Lorsqu’une maison a abrité un laboratoire clandestin de méthamphétamine, on y trouve des résidus dangereux pendant des années après l’arrêt de la production. © Gorodenkoff, AdobeStock

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Votre maison a-t-elle été un laboratoire de méthamphétamine ?

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Un professeur de chimie qui s'improvise fabricant de méthamphétamine. Ça n'arrive qu'à la télé ? Peut-être pas. Aux États-Unis, en tout cas, des milliers de laboratoires clandestins sont démantelés chaque année. Et les maisons qui les abritaient en gardent longtemps les stigmates.

Votre maison a-t-elle été un laboratoire de méthamphétamine ? La question peut sembler saugrenue. Mais la mésaventure est arrivée récemment à un jeune couple dans le Missouri (États-Unis). Lors d'un examen de routine, la femme, enceinte, s'est révélée positive à la méthamphétamine. Et après une longue enquête, il a été révélé qu'il émanait de la maison que le couple venait d'acquérir, des niveaux dangereux de contamination après qu'elle a servi de laboratoire à de précédents propriétaires.

Une drogue extrêmement addictive et facile à produire

Bienvenue dans Breaking Bad ? Peut-être. Il semblerait toutefois que cela se produise plus souvent qu'on ne le pense. Car rappelons que la méthamphétamine est une drogue de synthèse extrêmement addictive qui peut être fabriquée relativement facilement à partir de pseudoéphédrine, un banal décongestionnant nasal. Elle se présente sous la forme d'une poudre que l'on avale, que l'on inspire, que l'on fume ou que l'on s'injecte.

Et une étude de chercheurs de l'université Flinders (Australie) révèle que des traces de cette drogue peuvent persister jusqu'à 5 ans après l'arrêt de la production dans une maison. À des niveaux extrêmement élevés et même sur des objets ayant été placés dans la maison ultérieurement. Les objets les plus contaminés se sont révélés être les stores en plastique, les objets en PVC ou en polyuréthane ainsi que les bois peints et vernis.

En 2015, une étude a montré que les traces de méthamphétamine trouvées dans une maison qui avait auparavant servi de laboratoire avaient des impacts sur la santé de ces habitants. Des impacts généralement bénins comme des douleurs oculaires ou des éruptions cutanées, un peu d’anxiété ou des troubles du sommeil. Mais les enfants semblent pouvoir être plus touchés et développer des symptômes proches de ceux de l’asthme, de la peur et de l’irritabilité notamment. © ambermb, Pixabay License

S’appuyer sur les autorités compétentes

Aux États-Unis, il existe un registre consultable des laboratoires clandestins démantelés par la police entre 1999 et 2008. Plus de 110.000 adresses y sont répertoriées. Pour le reste, quelques indices peuvent vous mettre la puce à l'oreille. Comme la présence sur place, dans le grenier ou dans la cave, en général, de grandes quantités de médicaments contre le rhume, de sel, d'iode, d'allumettes, etc.

L'odeur peut aussi vous mettre sur la voie. Car la méthamphétamine dégage un parfum de vinaigre, d'ammoniac, de nettoyant pour les vitres, voire même de plastique brûlé. Mais la présence de telles odeurs peut aussi ne pas être concluante.

Il est également possible de se servir d'un kit de détection des résidus de méthamphétamine que l'on peut trouver en ligne, à un prix raisonnable. Même s'il reste difficile d'en garantir la fiabilité. Et, dernière solution : faire appel à un laboratoire spécialisé ou aux autorités sanitaires locales.

  • Une maison qui a servi de laboratoire clandestin peut garder pendant plusieurs années des traces dangereuses de méthamphétamine.
  • Pour éviter les déconvenues, traquez la présence de certains produits de consommation courante en grande quantité ou l’odeur caractéristique de la méthamphétamine.
  • Vous pouvez vous appuyer sur des spécialistes ou les autorités compétentes.
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