Difficile de surprendre l’explosion d’une étoile en supernova. Les astronomes n’ont jamais eu cette chance. Mais cela pourrait changer. Une équipe internationale a en effet identifié un signe qui pourra, à l’avenir, alerter les chercheurs.

Cela vous intéressera aussi

[EN VIDÉO] Supernova : remonter le fil de l’évolution stellaire SNR 0519. C’est ainsi que les astronomes nomment le rémanent d’une supernova qui a explosé dans la galaxie voisine du Grand Nuage de Magellan. Les restes d’une étoile de type naine blanche qui a explosé quelque part dans le passé. Et c’est justement ce « quelque part » que des astronomes de la Nasa ont tenté de déterminer grâce à des données recueillies par plusieurs instruments. (en anglais) © Nasa, CXC, A. Hobart

À ce jour, SN 2013 fs reste la plus jeune supernova jamais observée par les astronomes. Trois heures seulement après que la lumière de son explosion est arrivée jusqu’à la Terre depuis une galaxie spirale située à quelque 160 millions d’années-lumière de notre Planète. Jamais le phénomène n’a pu être suivi en direct parce que les chercheurs ne savent toujours pas prévoir ce type d’explosion.

Ils savent que, lorsque le cœur d’une étoile massive commence à fusionner des éléments de plus en plus lourds, la fin de la vie de cette étoile est proche. Son explosion en supernova aussi. Mais proche à quel point ? Pour les astronomes, proche peut bien vouloir signifier quelques centaines de milliers d’années.

Fin 2019-début 2020, des astronomes ont pensé que l’heure avait sonné pour Bételgeuse d’exploser en supernova. Elle avait presque perdu les deux tiers de sa luminosité. Mais les chercheurs de l’université de Liverpool (Royaume-Uni) et de l’université de Montpellier nous expliquent aujourd’hui que le phénomène de perte de luminosité qui précède une explosion en supernova est en réalité bien plus puissant et beaucoup plus rapide que ce qui a été observé pour Bételgeuse. Une supergéante rouge à l’agonie disparaît alors presque complètement à notre vue en quelques semaines seulement. © lukszczepanski, Adobe Stock
Fin 2019-début 2020, des astronomes ont pensé que l’heure avait sonné pour Bételgeuse d’exploser en supernova. Elle avait presque perdu les deux tiers de sa luminosité. Mais les chercheurs de l’université de Liverpool (Royaume-Uni) et de l’université de Montpellier nous expliquent aujourd’hui que le phénomène de perte de luminosité qui précède une explosion en supernova est en réalité bien plus puissant et beaucoup plus rapide que ce qui a été observé pour Bételgeuse. Une supergéante rouge à l’agonie disparaît alors presque complètement à notre vue en quelques semaines seulement. © lukszczepanski, Adobe Stock

Une baisse spectaculaire de luminosité

Mais, aujourd’hui, des chercheurs de l’université de Liverpool (Royaume-Uni) et de l’université de Montpellier montrent que certaines étoiles — celles qui ont entre 8 et 20 fois la masse de notre Soleil —, dans leur phase de supergéante rouge — celle que l’on sait précéder l’explosion en supernova —, subissent des changements spectaculaires au cours de leurs derniers mois de vie. Elles s’entourent notamment d’un épais cocon de poussière.

Voir aussi

Que s’est-il passé avec Bételgeuse ? Un satellite météo a tout vu

Les astronomes ignorent comment cela se produit. Peut-être le résultat d’ondes de gravité/pression qui se propagent alors à la surface de l’étoile. Quoi qu’il en soit, le processus mène à une diminution de la luminosité de ces étoiles d’un facteur 100 environ. Ne reste donc plus qu’à trouver l’instrument qui pourrait alerter les chercheurs que le phénomène vient de se produire. L’observatoire Vera Rubin, en cours de finalisation au Chili, pourrait être le meilleur candidat. Il communiquera en effet des informations sur la luminosité des étoiles supergéantes dans un rayon de 10 millions d’années-lumière de notre Terre, et ce, tous les quelques jours seulement.