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Les piliers de la nébuleuse de l'Aigle détruits par une supernova ?

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Les trois « Piliers de la Création » dans la nébuleuse de l'Aigle M16 sont parmi les objets astrophysiques les plus connus et les plus mythiques depuis leur observation par le télescope spatiale Hubble en 1995. Et voila que selon une étude présentée par Nicola Flagey, actuellement en thèse à l'IAS et en visite au prestigieux Spitzer Science Center du Caltech, ils auraient disparu depuis 6000 ans !

Nébuleuse de l'Aigle, M16, piliers de la création
La nébuleuse de l'Aigle

Cela semble complètement fou mais l'Univers nous a habitués à ce genre de paradoxe. La nébuleuse de l'Aigle est située à 7000 années-lumière, elle est riche en gaz et en poussières et nombre de jeunes étoiles tout juste nées y ont été détectées. On y observe d'ailleurs des globules de Bok, ou plus précisément des EGGS (Evaporating Gaseous GlobuleS) à l'intérieurs desquels se trouvent des proto-étoiles en formation avec disques d'accrétion à l'origine de futurs systèmes planétaires, d'où le surnom de la Nébuleuse.

Les jeunes étoiles émettent un intense rayonnement ultraviolet chassant les gaz et poussières, ce qui sculpte les fameux piliers et laisse apparaître les zones de surdensité où sont en train de naître les systèmes planétaires, on parle de photo érosion. Pour un planétologue cherchant à comprendre l'origine des planètes c'est une région de choix où tourner le regard infra-rouge de Spitzer à même de percer les nuages de poussières autrement opaques aux autres longueurs d'ondes.

Seulement voilà, une partie des nouvelles étoiles de la nébuleuse sont des étoiles dépassant largement la masse du soleil, ce qui veut dire qu'elles brûlent rapidement leur carburant thermonucléaire en quelques millions d'années seulement et qu'elles finiront en supernovae. C'est pourquoi les astrophysiciens pensent depuis longtemps que les structures observées ne peuvent être que transitoires car, à l'échelle astronomique, la nébuleuse doit être fréquemment secouée par des explosions de supernovae.

Or les dernières observations de Spitzer montrent ce qui a tout l'air d'être une onde de choc issue d'une supernova se propageant en direction des colonnes de gaz, ce qui veut dire que dans mille ans elles seront détruites !

Et voilà la clé du paradoxe, comme nous observons en réalité la nébuleuse à une distance de 7000 années-lumière, ce que nous voyons aujourd'hui date de 7000 ans ce qui veut dire qu'avant l'invention de l'écriture par l'humanité les piliers avaient déjà disparu !

Regardez bien l'image en fausses couleurs fournie par Spitzer, vous y verrez en rouge une coquille de gaz et de poussières chauds et en vert les trois Piliers. Le télescope en orbite ISO de l'ESA avait déjà détecté cette étrange bulle chaude mais grâce à Spitzer il est maintenant possible de l'associer à un reste de supernova dont l'onde de choc se propage inexorablement vers leurs victimes.

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