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Peut-on détecter des E.T. construisant des stations spatiales ?

ActualitéClassé sous :Astronomie , biologie , exobiologie

Le programme Seti vient de perdre l'une de ses oreilles mais il reste d'autres façons de détecter l'existence de civilisations extraterrestres avancées. Deux astrophysiciens viennent ainsi d'étudier la possibilité qu'elles trahissent leur présence en faisant de l'exploitation minière de leurs astéroïdes à grande échelle.

Image d'artiste d'un disque de débris entourant une étoile . © T. Pyle (SSC), JPL-Caltech, Nasa

La première méthode mise en œuvre pour détecter des extraterrestres a consisté à tenter de les écouter dans le domaine radio dans une bande entourant la célèbre raie à 21 cm. Mais depuis longtemps les chercheurs impliqués d'une façon ou d'une autre dans le programme Seti utilisent d'autres méthodes.

Il y a par exemple celle d'Oseti (Optical Seti) mise en œuvre à Harvard, à UC Berkeley qui utilisent des télescopes optiques comme ceux des observatoires Keck et Lick pour traquer des flashs lasers. De telles impulsions pourraient être utilisées pour communiquer entre des sondes interstellaires ou même pour les propulser.

Classification des civilisations et consommation d'énergie

Autre façon de procéder : imaginer que passé un certain stade de développement technique et de consommation énergétique, une civilisation née sur une planète doit impérativement coloniser son système planétaire pour en exploiter les ressources minières et capter l'énergie en provenance de son étoile à grande échelle. Elle doit ainsi se mettre à construire de grandes stations spatiales solaires en orbite autour de sa planète mère et finalement autour de son soleil. Il s'agit donc, sur la fameuse échelle de Kardachev, d'une civilisation de type II, c'est-à-dire une civilisation dont les ressources en énergie sur sa planète ne suffisent plus à assurer son développement (une civilisation de type III devrait elle se développer à l'échelle galactique). Une civilisation de type II construirait ainsi une sphère de Dyson.

Nikolaï Semionovitch Kardachev ou Kardashev (transcription anglaise), né le 25 avril 1932, est un radioastronome russe, célèbre pour son échelle de Kardashev, qui classe les civilisations de l'univers en fonction de leur consommation d'énergie. © Uspekhi Fizicheskikh Nauk

Pour construire ces gigantesques objets, il faut utiliser la matière présente dans les astéroïdes. Deux astrophysiciens, Martin Elvis et Duncan H. Forgan, ont alors eu l'idée d'étudier d'un peu plus près ce que donneraient comme signal observable des grands chantiers de ce genre à l'échelle d'un système planétaire. Il faut savoir que la formation d'un système de planètes laisse derrière elle un disque (ou une ceinture) de débris, formé de blocs rocheux, de cailloux et de poussière. Celle-ci, de plus, est alimentée par des collisions entre des astéroïdes dans des ceintures entourant l'étoile centrale.

Des indices chimiques et granulométriques

Le Système solaire possède ainsi trois disques de ce type : la ceinture de Kuiper, la ceinture d'astéroïdes et le nuage zodiacal. On sait détecter et analyser la composition des disques de débris ainsi que la taille des corps matériels le constituant. Ce sont des observations qui ont fréquemment été conduites dans l'infrarouge avec Spitzer pour ceux particulièrement riches en poussières. La détection de l'équivalent de ceux du Système solaire n'est pas encore possible.

L'idée des deux astrophysiciens est que l'exploitation des richesses minières des disques de débris et des astéroïdes qu'ils contiennent, par des civilisations de types II et III devrait se traduire par un appauvrissement en éléments importants pour l'industrie, à savoir des métaux comme le fer ou le platine. La granulométrie des corps matériels des disques devrait elle aussi changer du fait d'une exploitation intense des astéroïdes.

Au final, les deux chercheurs qui ont publié les résultats de leurs réflexions récemment dans un article sur Arxiv, en arrivent à la conclusion que des processus naturels pourraient donner des résultats identiques à ceux d'une telle exploitation. On pourrait ainsi avoir un système qui proviendrait de l'effondrement d'un nuage pauvre en fer par exemple. Toutefois, si plusieurs signaux interprétables comme le signe de la présence d'une civilisation technologiquement évoluée (par exemple des flashs lasers et des caractéristiques anormales du disque de débris) étaient observés autour d'une étoile, il y aurait des raisons de penser qu'il y a bel et bien là une vie intelligente.

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