Le lanceur suborbital New Shepard de Blue Origin au décollage. Celui-ci ne doit pas être confondu avec le Falcon 9 de SpaceX, qui va beaucoup plus haut et qui est capable de transporter des charges de plusieurs tonnes. Ces lanceurs bousculent tous les deux le secteur spatial mais ils ne volent pas dans la même catégorie. © Blue Origin

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Vols habités : Blue Origin reprend ses essais de tourisme suborbital

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L'exubérance d'Elon Musk tranche avec la discrétion de Jeff Bezos, le patron d'Amazon et de Blue Origin. Depuis le dernier essai du New Shepard, un système de transport suborbital pour des vols habités à la frontière de l'espace (sans mise en orbite), plus d'un an s'est écoulé sans que la société Blue Origin communique sur l'avancement du programme. Il y a quelques jours, nous avons appris que ces essais allaient reprendre. Ce sera l'occasion de mesurer le travail accompli depuis le dernier vol du New Shepard.

D'après des informations fournies par la FAA (l'autorité américaine de régulation de l'aviation civile), la société Blue Origin s'apprêterait à reprendre les essais suborbitaux du New Shepard, après une interruption d'un an. Un porte-parole de l'entreprise a confirmé au site d'informations SpaceNews être à l'origine de cette demande mais n'a pas fourni de détails sur la nature des activités prévues.

Dans son avis, la FAA annonce qu'elle va « fermer l'espace aérien au-dessus du site d'essai de Blue Origin entre le 11 et le 14 décembre, chaque jour entre 9 h 30 et 16 h ». Cette fermeture vise à « fournir un environnement sûr pour le lancement et la récupération d'un lanceur », lit-on dans ce communiqué succinct. On peut supposer que cette année a été mise à profit pour préparer des essais en prévision d'un vol habité à la frontière de l'espace dans le courant de l'année 2018.

Conçu pour offrir le maximum de visibilité sur l’extérieur, l’habitacle de la capsule New Shepard compte six sièges fixés en position horizontale qui disposent chacun d’un large hublot. © Blue Origin

La vraie capsule devrait voler

Cette reprise des vols d'essais intervient dans un contexte favorable au programme de développement du New Shepard qui, rappelons-le, vise le marché touristique des vols habités à la frontière de l'espace. Il s'agit seulement d'un vol parabolique, qui amène l'engin au-dessus de l'atmosphère à vitesse faible, pour un court spectacle avant la redescente vers le sol. L'énergie demandée au lanceur est donc bien moindre que celle exigée par une mise en orbite, où la vitesse doit dépasser les 28.000 km/h.

Les essais précédents ont validé le concept et les choix technologiques avec un étage de propulsion réutilisé à plusieurs reprises. Le système d'éjection d’urgence a même été testé en vol avec succès. Quant à la capsule qui transportera des passagers à environ 100 kilomètres, elle a fait l'objet d'un lifting par rapport à la version initiale. Équipée de six sièges et de larges hublots, elle pourra également embarquer des expériences scientifiques ou des démonstrateurs de technologies.

Si l'on se fie aux déclarations faites en septembre 2017 au Congrès international d'astronautique d'Adélaïde, en Australie, le vol d'essai prévu ces prochains jours utilisera un étage neuf, c'est-à-dire non utilisé lors d'un précédent essai. La nouvelle capsule devrait également être testée lors de ce vol. Celle des essais précédents n'avait pas de hublots (leurs emplacements étaient seulement signalés par des dessins).

On notera que Blue Origin n'a toujours pas annoncé de date d'ouverture de son service touristique spatial, ni débuté la commercialisation de billets et encore moins fixé un prix de vente.

Pour en savoir plus

Blue Origin : les vols habités à la frontière de l'espace débuteront en 2018

Article de Rémy Decourt publié le 17/04/2017

Si Virgin Galactic a longtemps semblé détenir les meilleures chances de devenir la première société à commercialiser des vols touristiques suborbitaux, le New Shepard de Blue Origin tient toutes ses promesses. Il pourrait envoyer ses premiers touristes à la frontière de l'espace d'ici fin 2018 !

