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Soho repère une intrigante comète près du Soleil

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Les comètes qui s'approchent dangereusement du Soleil ne sont pas rares. Le satellite Soho en a d'ailleurs observé de nombreuses tout au long de sa carrière débutée en 1996. Beaucoup sont connues pour appartenir au groupe de Kreutz, mais la 2.875e, découverte par le satellite, intrigue les astronomes car elle ne présente aucun lien de parenté avec cette famille, ni avec aucune autre d'ailleurs. Pour l'instant, elle a bien résisté au feu solaire et à la force gravitationnelle de notre étoile.

Position de la comète C/2015 D1 (Soho) relative au Soleil et à Soho. Le 20 février 2015, la 2.875e comète découverte un peu plus tôt par le satellite passait à environ 3,5 millions de km de notre étoile, ici masquée par le coronographe Lasco C2 de Soho (le cercle blanc délimite le Soleil). © Esa, Nasa

Le vénérable Soho (Solar and Heliospheric Observatory), lancé fin 1995, est le plus grand découvreur et pourvoyeur de comètes de tous les temps. Au cours de ses années d'activité, le satellite de l'Esa et de la Nasa dédié à l'observation du Soleil a effectivement surpris, dans le champ de ses coronographes Lasco C2 et C3, plus de 2.875 astres chevelus (du latin coma, chevelure). La plupart d'entre eux étaient inconnus jusque-là.

Les chercheurs en ont observé des téméraires qui s'aventurent très près de note étoile (désignés sungrazers en anglais, « brouteurs de Soleil »). Certains ne sont d'ailleurs pas revenus de leur voyage car ils ont foncé (et fondu) dans le chaudron solaire... Dans la liste, ceux aux orbites très similaires sont associés au groupe dit de Kreutz. Il s'agit vraisemblablement d'une multitude de débris qui ont été essaimés par une seule et même comète, laquelle s'est fragmentée il y a quelques siècles.

La 2.875e comète débusquée avec les yeux du satellite et initialement nommée Soho-2875 est un cas un peu particulier pour les astronomes car elle n'appartient à aucun groupe connu. En outre, elle a survécu au « feu » de notre Soleil et à ses puissantes forces de marée le 20 février dernier, lorsqu'elle l'a frôlé à quelque 3,5 millions de km. À cet égard, les férus d'astronomie se souviennent sûrement avec bonheur de la comète Lovejoy qui, contre toute attente, avait brillamment résisté à son rase-mottes avec le Soleil en décembre 2011.

La 2.875e comète découverte par Soho est passée dans le champ du coronographe Lasco C3 du satellite d’observation solaire entre le 18 et le 21 février 2015. Au milieu de cette séquence, on peut admirer une éjection de masse coronale (CME) se déployer. © Esa, Nasa

Quelle observation pour cette nouvelle comète ?

Baptisée depuis sa découverte C/2015 D1 (Soho), ce nouveau corps glacé devenu plus brillant depuis son passage à l'orée du Soleil laisse entrevoir, pour les astronomes amateurs, une chance d'être visible avec un instrument d'observation dans le ciel flamboyant du crépuscule au cours des prochains jours (fin février, début mars).

Au lendemain de son flirt avec l'astre solaire le 21 février, sa magnitude était de 4 à 4,5. Bien entendu, en prenant le large, sa luminosité décroit et elle est à présent supérieure à 6. Cela signifie que, dans la clarté de nos débuts de soirée, en direction de la constellation des Poissons, à l'ouest, où s'affiche en ce moment l'étincelante Vénus accompagnée de son amant Mars, il n'est quasiment pas possible de la traquer à l'œil nu.

Toutefois, grâce à la carte du ciel développée par Bob King (alias Astrobob) -- de son propre aveu encore approximative du fait du manque d'informations précises sur sa trajectoire --, chacun peut s'amuser à la rechercher avec une paire de jumelles, une lunette ou un télescope autour des étoiles qui jalonnent la route qu'elle devrait emprunter début mars à travers les Poissons, Pégase et Andromède. Le 24 février, la comète C/2015 D1 (Soho) était à 45 millions de km du Soleil et plus de 127 millions de km de la Terre. Reste à espérer que des éléments seront visibles dans le ciel : au mieux un sursaut de luminosité, au pire, un nuage résiduel de glace et de poussières, comparable à celui de la comète Ison qui s'était « brûlé les ailes » en novembre 2014 lors de son survol de notre étoile. C'était alors la première et dernière fois qu'elle rendait visite au Soleil.

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