Visible à l'œil nu, région privilégiée pour les balades nocturnes des astronomes amateurs, la galaxie d'Andromède, alias M31, se laisse facilement photographier et même dessiner. En voici une succession de portraits proposés par les membres du forum d’astronomie de Futura-Sciences.
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Au milieu des nuits d'automneautomne, le regardregard est attiré par quatre étoilesétoiles qui forment le carré de Pégasecarré de Pégase, à mi-hauteur en direction du sud. Un peu plus à l'est on trouve la constellation d'Andromèdeconstellation d'Andromède. Sous un ciel bien noir, un œilœil habitué distingue un petit fuseaufuseau blanchâtre : Messier 31, la grande galaxie d'Andromèdegalaxie d'Andromède.

Image du site Futura Sciences

Crédit Baf

Une galaxie qui a jalonné l'histoire de l'astronomie
L'astronome arabe Al Sufi fut le premier à mentionner cet objet céleste en 964 après J-C. Les observations se succédèrent ensuite, surtout à partir du 17ème siècle qui vit naître les premiers télescopestélescopes. En 1764, Charles MessierCharles Messier ajouta la galaxie d'Andromède à son catalogue d’objets nébuleux et lui attribua le n° 31.

A l'époque les appareils photographiques n'existaient pas, et les observateurs dessinaient ce qu'ils voyaient. Cette technique est toujours en vogue chez les astronomesastronomes amateurs comme nous le prouvent les membres du forum d’astronomie : « louvecb » a réalisé son dessin avec une lunette de 7 centimètres , « St-broc » utilisait une lunette de 9 cm et « anin » un télescope de 40 cm.

Crédit Louvecb et St-broc

Crédit Louvecb et St-broc

Jusqu'au début du 20ème siècle, les astronomes furent convaincus que le Cosmos se composait d'une seule galaxie, la nôtre, et que des objets comme M31 en faisaient partie. On les prenait pour des nébuleusesnébuleuses de gazgaz en train de se condenser pour donner naissance à des systèmes solairessystèmes solaires.

Pourtant, dès le 18ème siècle, le philosophe allemand Emmanuel Kant eut une intuition : pour lui M 31 devait être une autre galaxie, composée d'un grand nombre d'étoiles à très grande distance. Il proposa d'appeler cet ensemble stellaire un « univers-île ». En 1924, l'astronome Edwin HubbleEdwin Hubble identifia dans M31 des étoiles-étalons, les céphéidescéphéides, dont on savait calculer la distance, connaissant leur période de variabilité et leur luminositéluminosité. Les céphéides de M 31 avaient un éclat particulièrement faible, et il devint évident que cet objet cosmique était une galaxie située à très grande distance, bien au-delà de notre Voie LactéeVoie Lactée. Cette découverte repoussa de façon extraordinaire les limites que l'on fixait alors à l'UniversUnivers et modifia profondément la conception qu'on en avait.

M 31, la sœur jumelle de notre Galaxie

Imaginez un instant que vous puissiez vous déplacer à la vitesse de la lumièrevitesse de la lumière... Alors qu'un peu plus d'une seconde vous suffirait pour rallier la LuneLune, il vous faudrait plus de deux millions d'années pour rejoindre le cœur de M 31 ! A la même vitesse, 100.000 ans seraient nécessaires pour traverser cette galaxie d'un bout à l'autre...

M 31 est accompagnée de deux autres galaxies, M 32M 32 et M 110M 110.

Image du site Futura Sciences

Crédit Roule

M 31 est une galaxie spiralegalaxie spirale comme la nôtre : même forme, même composition. Au centre des étoiles âgées rouges et jaunes. Dans les bras des étoiles bleues, plus jeunes, des nébuleuses et des amas d'étoiles. Jumelles, M31 et notre Voie Lactée s'attirent mutuellement. Elles se rapprochent à la vitesse de 80 km/seconde et dans quelques milliards d'années les étoiles de ces deux « univers-îles » se mélangeront.

La qualité du matériel utilisé aujourd'hui par les astronomes amateurs leur permet d'ailleurs de partir à la chasse aux amas globulairesamas globulaires de M 31. Un télescope de 30 cm permet en effet de repérer visuellement les plus brillants. Photographiquement, des dizaines d'amas sont accessibles avec de petits télescopes, comme nous le montre « DavidCH » sur l’un de ses clichés, le plus difficile étant de les identifier !

Image du site Futura Sciences

Crédit DavidCH

 M 31, une star photogénique

La carte suivant vous aidera à retrouver la galaxie par rapport aux principales constellations observables en direction du sud  les nuits d'automne.

Image du site Futura Sciences

L'astronome amateur « Mingus » a également reporté le tracé des constellations sur l’une de ses images de la galaxie,  un grand champ photographique comparable à ce que nous propose « arnal88 ». En fin d'année 2007, le passage de la comète Holmes dans les parages de la galaxie avait été immortalisé par « F5RRR ».

Image du site Futura Sciences

Crédit F5RRR

Dans une paire de jumelles, M 31 présente la forme d'un fuseau allongé avec une forte condensationcondensation centrale, comme on peut le voir sur ce cliché de « Luxcreator » réalisé avec un zoom. La galaxie révèle la beauté et la complexité de sa structure en spirale sur les images en longue pose réalisées avec des lunettes ou des télescopes. Pour s'en convaincre il suffit d'admirer les magnifiques portraits signés « taapuna » , « baf », "chamois" ou « AF06 ».

Observer loin, c'est observer le passé. Quand vous repèrerez M 31, pensez que la lumière qui atteint votre œil a quitté la galaxie il y a plus de deux millions d'années...