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Mars cachait ses glaciers !

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La sonde de la Nasa en orbite autour de Mars depuis 2006, Mars Reconnaissance Orbiter, a révélé l'existence d'imposants glaciers cachés sous des débris rocheux. Situés loin des pôles, ils pourraient servir à alimenter en eau de futures missions humaines sur la Planète Rouge.

Image des glaciers d'Hellas obtenue avec la sonde européenne Mars Express et la High Resolution Stereo Camera (HRSC). Crédit : Esa/DLR/FU Berlin

Sharad est le nom d'un radar équipant la sonde Mars Reconnaissance Orbiter(MRO), acronyme de Shallow Subsurface Radar. Construit par des chercheurs italiens, cet instrument est conçu pour sonder les couches superficielles des calottes polaires martiennes mais, grâce à lui, l'équipe en charge de l'instrument, dirigée par Roberto Seu de l'Université La Sapienza à Rome, peut aussi voir à travers la surface de Mars et même détecter d'éventuelles poches d'eau liquide à plusieurs centaines de mètres de profondeur.

Cliquez pour agrandir. Les données de Sharad et les images des glaciers d'Hellas obtenue davec la sonde européenne Mars express et la High Resolution Stereo Camera (HRSC) sont combinées dans une simulation informatique pour révéler sous une couche de débris rocheux un glacier épais de quelques centaines de mètres et s'étendant sur des dizaines de kilomètres. Crédit : Nasa/Caltech/JPL/UTA/UA/MSSS/ESA/DLR Eric M. De Jong, Ali Safaeinili, Jason Craig, Mike Stetson, Koji Kuramura, John W. Holt

Depuis les missions Viking, les chercheurs se doutaient bien qu'il devait exister de vastes réserves de glace dans le sous-sol martien loin des pôles, mais cela restait des conjectures. Ainsi, les planétologues s'étaient interrogés sur d'étranges structures en pentes très douces entourant des reliefs, comme le ferait une crème autour de gâteaux. Situées loin des pôles, l'interprétation la plus plausible de ces structures était celle de couches de débris rocheux d'avalanches, mélangés avec un peu de glace. Pour certains, l'interprétation la plus naturelle était celle de glaciers, recouverts par une mince couche de débris rocheux.

Cliquez pour agrandir. Une montagne dans la région d'Hellas entourée d'une étrange structure en pentes très douces. Crédit : Ernst Hauber-Esa.

C'était en particulier l'avis de John W. Holt, membre de la Jackson School of Geosciences à l'Université d'Austin, au Texas. Ces structures lui faisaient penser à celles que l'on peut observer sur Terre, notamment au niveau des glaciers du continent antarctique

Un glacier recouvert de débris rocheux en Antarctique faisant penser aux structures martiennes d'Hellas. Crédit : USGS

Comment cependant expliquer la formation de tels glaciers sur Mars à des latitudes et des altitudes plutôt basses ? On peut imaginer, comme certains l'avaient proposé, que l'axe de rotation de la Planète Rouge ait pu être différent dans un passé lointain. En dernier ressort, tout ces explications restaient des conjectures.

C'est en train de changer grâce à des publications récentes faites dans Science et Geophysical Research Letters par Holt et ses collègues.


Cliquez pour agrandir. Un zoom sur une partie d'une structure du bassin d'Hellas, de 20 kilomètres sur 50 kilomètres, et, le long de la ligne en pointillés, la zone où une coupe au radar a été faite. Ce dernier a révélé une couche de glace comme le montre l'image dans le coin à droite. Crédit : Nasa/JPL/Malin Space Science Systems

En employant Sharad, ces chercheurs ont découvert que les structures précédentes, dans le bassin d'Hellas dans l'hémisphère Sud, étaient bien des glaciers qui se dissimulaient au regard des hommes sous une couche de débris rocheux. S'étendant sur plusieurs dizaines de kilomètres autour de formations montagneuses, ils seraient eux-mêmes épais de plus d'un demi kilomètre.

Cliquez pour agrandir. La carte de la région d'Hellas où se trouvent les glaciers et en lignes noires, les coupes au radar effectuées par les chercheurs avec Sharad. Crédit : Nasa

En fait, plusieurs structures de ce genre sont aussi connues dans l'hémisphère nord et doivent très probablement être aussi des glaciers. Dispersées dans les deux hémisphères dans deux bandes s'étendant entre 35 et 60 degrés de latitude, ce sont les plus grosses réserves d'eau connues à ce jour loin des pôles martiens (L'un de ces glaciers occupe une surface équivalente à trois fois celle de Los Angeles). Elles seraient donc plus importantes que celles découvertes près de l'équateur avec Mars Express.

Cliquez pour agrandir. Image des glaciers d'Hellas obtenue avec la sonde européenne Mars Express et la High Resolution Stereo Camera (HRSC). Crédit : ESA/DLR/FU Berlin

Cette découverte est importante à plus d'un titre. D'abord pour les exobiologistes car la persistance de glace à de telles latitudes augmente la probabilité de trouver des traces de vie fossiles lors de futures missions martienne, si ce n'est même des formes de vie toujours actives sur Mars. Ensuite, l'exploration de la planète ne sera vraiment possible que lorsqu'une base permanente pourra y accueillir un groupe de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de personnes pendant de longues années. Des réserves d'eau à portée de la main sont donc évidemment cruciales pour rendre réalisable l'implantation d'une telle base.

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