.

Il faut dire que WASP-127b apparaît comme la candidate parfaite pour essayer d'en apprendre plus sur les atmosphères des exoplanètes. Elle est grande - environ 1,3 fois la taille du Jupiter -, elle est chaude - sa température peut monter jusqu'à 1.100 °C - et orbite très près de son étoile - elle en fait le tour en quatre jours seulement. Elle présente ainsi une atmosphère mince et ténue. L'idéal pour analyser sa composition à partir de la lumière que nous recevons de son étoile hôte après son passage au travers de ladite atmosphère.

Ici, quelques-unes des caractéristiques de WASP-127b comparées à celles que nous connaissons dans notre Système solaire. © David Ehrenreich, Université de Genève, Romain Allart, Université de Montréal

Le mystère WASP-127b s’épaissit

Des chercheurs de l’université de Montréal (Canada) ont ainsi sondé l'atmosphère de WASP-127b à l'aide du télescope spatial Hubble pour les données dans l'infrarouge et du Very large Telescope (VLT) pour les données dans le visible. Et ils ont d'abord trouvé, comme prévu, du sodium. Mais à une altitude bien plus basse qu'attendu. Puis, ils ont découvert de la vapeur d'eau, visible dans l'infrarouge, mais pas dans les longueurs d'onde du visible. De quoi révéler la présence de nuages opaques - qui ne sont pas constitués de gouttelettes d'eau comme sur Terre - aux longueurs d'onde du visible, mais pas à celles de l'infrarouge.

Grâce à ces données d'absorption à haute résolution, les astronomes ont pu localiser ces nuages à une altitude étonnamment basse, correspondant à une pression atmosphérique comprise entre 0,3 et 0,5 millibar. Une nouvelle information surprenante concernant WASP-127b qui intrigue aussi les chercheurs par le fait qu'elle orbite dans la direction opposée à celle de la rotation de son étoile hôte, mais aussi dans un plan différent de celui de son équateur.

Abonnez-vous à la lettre d'information La quotidienne : nos dernières actualités du jour. Toutes nos lettres d’information

!

Merci pour votre inscription.
Heureux de vous compter parmi nos lecteurs !