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NGC 6240: deux coeurs de galaxies sur le point de fusionner !

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NGC 6240 est un remarquable objet astrophysique situé à 400 millions d'années-lumière dans la constellation d'Ophiucus. Spitzer et Hubble nous livrent une nouvelle image spectaculaire de ce qui se révèle être deux galaxies entrées en collision avec leurs cœurs sur le point de fusionner.

Sur cette photo, on peut voir la superposition de deux images de NGC 6240 prises dans le visible par Hubble (bleu-vert) et dans l'infrarouge par Spitzer (couleur rouge, aux longueurs d'onde de 3,6 et 8,0 microns). Crédit : Nasa-Esa

Même à l'échelle des galaxies l'Univers est violent et actif. On est désormais bien loin du ciel éternel et incorruptible de la philosophie d'Aristote. Les collisions entre galaxies ne sont en effet par rares et on peut même dire que les grandes galaxies croissent largement en phagocytant les plus petites.

Le satellite Hubble nous a livré une longue liste de galaxies en interaction et parmi elles NGC 6240 est l'un des objets les plus fameux. En effet, on sait aujourd'hui qu'il s'agit de la fusion presque complète de deux galaxies différentes et surtout, comme l'ont montré les observations en rayons X de Chandra, il contient deux trous noirs supermassifs séparés par 3.000 années-lumière et sur le point d'entrer en collision dans quelques millions d'années.

En fait, le phénomène s'est déjà produit puisque nous observons NGC 6240 tel qu'il était il y a 400 millions d'années. Une intense production d’ondes gravitationnelles a donc dû s'y produire mais du fait de leur propagation à la vitesse de la lumière, nous ne le savons pas encore...

De quoi mieux comprendre notre propre galaxie

En attendant, NGC 6240 se classe déjà parmi les objets galactiques dits

ULIRG (Ultra-Luminous Infra-Red Galaxy). Lors de la collision entre ses deux galaxies génitrices, les nuages moléculaires interstellaires, riches en poussières, ont vu leur densité augmenter suffisamment pour que leurs masses de Jeans (qui donne la limite de l'effondrement gravitationnel) passe en dessous de leur masse.

Il en a résulté une fantastique flambée de formation de nouvelles étoiles, lesquelles émettent fortement dans l'infrarouge lors du processus de contraction gravitationnelle des globules de Bok. C'est pourquoi NGC 6240 est des milliers de fois plus lumineux dans le domaine de l'infrarouge que notre Voie lactée.

Spitzer, bientôt à court d'hélium, a donc pu saisir une fantastique image de ces galaxies en cours de fusion. Elle donne une mine d'informations aux astrophysiciens spécialistes de l'évolution des galaxies, offrant de quoi mieux comprendre ces processus de fusion, que même notre Galaxie a subi dans le passé.

Cela se révélera sûrement précieux pour les chercheurs qui analyseront au cours de la décennie suivante les données que livrera la mission Gaia de l'Esa. En fournissant les positions et vitesses radiales de près d'un milliard d'étoiles de la Voie lactée, cette mission devrait nous permettre de faire de l'archéologie galactique et de remonter à l'histoire récente des interactions de notre Galaxie avec ses voisines.

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