Voici Flex (Flexible Logistics and Exploration), le futur rover lunaire de la start-up Astrolab. Futur choisi par la Nasa ? © Astrolab
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Voici le nouvel astromobile qui pourrait rouler sur la Lune

ActualitéClassé sous :Espace , lune , Programme Artemis

Plus de 50 ans après les missions Apollo, la Nasa se prépare à revenir sur la Lune avec le programme Artemis. À nouveau, l'agence a besoin d'un rover lunaire et a lancé un appel à idées. La start-up américaine Astrolab y répond avec le projet Flex.

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La première fois que l'on a roulé sur la Lune, c'était le 31 juillet 1971, avec la mission Apollo 15. Le Lunar Roving Vehicle (LRV) avait également été utilisé lors des missions 16 et 17. Le LRV était un formidable atout pour récupérer des échantillons sélènes plus loin qu'aux alentours du module lunaire. Cela permettait une meilleure diversité des roches prélevées. Une fois de plus, la Nasa a besoin d'un futur LRV pour son programme Artemis. Le projet Flex y répond.

Prototype du rover Flex en cours de test dans le désert non loin de la vallée de la Mort en Californie. © Astrolab

En février 2020, la Nasa lance son appel à idées à toute l'industrie américaine sur un concept de futur Lunar Terrain Vehicle (LVT, véhicule pour terrain lunaire). Comme condition, il faut que le rover ne soit pas pressurisé. Il sera utilisé pour explorer la surface du pôle Sud de la Lune, futur site d'exploration du programme Artemis.

Plusieurs pontes de l'industrie aérospatiale ont déjà répondu. Northrop Grumman, en partenariat avec plusieurs compagnies, travaille à un design de rover. Il y a également Lockheed Martin en partenariat avec le géant automobile General Motors. Pour des missions ultérieures, le Japon fournira une astromobile pressurisée. La compétition est donc serrée pour Astrolab, mais leur mode de développement semble bien plus efficace.

Le rover Flex peut embarquer plusieurs astronautes ou 1.500 kilos de matériel. © Astrolab

Flex, mais pas seulement dans son nom !

Le rover Flex (Flexible Logistics and Exploration) est un véritable petit camion. Il est capable d'emporter 1.500 kilos de charge comme cargo. Deux marcheurs pourront embarquer et le conduire mais le rover est aussi pilotable à distance. Il est modulable aux choix de la Nasa : si l'agence souhaite s'en servir pour du fret, pour installer des panneaux solaires à la surface de la Lune, ou pour le transport d'astronautes. Astrolab envisage même des applications terrestres.

L'astromobile est équipée de quatre roues. La start-up a monté un partenariat stratégique avec le groupe Venturi, producteur de véhicules électriques. Venturi fournit les roues, les batteries et de possibles échanges de technologie.

Astrolab est très efficace. Ils ont déjà un prototype de Flex et ont commencé à le tester. Ils ont même réalisé des tests avec l'astronaute canadien retraité Chris Hadfield, qui a réalisé trois vols spatiaux, et qui a également été chef du département de robotique au bureau des astronautes de la Nasa. Son expérience aide beaucoup Astrolab à bien cerner les attentes des futurs astronautes sur la Lune.

Chris Hadfield, retraité de la Nasa a testé la conduite du rover Flex et partage son expérience. © Astrolab

Le New Space sur la Lune

Astrolab est vite passé au prototypage dans le même esprit que SpaceX avec le Starship. Il faut dire que le fondateur, Jared Mattheus, est un ancien de SpaceX. Il est aussi passé par le Jet Propulsion Laboratory et avait travaillé sur des rovers martiens et sur un concept de rover lunaire pour le programme Constellation, ancêtre du programme Artemis. Le maître mot est « itération », c'est-à-dire prévaloir les essais sur les modélisations comme le font souvent les industriels classiques.

Astrolab n'est pas la première compagnie du New Space à tenter l'aventure de la Lune. Depuis plusieurs années, la Nasa invite le New Space à venir proposer ses innovations pour le programme Artemis. Cela s'est vu quand la Nasa a choisi le Starship de SpaceX comme unique atterrisseur lunaire, mais aussi à travers le programme CLPS (Commercial Lunar Payload Services). La start-up californienne a pour but de se joindre à l'aventure Artemis avec Flex. Mais il reste encore du chemin à parcourir pour avoir un vrai modèle, il faudra probablement s'agrandir (Astrolab a 15 employés), et assurer son financement.

Astrolab n'est pas la seule compagnie à proposer une astromobile lunaire pour le programme Artemis. Il y a, par exemple, le projet de Northrop Grumman (vue d'artiste). © Northrop Grumman
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