Sur cette image, la topographie de Vénus dérivée des données de Magellan montre Idunn Mons. Son altitude de 2,5 km a été exagérée par rapport à la plaine environnante qui s'étend sur 200 km environ. Les couleurs, reliées au flux de chaleur, indiquent un changement de composition au sommet du volcan. © Nasa-ESA

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Les volcans de Vénus seraient toujours actifs (MAJ)

ActualitéClassé sous :Astronomie , Volcan , Vénus

Des coulées de lave pourraient bien avoir eu lieu récemment sur Vénus, il y a moins d'un million d'années. Des chercheurs ayant comparé les données des sondes Magellan et Venus Express le confirment. L'activité volcanique de la planète pourrait même encore se poursuivre actuellement.

Lorsque la sonde Magellan a fourni une cartographie relativement précise de la surface de Vénus, il est apparu clairement que sa surface n'était pas criblée de cratères, comme le sont celles de Mercure, Mars et la Lune. En revanche, des traces d'une activité volcanique importante étaient visibles, ce qui n'est pas vraiment surprenant puisque Vénus est d'une taille comparable à celle de la Terre et qu'elle devrait donc posséder des réserves de chaleur encore importantes. Mais les volcans détectés sont-ils toujours actifs aujourd'hui ?

En 2010, les observations effectuées par la sonde Venus Express, de l'Agence spatiale européenne (ESA), avaient révélé que le sommet de Idunn Mons, qui ressemble à un édifice volcanique, était anormalement chaud. Les premières études approfondies laissaient penser qu'il pouvait s'agir de coulées de lave encore en train de refroidir. L'absence de détails montrant l'œuvre de l'érosion, on pouvait en conclure qu'elles s'étaient mises en place il y a moins de 2,5 millions d'années et peut-être même il y a moins de 250.000 ans.

Cinq coulées de lave (lava flow unit ou lFU) sont identifiées dans les images radar de Magellan autour du volcan Idunn Mons. Elles sont indiquées sur cette image par des contours colorés. © Nasa, ESA, DLR

Mais ces coulées de lave existaient-elles vraiment ? Les observations de Venus Express sont sujettes à caution. Des membres du Centre allemand pour l'aéronautique et l'astronautique (en allemand Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt, plus connu sous son abréviation DLR) ont donc voulu en avoir le cœur net, comme l'annonce un communiqué du DLR. Les chercheurs ont, pour cela, analysé à l'ordinateur la topographie de Idunn Mons obtenue avec les données plus précises de la carte de Vénus fournie par les observations de la sonde Magellan et l'ont rapprochée des mesures de la sonde européenne.

Cinq coulées de lave semblent bel et bien exister sur le volcan selon les données de Magellan et elles coïncident au mieux avec les anomalies thermiques détectées par Venus Express. Compte tenu des pics de dioxyde de soufre détectés depuis quelques années par la sonde de l'ESA dans l'atmosphère de Vénus (une signature possible d'éruptions), il devient donc de plus en plus probable que l'activité volcanique de la sœur de la Terre soit en train de se poursuivre.

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L'activité volcanique de Vénus serait récente

Article initial de Laurent Sacco publié le 13/04/2010

La cartographie de la surface de Vénus montre des traces indéniables d'une activité volcanique copieuse. Est-elle récente ? Peut-elle se poursuivre actuellement ? Les résultats de la sonde européenne Venus Express conduisent à répondre « oui » aux deux questions.

L'atmosphère de Vénus est particulièrement dense et opaque dans le domaine visible, rendant longtemps impossible l'observation de sa surface. Les rares sondes qui ont atterri sur la planète n'ont pu y survivre que quelques dizaines de minutes à deux heures et leurs images sont elles aussi restées longtemps peu significatives. Ce n'est que récemment que les photos prises par Venera 13 ont pu être exploitées pour donner un aperçu des paysages de Vénus.

Pourtant, nous connaissons plutôt bien la topographie de Vénus depuis des dizaines d'années et cela grâce au radar équipant la sonde américaine Magellan, restée en orbite autour de la planète de 1990 à 1994. À l'aide de puissants ordinateurs, il a même été possible de simuler un survol de la planète à partir des relevés effectués par la sonde.

Une caractéristique étonnante de la surface de Vénus est son très faible taux de cratérisation, ce qui implique qu'elle est très jeune. En outre, d'impressionnantes formations d'origine volcanique, comme des volcans boucliers, des pancakes en forme de crêpes et d'autres structures nommées corona et nova, indiquent une forte activité volcanique ayant récemment remodelé la surface de Vénus.

Constituée de roches volcaniques à 85 %, la surface de Vénus semblait accuser un âge inférieur à 1 milliard d'années d'après les premières estimations. Mais la fraîcheur des structures géologiques, comme celles montrant des flots de lave, laissait supposer à beaucoup un âge inférieur à 100 millions d'années pour plusieurs régions. D'autres allaient plus loin et n'hésitaient pas à évoquer une activité volcanique se poursuivant de nos jours.

En haut : cartographie radar de Idunn Mons par Magellan. En bas : superposition des mesures de l'excès de chaleur par Venus Express en 2007. L'altitude de 2,5 km a été exagérée par rapport à la plaine environnante qui s'étend sur 200 km environ. Les couleurs, reliées au flux de chaleur, indiquent un changement de composition au sommet du volcan. © Nasa-ESA

Des roches toutes neuves

Les données de la sonde européenne Venus Express semblent aujourd'hui favoriser les hypothèses des planétologues les plus optimistes. En effet, les observations effectuées à l'aide du Visible and Infrared Thermal Imaging Spectrometer (Virtis) équipant la sonde en orbite autour de Vénus depuis avril 2006 permettent d'estimer la composition des roches de la surface la planète.

Les chercheurs se sont récemment concentrés sur l'étude de zone volcanique similaire à celles que l'on trouve sur Terre avec les volcans d'Hawaï dont on connaît l'activité presque continuelle.

Ils ont ainsi découvert qu'au sommet de Idunn Mons (46°S, 214,5°E), localisé dans la région de Vénus appelée Imdr Regio, la composition des roches ne ressemblait pas à celles environnantes, exactement comme ce serait le cas sur Terre à proximité d'une coulée de lave récente. Ainsi, les roches fraîches provenant de la cristallisation d'un magma ayant rejoint la surface de la planète n'auraient pas encore eu le temps de voir leur composition altérée par le contact avec l'atmosphère de Vénus.

Si l'on en croit les chercheurs, ces observations posent une nouvelle borne à l'âge du sommet de Idunn Mons. La coulée de lave qui s'y trouve serait là depuis 250 millions d'années au plus et serait même probablement plus jeune encore puisque les résultats indiquent aussi un âge minimum de 2.500.000 ans.

De quoi renforcer la conviction que de prochaines missions d'exploration de la surface de Vénus devraient être capables de surprendre des éruptions volcaniques...

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