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Des inquiétudes pour Kepler, le chasseur d'exoplanètes

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Sale temps pour les chasseurs d'exoplanètes. Alors que l'on vient d'abandonner tout espoir d'utiliser à nouveau Corot pour découvrir des superterres habitables par la méthode des transits planétaires, on apprend que le satellite Kepler donne de graves signes de défaillance affectant son contrôle d'attitude. Ce bel instrument pourrait bien ne plus jamais être opérationnel...

La mission Kepler est un formidable succès. Comme le montre le schéma ci-dessus, elle a déjà permis d'estimer les proportions d'exoplanètes dans la Voie lactée. Les planètes rocheuses, comme des superterres (super-Earth en anglais), y abondent. © Nasa

La mission Corot est interrompue depuis le 2 novembre 2012, à la suite d'une défaillance de la chaîne photométrique employée pour détecter des transits planétaires. Les ingénieurs et les chercheurs qui l'utilisaient pour chasser des exoplanètes ont annoncé récemment qu'ils avaient perdu tout espoir, devant les échecs répétés des tentatives de redémarrage du satellite. C'est d'autant plus rageant que la mission venait d'être prolongée jusqu'en 2016.

Le cousin de CorotKepler, est lui aussi mal en point, bien que l'on ignore encore ce qui va advenir de cette mission dans les semaines à venir. Le problème se situe au niveau des « roues de réaction » équipant le satellite de la Nasa.


Pour comprendre comment se sont formées les planètes du Système solaire et trouver une vie ailleurs, il faut détecter des exoplanètes. Depuis presque 20 ans, plus de 840 exoplanètes ont été découvertes. Et ce n'est qu'un début. © Esa, Euronews

Une roue de réaction défaillante altère le pointage de Kepler

Une roue de réaction, comme celles utilisées par le télescope Kepler, est un type de volant d'inertie utilisé dans sondes et satellites afin de modifier leur moment angulaire sans consommer de carburant. En d'autres termes, ce système permet de changer l'orientation d'un engin spatial afin de pointer adéquatement un astre avec un télescope ou une antenne parabolique par exemple.

Pour cela, on doit pouvoir mettre en rotation au moins trois roues de réaction au moyen de moteurs électriques. Cela permet de changer le moment cinétique propre à un satellite qui, par conservation du moment cinétique total, doit se mettre en rotation dans le sens opposé au sens de rotation du moteur et selon un nouvel axe.

Une vue d'artiste montrant Kepler chassant des exoplanètes dans la Voie lactée. Il utilise pour cela la méthode des transits planétaires. © Nasa

Kepler est équipé de quatre roues de réaction dont une n'était plus opérationnelle depuis quelque temps déjà. Cela ne gênait nullement la mission du satellite, puisque cette roue constituait un système auxiliaire de contrôle du pointage de l'instrument utilisé pour détecter des exoplanètes par la méthode des transits.

Dix jours d’attente avant de repartir à la chasse aux exolunes

De fait, comme pour Corot, la mission venait d'être prolongée quand les ingénieurs de la Nasa ont découvert le 11 janvier 2013 une friction anormale au niveau de l'une des trois roues de réaction restantes de Kepler. Celle-ci augmentant avec le temps, il fut décidé de suspendre les opérations scientifiques avec Kepler en mettant le satellite en veille.

Les membres de la Nasa vont ainsi attendre dix jours en espérant que le lubrifiant de la roue se redistribue. Si tout va bien, elle sera à nouveau utilisable et Kepler pourra reprendre sa chasse aux exoplanètes et aux exolunes. Dans le cas contraire, il n'y aura plus en orbite de mission capable de détecter des transits d'exoterres, et la chasse aux exoplanètes va subir un coup de frein. Elle ne s'arrêtera pas pour autant puisqu'au sol, on peut continuer à découvrir des superterres par la méthode des vitesses radiales.

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