L'instrument Mupus (Multi-Purpose Sensors for Surface and Sub-Surface Science), sur Philae, a tapoté le sol de la comète pour y faire pénétrer le pointeau. Malgré une augmentation graduelle de la puissance des coups, la pointe ne s'est que faiblement enfoncée. Conclusion : à cet endroit, le sol est dur. Mupus a également mesuré les températures autour de lui. Romap (Rosetta Magnetometer and Plasmamonitor) est un magnétomètre qui a pu mesurer les variations du champ magnétique lors de la descente. Un instrument semblable (RPC) l'avait fait depuis Rosetta, avec à la clé la découverte d'une étrange variation de ce champ. Transformée en un son par une équipe allemande de la Technische Universität Braunschweig, elle a donné une mélodie artificielle mais touchante. © DLR

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Philae a reniflé des molécules organiques sur sa comète

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L'agence spatiale allemande a confirmé que l'instrument Cosac a détecté des molécules à base de carbone parmi les effluves volatiles s'échappant de la comète Tchouri. En revanche, l'analyse des échantillons de la foreuse SD2 n'a pas encore été examinée par les chercheurs et les résultats semblent incertains.

L'examen des résultats transmis par l'atterrisseur Philae avant son hibernation se poursuit et les informations sont communiquées au compte-goutte par les agences spatiales ayant fourni les différents instruments. La DLR (l'agence allemande, responsable de Philae) vient de faire un petit bilan.

Le résultat actuellement le plus spectaculaire est la découverte de molécules organiques. Ce terme, qui peut prêter à confusion, désigne chez les chimistes des molécules comprenant une chaîne d'atomes de carbone (voire un seul). Le qualificatif vient de ce que les organismes vivants de la Terre construisent ainsi leurs glucides, leurs lipides, leurs protéines et leurs acides nucléiques. Le dioxyde de carbone (CO2 ou gaz carbonique) et le méthane (CH4) sont donc des molécules organiques.

Celles apportées sur la jeune Terre par les astéroïdes (puisque l'on a découvert des acides aminés dans les météorites tombées à Orgueil et à Murchison) et les comètes (par leurs poussières également) ont-elles joué un rôle dans l'apparition de la vie ? Si oui, lequel ? On ne sait pas répondre à ces questions. Et c'est pour cela que Rosetta les cherche...

La valse de Rosetta autour de la comète 67P/Churyumov-Gerasimenko. La sonde continue son travail d’observation à 20 km du centre de sa cible. Le 3 décembre, elle changera d’orbite pour s’installer à 30 km à partir du 6 décembre. Ce jour-là, mais c’est un hasard, la Nasa réveillera sa collègue New Horizons, en route pour Pluton. © Esa

Philae et Rosetta à la recherche des molécules organiques

D'après la DLR, l'instrument Cosac, qui a analysé un peu du gaz s'échappant du sol de la comète en a découvert une série, a affirmé devant la presse Ekkehard Kührt, directeur scientifique responsable de Philae à la DLR. En soi, l'information n'est pas surprenante puisque, d'une part, les instruments de l'atterrisseur ont fonctionné correctement et que, d'autre part, Rosetta avait déjà repéré des molécules organiques grâce à Rosina (Rosetta Orbiter Spectrometer for Ion and Neutral Analysis).

En septembre, en effet, ce spectromètre avait détecté de l'eau, du monoxyde de carbone (CO), du dioxyde de carbone (CO2), de l'ammoniac (NH3), du méthane (CH4) et du méthanol (CH3OH). Un mois plus tard, l'instrument mettait en évidence d'autres molécules : du sulfure d'hydrogène (H2S), du cyanure d'hydrogène (HCN), du dioxyde soufre (SO2) et du disulfure de carbone (CS2). Rosina a ajouté à la liste du formaldéhyde (CH2O), un composé volatil qui donne du formol en solution dans l'eau liquide.

Cette liste officielle ne contient donc que des molécules à un seul atome de carbone mais l'analyse des résultats est loin d'être terminée. On parle de mois à la DLR pour en avoir une vue complète. Cependant, Fred Goesmann, de l'institut Max Planck de Göttingen, a confié à nos collègues de Science&Avenir que des molécules à « au moins trois atomes de carbone » avaient été détectées lors de l'analyse des composés gazeux.

Quant à l'échantillon sans doute prélevé par la foreuse, les responsables de l'instrument Cosac disent ne pas savoir quelle quantité celui-ci a récupéré. Il est donc encore bien trop tôt pour les analyses et les spéculations...

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