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Grippe : le vaccin plus efficace chez les femmes que chez les hommes

ActualitéClassé sous :E2014

Les femmes réagissent mieux au vaccin contre la grippe que les hommes. Pourquoi ? Parce que la testostérone limiterait l'efficacité du système immunitaire. Mais quel intérêt évolutif ?

Le vaccin contre la grippe saisonnière, qui change chaque année pour s'adapter aux souches circulantes, n'est pas pareillement reçu chez les hommes et chez les femmes. La faute probablement à l'évolution. © Sanofi Pasteur, Flickr, cc by nc nd 2.0

Parmi les inégalités hommes-femmes, il y en a une dont on ne parle pas souvent : l'efficacité du système immunitaire. On sait depuis longtemps que les défenses masculines réagissent moins bien face aux infections bactériennes, virales ou parasitaires. On avait aussi montré que la gent féminine répondait avec plus d'intensité aux vaccins contre la fièvre jaune, la rougeole, ou l'hépatite. À cette liste, on peut désormais ajouter la grippe.

Une étude parue dans Pnas, menée sur 53 femmes et 34 hommes, révèle que ces dames génèrent davantage d'anticorps antigrippaux que leurs homologues masculins. Sauf si ces derniers présentent un taux bas de testostérone. Il n'en fallait pas davantage aux chercheurs, dirigés par Mark Davis de l'université Stanford (Californie), pour imputer cet effet à l'hormone sexuelle mâle.

Les hommes face au danger, les femmes face aux inflammations

Si des recherches précédentes avaient montré que la testostérone détenait des propriétés anti-inflammatoires, liées à une possible interaction avec le système immunitaire, les auteurs pensent plutôt que nos défenses sont refrénées par l'activation d'un groupe de gènes associés à des hauts niveaux de testostérone.

Un paradoxe quand on sait que les hommes sont également plus enclins à prendre des risques... Mais lorsqu'on en arrive au pourquoi, les scientifiques se risquent à une hypothèse qui expliquerait le tout. 

Durant des millénaires, les hommes se chargeaient de la chasse et de la guerre, et s'exposaient davantage aux blessures, donc aux infections, ce qui nécessite de faire régulièrement appel au système immunitaire. Si celui-ci devient trop sensible, alors s'ensuit une réaction excessive qui engendre des réactions inflammatoires qui deviennent gênantes. Lorsqu'on prend des risques donc, il vaut mieux trouver le bon compromis entre efficacité et réactivité pour ne pas non plus souffrir au repos. Les femmes, moins exposées au danger, ont « misé » davantage sur l'efficacité. Mais elles se montrent aujourd'hui plus concernées par les maladies inflammatoires...

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