Au 1er juillet 2020, plus de 4.200 exoplanètes avaient été confirmées. Plusieurs milliers d’autres sont en attente de confirmation. C’est dans ce contexte que des chercheurs annoncent aujourd’hui avoir retrouvé un « monde perdu ». Une exoplanète dont l’existence n’avait pas pu être confirmée depuis sa première observation en 2018.

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[EN VIDÉO] En quête d’exoplanètes Depuis la découverte de la première exoplanète, Pégase 51b, en 1995, les scientifiques tentent toujours d’en découvrir de nouvelles. Dans cette vidéo, Michel Mayor explique, avec d'autres astronomes, les principes, les difficultés et l'intérêt de cette quête. Celle-ci nous a fait découvrir des mondes très différents de notre Système solaire.

On l'appelle NGTS-11b. Elle orbiteorbite autour d'une étoileétoile située à quelque 620 années-lumièreannées-lumière de notre TerreTerre. Elle se trouve cinq fois plus près de son soleilsoleil que notre Planète du sien. C'est ainsi que les astronomes de l’université de Warwick (Royaume-Uni) décrivent, dans une première approche, l'exoplanète qu'ils viennent de retrouver parmi un catalogue de ce que les chercheurs nomment des « mondes perdus ».

Rappelons que pour qu'une exoplanète soit confirmée en tant que telle, son observation par la méthode du transit -- une baisse de luminositéluminosité lorsque la planète passe entre son étoile et notre Terre -- doit pouvoir être répétée. NGTS-11b avait déjà été observée en 2018 par le Transiting Exoplanet Survey Satellite (TessTess). Mais Tess ne scanne généralement une région du ciel que pendant 27 jours et peine donc à confirmer des exoplanètesexoplanètes dont la période orbitalepériode orbitale est plus longue.

Les chercheurs de l'université de Warwick ont observé l'étoile supposée hôtehôte de NGTS-11b pendant 79 nuits et à l'aide du Next-Generation TransitTransit Survey (NGTS) installé au Chili, dans l'espoir d'être enfin les témoins d'un second transit. C'est ce qui est arrivé environ un an après la première observation par Tess.

C’est grâce au <em>Next-Generation Transit Survey</em> (NGTS) installé au Chili que les astronomes de l’université de Warwick (Royaume-Uni) ont retrouvé un « monde perdu. © G. Lambert, ESO
C’est grâce au Next-Generation Transit Survey (NGTS) installé au Chili que les astronomes de l’université de Warwick (Royaume-Uni) ont retrouvé un « monde perdu. © G. Lambert, ESO

Une vie extraterrestre sur un « monde perdu » ?

Ainsi, selon les astronomesastronomes, NGTS-11b parcourt son orbite en 35 jours. Et seuls, les instruments du NGTS pouvaient détecter la baisse de luminosité de 1 % de son étoile hôte lors de ces transits relativement rares. Ce qui est particulièrement intéressant, c'est que NGTS dispose de douze télescopestélescopes performants permettant de surveiller plusieurs étoiles pendant des mois à la recherche de tels « mondes perdus ».

Des centaines de transits uniques à étudier

« Dans les données de Tess, il y a des centaines de transits uniques à étudier avec cette méthode », remarque Pete Wheatley, astronome à l'université de Warwick, dans un communiqué. D'autant que cela pourrait aider à découvrir des exoplanètes « fraîches », à l'image de NGTS-11b qui affiche une température de 160 °C. Soit beaucoup moins que la plupart des géantes gazeusesgéantes gazeuses -- car le rayon de NGTS-11b est estimé à quelque 0,8 fois celui de JupiterJupiter et sa massemasse à environ 0,3 fois celle de Jupiter -- découvertes jusqu'alors.

« Parmi tous les "mondes perdus" que nous pourrons trouver, certains seront probablement de petites planètes rocheusesplanètes rocheuses situées dans la zone d'habitabilitézone d'habitabilité de leur étoile et suffisamment "fraîches" pour porter de l'eau liquideliquide et potentiellement, une forme de vie extraterrestre », conclut le chercheur avec enthousiasme.