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Lovejoy : une comète à observer dans le ciel de janvier

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Découverte par Terry Lovejoy au cours de l'été 2014, la comète C/2014 Q2 est de plus en plus brillante dans le ciel d'hiver, à la faveur de son rapprochement avec la Terre, le 7 janvier puis du Soleil, trois semaines plus tard. Il faudra attendre les jours qui suivent la Pleine Lune pour pouvoir enfin l'observer dans toute sa splendeur.

La comète C/2014 Q2 photographiée en Namibie le 23 décembre 2014 par Gerald Rhemann, arbore un noyau enveloppé de gaz très lumineux et une longue queue torsadée. © Gerald Rhemann

Avis à tous ceux qui viennent de faire l'acquisition d'un instrument d'observation (lunette astronomique, télescope, jumelles grossissant plus de 8 fois) ou qui en possèdent déjà un depuis longue date, que vous soyez astronomes amateurs novices ou avertis : une comète se promène dans le beau ciel d'hiver boréal. Malheureusement, en ce début janvier 2015, la Lune croissante présente dès la tombée de la nuit gêne beaucoup la visibilité de ce visiteur du soir qui, dans de meilleures conditions, sans pollution lumineuse d'aucune sorte, pourrait être admiré à l'œil nu. L'astre découvert les 17-18 août 2014 par Terry Lovejoy, à son observatoire australien de Birkdale, est en effet de plus en plus brillant et affiche désormais une magnitude 5.

Une comète à observer dans le ciel d’hiver

Désignée C/2014 Q2 (Lovejoy), la comète traverse actuellement la constellation du Lièvre (Lepus), sous les pieds d'Orion puis entrera dans celle de l'Éridan (Eridanus), dès ce week-end. À partir du 9 janvier, il faudra la rechercher dans le Taureau (Taurus) et ensuite dans le Bélier (Aries), le 16. Le 7 janvier, deux jours après la Pleine Lune, l'astre glacé ne sera alors qu'à 70 millions de kilomètres (0,4 UA) de la Terre. On pourra profiter de cette plus petite distance avec nous pour l'observer dès la fin du crépuscule, avant le lever de notre satellite naturel (cette nuit-là en conjonction avec Jupiter) environ trois heures plus tard. Du fait de cette proximité, la comète qui voyage actuellement à une vitesse moyenne de 130.000 kilomètres par heure parait très pressée, car elle galope dans le firmament, parcourant jusqu'à trois degrés par jour dans les constellations !

Lors de sa traversée de la constellation du Lièvre, le noyau de C/2014 Q2 et sa longue queue panachée se sont affichés à côté de l’amas globulaire Messier 79 (M79). © Robert Mueller

La comète poursuit sa route en direction du Soleil sur une orbite inclinée à 80,3°. C'est le 30 janvier prochain qu'elle sera au plus près de notre étoile (périhélie), à 193 millions de kilomètres (1,29 fois la distance Terre-Soleil soit 1,29 UA). Issue du lointain nuage de Oort, aux confins du Système solaire, C/2014 Q2 affiche une très longue période orbitale estimée par les uns, le MPC (Minor Planet Center), à quelque 13.790 ans et par d'autres comme le JPL (Jet Propulsion Laboratory), à 13.520 ans. Les chiffres sont encore discutés par les spécialistes, mais ces derniers considèrent que les orbites planétaires ont modifié son périple si bien que nous pourrions la revoir plus tôt que précédemment, dans environ 8.000 ans...

Cinquième comète Lovejoy

Lovejoy, ce nom vous dit peut-être quelque chose. L'astronome amateur basé dans le Queensland en Australie a effectivement déjà associé son nom à quatre autres comètes découvertes en ce début du XXIe siècle. La plus célèbre d'entre elles est sans aucun doute C/2011 W3. Celle-ci, souvenez-vous, défrayait la chronique en décembre 2011, en frôlant notre Soleil à seulement 140.000 kilomètres de sa surface. À la grande surprise générale, ce fragment d'une comète appartenant au groupe de Kreutz avait survécu à la fournaise. Aussi, en pleine gloire, elle arborait les jours suivants une queue majestueuse dans le ciel austral. Un exploit que la comète Ison n'a hélas pas réussi à renouveler deux ans plus tard, bien qu'elle passa à un million de kilomètres du Soleil.

Parcours de la comète Lovejoy entre le 1er et le 31 janvier 2015, à travers les constellations emblématiques du ciel d'hiver, visibles en première partie de nuit, vers le sud-est et le sud. © Sky & Telescope
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