Après cinq vols réussis entre 2015 et 2016 du système de lancement New Shepard, dont un test d'éjection d’urgence de la capsule, la maîtrise de la récupération de ce lanceur suborbital et de sa réutilisation étant démontrée, la société Blue Origin se prépare aux vols d'essai habités. Initialement prévus dans le courant de cette année, ils ont été repoussés à l'année prochaine. S'exprimant lors du 33e Space Symposium, le rendez-vous incontournable de la communauté spatiale internationale et de ses principaux acteurs, institutionnels, militaires et commerciaux qui s'est déroulé du 3 au 6 avril à Colorado Springs (États-Unis), Jeff Bezos, le patron de Blue Origin, s'est voulu plutôt rassurant sur ce retard.

Un véhicule multi-usage ?

Il a annoncé que le premier vol suborbital touristique pourrait être réalisé dès 2018. La commercialisation des billets devrait commencer vraisemblablement dès que les premiers vols d'essai habités auront été réalisés et qu'ils auront donnés satisfaction. Blue Origin n'a pas encore fixé de prix, mais on peut raisonnablement penser qu'il se situera entre 100.000 et 200.000 dollars.

Lors de ce symposium, Bezos a précisé que le New Shepard, en plus de servir de véhicule suborbital touristique et d'être utilisé pour des expériences de recherche scientifique et de développement technologique, pourrait également être converti en petit lanceur de satellite en orbite basse au moyen d'un étage supérieur. Il pourrait également être utilisé pour lancer un véhicule orbital, en lieu et place de l'actuelle capsule touristique.


New Sheppard réussit un nouveau vol d'essai

Article de Rémy decourt publié le 21/06/2016

Et de quatre pour le New Shepard ! La maîtrise de la récupération de ce lanceur suborbital et sa réutilisation étant démontrées, la société Blue Origin se concentre maintenant sur d'autres aspects du vol. Dimanche soir, le but était surtout de montrer que la capsule pouvait retourner se poser sur la terre ferme en sécurité avec seulement deux parachutes, au lieu des trois nécessaires à une descente et un atterrissage paisibles.

Le lanceur suborbital New Shepard de Blue Origin a de nouveau réussi un vol d'essai, dimanche au Texas (États-Unis). Il s'agissait de la quatrième fois depuis la première tentative survenue en avril 2015 et qui s'était soldée par le crash de l'appareil. Cette fois-ci, comme les trois vols précédents, tout s'est déroulé à merveille avec un décollage et un atterrissage de précision. La capsule du New Shepard est montée à une centaine de kilomètres, altitude qui marque artificiellement la frontière de l'espace, puis s'est séparée du lanceur suborbital.

Le principal intérêt de ce vol d'essai n'était pas de vérifier une nouvelle fois que Blue Origin maîtrise la récupération de son lanceur suborbital. Il s'agissait de tester la descente de la capsule, qui s'est faite en mode volontairement dégradé, avec deux parachutes au lieu de trois.

À travers cet essai, Blue Origin souhaitait voir le comportement de la capsule en cas de problème, puisqu'elle est destinée, à terme, à accueillir jusqu'à six passagers lors de vols suborbitaux touristiques que compte proposer l'entreprise. Bonne nouvelle pour les futurs touristes : bien que le contact avec le sol ait été un peu rude, la capsule n'a pas subi de dommages structuraux. « Ingénierie minutieuse plus, bien sûr... mes bottes porte-bonheur. La mission a été un succès », a tweeté peu après Jeff Bezos, fondateur de la société, avec une photo de ses santiags, pour saluer la performance de son système de vol suborbital.

Le lanceur suborbital de retour de son vol d'essai. © Blue Origin

Tourisme spatial : des Hommes à bord de la capsule en 2017

Lors d'un prochain vol, la capsule sera de nouveau testée dans un mode de fonctionnement inhabituel. À une vitesse transsonique, ses moteurs seront mis en route pour l'éjecter le plus loin possible du lanceur New Shepard. L'entreprise Blue Origin démontrera ensuite qu'elle est capable de la ramener en toute sécurité au sol. Quant à un premier vol avec des pilotes d'essai, il n'est pas prévu avant le courant de l'année prochaine.

Le système New Shepard a volé quatre fois, en avril 2015, novembre 2015, janvier 2016 et avril 2016. Bien qu'il soit conçu pour être réutilisé à plusieurs reprises, ce lanceur a besoin d'une remise en état a minima entre deux vols. Celle-ci concerne la réparation du système de protection thermique, le remplacement des structures déformables et le réemballage des parachutes. Entre chaque vol, étant donné que les ingénieurs en apprennent à chaque fois un peu plus sur le comportement du système de lancement, des mises à jour des logiciels sont également réalisées pour introduire de nouvelles fonctionnalités.