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La sonde Rosetta révèle l'astéroïde Steins

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Lancée en mars 2004, la sonde européenne Rosetta vise un palmarès de trois corps célestes : deux astéroïdes, Steins (croisé en 2008) et Lutetia (espéré en juillet 2010) , et une comète, Churyumov-Gerasimenko, sur laquelle elle déposera un atterrisseur en 2014. Rosetta a déjà permis de comprendre pourquoi on trouve des éboulis sur le minuscule Steins.

Vue d'artiste de la sonde Rosetta. Crédits Esa

L'étude des astéroïdes est une des priorités des programmes spatiaux actuels. Ces petits corps sont les témoins de la naissance du Système solaire ; s'ils n'ont pas pu s'agglomérer à cette époque pour former une nouvelle planète après Mars, c'est en raison des effets gravitationnels perturbateurs de Jupiter, la géante gazeuse.

En septembre 2008, Rosetta est passée à 800 kilomètres de son premier astéroïde, Steins. Steins n'a pas été choisi par hasard. Comme seulement une vingtaine d'astéroïdes, il est du type E (son spectre optique laisse penser que sa surface est composée d'enstatite). Les images fournies par l'instrument Osiris (Optical, Spectroscopic, and Infrared Remote Imaging System) lors du survol de Rosetta ont révélé un astre très brillant, qui a la forme d'un diamant d'environ 5 kilomètres, dont la surface est un amoncellement de gravats.

L'astéroïde Steins photographié par la sonde Rosetta en septembre 2008. Crédits : Nasa

Les chercheurs se sont intéressés à la distribution des cratères d'impact sur Steins et ont très vite remarqué que les plus petits (moins de 500 mètres de diamètre) étaient beaucoup moins nombreux que ce à quoi on pouvait s'attendre. Le résultat de leurs analyses vient d'être publié dans le magazine Science.

Selon H. Uwe Keller et ses collègues, la plupart des petits cratères ont été comblés par des éboulements dont le responsable serait l'effet Yorp (pour Yarkovsky-O'Keefe-Radzievskii-Paddack). Il permet d'expliquer l'accélération de la rotation de certains petits astéroïdes en prenant en compte leur forme et la constitution de leur surface. Dans le cas de Steins, on note une période de rotation d'un peu plus de 6 heures.

En attendant Lutetia et Churyumov-Gerasimenko...

Au cours de son dernier survol de la Terre en novembre 2009, le spectromètre Alice placé à bord de la sonde a été testé avec succès. Avant de l'utiliser pour ausculter la comète Churyumov-Gerasimenko, les chercheurs l'ont essayé sur notre planète, nous révélant ainsi sa signature en ultraviolet.

Spectre ultraviolet du croissant terrestre obtenu par la sonde Rosetta en novembre 2009. Crédits : Esa

La sonde se dirige maintenant vers un autre astéroïde, Lutetia, un corps d'environ 100 kilomètres, qu'elle survolera le 10 juillet 2010 à 3.000 kilomètres de distance. Puis Rosetta sera mise en mode hibernation pour économiser son énergie. Si tout va bien elle se réveillera en novembre 2014 lors du survol de la comète Churyumov-Gerasimenko. Elle y déposera un atterrisseur d'une centaine de kilos qui, harponné à la surface glacée de la comète, y effectuera toutes sortes de mesures pendant 5 jours, sa durée de vie probable. La sonde restera en orbite autour de la comète pour l'étudier pendant encore un an, puis ce sera la fin d'une mission particulièrement ambitieuse.

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